Nissan Pixo : la cousine de la Twingo inclut la recharge que Renault facture 500 €

La Nissan Pixo reprend la batterie, le moteur et la base industrielle de la Renault Twingo E-Tech électrique. Elle ajoute pourtant une différence immédiatement mesurable : la recharge à 11 kW en courant alternatif et jusqu’à 50 kW en courant continu sera montée de série sur toute la gamme. Sur la Twingo Evolution à 19 490 euros, ces deux capacités passent par un pack facturé 500 euros.

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Par Julien Thoraval

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Dévoilée le 23 septembre, la petite Nissan n’a pas encore de prix. Son avantage d’équipement ne suffit donc pas à la déclarer moins chère que la Renault. Il montre comment deux marques peuvent déplacer une option décisive sur la même base technique.

La même petite électrique porte deux signatures

Nissan présente la Pixo comme son retour dans le segment des citadines européennes. Le constructeur en a dessiné la carrosserie, mais le développement a été mené avec Renault et la production aura lieu dans l’usine slovène de Novo Mesto, où naît aussi la Twingo. Les proportions ne laissent guère de doute sur cette parenté : 3,796 mètres de long et 2,492 mètres d’empattement pour la Nissan, contre 3,789 mètres et 2,493 mètres pour la Renault.

Le groupe motopropulseur rapproche encore les deux modèles. La fiche de la Pixo publiée par Nissan annonce une batterie lithium-fer-phosphate de 27,5 kWh et un moteur de 60 kW, soit 82 ch. La Twingo utilise les mêmes valeurs. Nissan avance jusqu’à 259 kilomètres WLTP, contre 263 kilomètres pour Renault. Les quatre kilomètres d’écart appartiennent aux données d’homologation et de pré-homologation ; ils ne prouvent aucune différence sensible sur route.

La Pixo conserve les deux sièges arrière indépendants et coulissants qui donnent à la Twingo une partie de sa modularité. Nissan annonce 356 litres de coffre en configuration normale et 1 221 litres une fois les dossiers rabattus. À bord, la marque ajoute ses interfaces, l’application MyNissan et des services Google intégrés, dont Gemini.

Le résultat ressemble moins à une rivale développée contre la Twingo qu’à une seconde lecture du même projet. La carrosserie, l’interface et la politique d’équipement doivent créer la différence visible ; l’usine, la batterie et les cotes principales restent communes.

Cinquante kilowatts de série changent surtout les déplacements imprévus

La Pixo accepte jusqu’à 11 kW sur une borne en courant alternatif et 50 kW sur une borne rapide. Nissan annonce environ 28 minutes pour passer de 15 à 80 % avec la seconde. Cette puissance paraît modeste à côté des grandes routières électriques, mais la batterie ne stocke que 27,5 kWh. Le temps annoncé compte davantage que le chiffre isolé, sans garantir la même durée par temps froid ou avec une batterie déjà chaude et très chargée.

Sur la Twingo Evolution actuellement configurable, Renault monte un chargeur de 6,6 kW. Le « pack advanced charge » à 500 euros le remplace par la recharge à 11 kW et ajoute le courant continu jusqu’à 50 kW. Une Twingo d’entrée de gamme dépourvue de ce pack ne peut donc pas utiliser la borne rapide lors d’un déplacement qui dépasse son autonomie.

Cette absence gênera peu une voiture branchée chaque nuit et réservée aux parcours locaux. Elle devient plus contraignante quand une recharge intermédiaire s’impose, ou sans prise privée. À domicile, passer de 6,6 à 11 kW n’apporte un gain que si l’installation et l’abonnement électrique fournissent cette puissance. Sur une petite batterie laissée plusieurs heures au garage, ce gain ne sera pas toujours utile.

Nissan a donc choisi de supprimer la question au configurateur. Toute Pixo recevra ces capacités de recharge, ainsi que le freinage automatique, l’aide au maintien dans la voie et la conduite à une pédale. Le contenu exact des finitions françaises reste à détailler, mais la marque s’engage déjà sur ce socle pour l’ensemble de la gamme européenne.

Le prix de décembre décidera de la véritable comparaison

Renault vend la Twingo Evolution 19 490 euros avant les aides, et la Techno 21 090 euros. La première possède de série les sièges arrière coulissants, deux écrans, la climatisation manuelle et les capteurs de stationnement arrière. La seconde ajoute notamment Google intégré, la climatisation automatique et la conduite à une pédale. Comparer la Pixo à l’une ou à l’autre demandera donc davantage que le montant du pack de recharge.

Nissan prévoit de communiquer les tarifs et les spécifications détaillées à partir de décembre, avant les premières livraisons au début de 2027. L’éligibilité française aux aides dépendra aussi du prix, de la masse et du score environnemental de chaque version. La fabrication en Slovénie constitue un élément favorable au calcul du transport, sans assurer à elle seule l’inscription sur la liste de l’ADEME.

Le dessin Nissan et les services connectés pourront aussi modifier le tarif, tout comme la dotation des premières finitions. Les 500 euros de pack évités ne deviennent un avantage financier que si la Pixo reste proche de la Twingo à équipement comparable.

Un point est déjà acquis avant l’ouverture des commandes : l’acheteur de la Nissan n’aura pas à choisir, au moment de signer, s’il veut pouvoir se brancher sur une borne rapide. Le prix attendu en décembre dira si cet équipement est réellement offert ou simplement intégré d’avance dans la facture.

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Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent. Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.

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