J’ai parcouru 400 km avec le nouvel Audi Q4 e-tron : moins cher, mieux équipé… et presque trop sage

Le gravier crisse sous les pneus du Q4 Sportback e-tron dans la cour des Jardins de Coppélia, manoir augeron posé entre Honfleur et Trouville. Moteur coupé, le tableau de bord affiche le bilan de la première journée : 18,4 kWh aux 100 kilomètres, relevés sur un mélange de départementales bosselées et d’autoroute A13. La batterie indique suffisamment d’autonomie pour repartir le lendemain sans s’inquiéter.

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Par Julien Thoraval

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Ce Q4 e-tron est la version restylée du modèle lancé il y a cinq ans, devenu depuis la troisième vente d'Audi en France et son premier véhicule électrique sur notre marché. La silhouette ne bouge presque pas : nouvelle calandre assortie à la carrosserie, diffuseur redessiné, signatures lumineuses personnalisables en option. Le vrai changement est à chercher à l'intérieur comme nous avons pu le constater durant nos deux jours d'essai entre Honfleur et Caen.

Exit le piano black, welcome back le mat (et les boutons physiques)

Les propriétaires de la première génération le réclamaient : le noir brillant qui attirait les traces de doigts et les rayures a disparu de la console et des contreportes, remplacé par des surfaces mates nettement plus résistantes. Pas forcément plus esthétique, mais plus durable. Les contreportes gagnent des surpiqûres, la console centrale intègre deux chargeurs à induction ventilés pour smartphones et des porte-gobelets éclairés.

Les rangements totalisent 24 litres, porte-bouteilles d'un litre astucieusement dissimulés dans chaque portière. Surtout, des commandes physiques font leur retour pour la climatisation et les modes de conduite, avec un clic franc sous le doigt : une correction bienvenue après les surfaces tactiles qui exaspéraient. Tout n'est pas au niveau pour autant. Le pourtour des poignées de porte reste en plastique dur d'aspect quelconque, un détail qui se voit chaque fois qu'on monte à bord.

Les écrans reprennent la disposition du Q6 e-tron, un cran au-dessus dans la gamme : combiné d'instrumentation de 11,9 pouces et dalle tactile centrale de 12,8 pouces sous Android Automotive, complétés en option par un écran passager de 12 pouces. L'assistant vocal intègre ChatGPT, la clé numérique permet de démarrer depuis son smartphone.

Audi Q4 E Tron 0914
Crédit : Julien Thoraval

Un Sportback plus spacieux que son homologue SUV !

La bonne surprise se lit au mètre ruban. Le Sportback, malgré sa ligne de toit plongeante, offre 527 litres de coffre, soit davantage que les 515 litres du SUV classique, et 1 460 litres banquette rabattue. L'architecture électrique, avec son plancher plat et l'absence de tunnel de transmission, donne à l'arrière un espace aux jambes de 183 cm : des adultes s'y installent sans plier les genoux. Les sièges avant sport assurent confort et maintien exemplaires en toutes circonstances. Sur les routes cabossées entre Pont-l'Évêque et Beuvron-en-Auge, le filtrage constitue l'autre bonne surprise de cet essai, malgré des jantes de 21 pouces et l'absence d'amortissement piloté. L'insonorisation ne laisse passer ni bruits de roulement ni sifflements d'air. Pour les propriétaires de remorque, la capacité de tractage monte à 1 800 kg en version quattro, soit 400 kg de mieux que sur le Q4 e-tron première génération.

Audi Q4 e-tron Quattro Performance : nos impressions de conduite et autonomie mesurée

Les 340 ch et le couple de 560 Nm de notre version quattro performance s'expriment proprement dans les relances, sans excès de démonstration. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 5,4 secondes par le constructeur, ce que le dossier du siège confirme sans effort. En mode Dynamic, l'accélérateur répond nettement plus vite, mais le châssis privilégie la sérénité sur le dynamisme pur. Sur les départementales étroites du Pays d'Auge, il était de toute façon impossible de pousser le châssis dans ses retranchements.

La vraie nouveauté de conduite se pilote aux palettes derrière le volant : plusieurs niveaux de régénération et, pour la première fois sur un Q4, une conduite à une pédale. La voiture ralentit franchement dès qu'on relâche l'accélérateur, et le système adapte même la retenue au véhicule qui précède ou à la typographie du parcours. On s'y fait vite, au point de ne presque plus solliciter la pédale de frein, dont le toucher manque de lisibilité et de consistance. Un défaut partagé avec beaucoup de modèles à freinage régénératif.

Sur l'A13, l'assistant de conduite adaptatif prend le relais : maintien dans la voie, gestion de la distance, et changement de voie assisté au-delà de 90 km/h sur simple impulsion du clignotant, y compris en l'absence de marquage au sol grâce.

Retour aux chiffres du tableau de bord. Nos 18,4 kWh/100 km, relevés sur environ 400 kilomètres par une chaude journée de juillet, climatisation en marche, donnent une autonomie réelle d'environ 410 kilomètres avec les 77 kWh utiles de la grande batterie. C'est loin des 543 km annoncés en cycle WLTP (donnée constructeur), mais largement de quoi couvrir une semaine de trajets courants sans songer à la recharge. Sur borne rapide, la puissance atteint 185 kW en pic et Audi annonce un 10 à 80 % en 27 minutes. Le Plug & Charge, de série, supprime toute manipulation : on branche, la borne reconnaît la voiture, la facturation suit.

Première chez Audi : la recharge bidirectionnelle. Une prise 230 V dans le coffre alimente une glacière, une crêpière pour contenter les gourmands au goûter ou, de façon plus probable, un ordinateur portable ou la Switch des enfants sur les longs trajets. Le système peut également, avec l'installation adaptée, renvoyer de l'énergie vers la maison.

Quand la finition devient option

Le Q4 e-tron restylé ne cherche pas à impressionner. Il corrige ce qui agaçait, poste par poste, et laisse le conducteur tranquille. Il conviendra à ceux qui veulent un SUV électrique confortable, spacieux, correctement doté de série, et valorisant. Il convaincra moins l'amateur de conduite engagée ou celui qui attend une recharge éclair : l'architecture 400 V reste en retrait face aux plateformes 800 V de certains concurrents. La gamme démarre à 45 990 € ; notre version quattro performance Sportback à 61 990 €, portée à 86 390 € par un catalogue d'options généreux. À partir de 46 990 €, la version Performance de 286 ch offre l'essentiel avec la grande batterie et constitue, à nos yeux, le choix le plus pertinent de la gamme.

Enfin, détail qui a son importance, les anciennes finitions sont devenues de simples packs d'options. Un changement de logique qui n'a rien d'anodin sur le prix affiché, le bonus et l'éco-score. Nous y reviendrons dans un article dédié.

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Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent. Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.

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