Tout savoir sur l’assurance vie

Placement favori des Français, l’assurance vie constitue un produit d’épargne destiné à la transmission de son patrimoine. Mais il s’agit aussi d’un outil intéressant pour préparer sa retraite et se constituer une rente additionnelle. En 2020, les montants cumulés des contrats en France s’élevaient à 2200 milliards d’euros. Que vous souhaitiez anticiper une baisse des revenus lorsque vous ferez valoir vos droits à la retraite ou que vous vouliez profiter des avantages fiscaux de l’assurance vie, il est essentiel de bien comprendre le fonctionnement et les principes de ce type de contrats. Nous vous présentons l’essentiel ci-dessous.

Assurance Vie

Qu’est-ce qu’une assurance vie ?

Définition

L’assurance vie se présente sous la forme d’un contrat signé avec un assureur. Vous effectuez sur ce contrat des versements programmés ou libres. L’épargne constituée est augmentée des plus-values obtenues durant la durée de vie du contrat. Ces sommes peuvent être retirées à tout moment, mais sans forcément pouvoir bénéficier de l’avantage fiscal qui est lié à la durée de détention. La sortie peut se faire en capital ou en rente. Le montant total de l’assurance vie peut aussi être transmis au bénéficiaire désigné après le décès du souscripteur.  L’assurance vie constitue donc à la fois un support d’épargne et un contrat de prévoyance.

L’essentiel en bref

Les avantages

  • Versements libres ;
  • souplesse de la sortie de contrats ;
  • fonds disponibles.

Sortie du contrat

  • Versement au souscripteur, en capital en rente ;
  • versement au bénéficiaire (ou aux bénéficiaire) désigné(s) par le souscripteur : en capital après le décès du souscripteur

Termes clés pour bien discuter avec votre banquier ou votre assureur

  • L’assuré ou souscripteur est la personne qui souscrit le contrat d’assurance vie.
  • Le bénéficiaire est la personne (ou les personnes) désignées comme héritiers du capital de l’assurance vie en cas de décès du souscripteur.
  • Le versement initial est le montant permettant l’ouverture du contrat.
  • Les versements complémentaires désignent les sommes versées ultérieurement. Il peut s’agir de versements libres ou de versements programmés.
  • L’arbitrage est la procédure par laquelle le souscripteur modifie les fonds placés en unités de compte.

A quoi tient le succès de l’assurance vie ?

L’assurance vie, nous l’avons dit, est l’un des placements favoris des Français et l’un des plus souscrits. Ce phénomène s’explique par plusieurs raisons, parmi lesquelles la souplesse et la polyvalence des contrats. En effet, l’assurance vie est à la fois un placement d’épargne, une solution pour préparer sa retraite et une méthode pour profiter de conditions fiscales intéressantes en cas de succession. L’épargne a la réputation d’être sécurisée, en grande partie grâce au compartiment en euros. Ce dernier est généralement complété par des unités de compte pour doper la rentabilité du contrat.

L’assurance vie pour préparer sa retraite

L’assurance vie remplace ou complète d’autres solutions d’épargne pour la retraite, comme le PER. Lors d’une sortie en rente, les sommes perçues chaque mois viennent s’ajouter aux versements des caisses de retraite. Le retraité peut donc améliorer son quotidien. Il s’agit par conséquent d’un outil d’épargne pour la retraite permettant de constituer un capital grâce à des versements réguliers ou ponctuels. Ce capital augmente au fil des années grâce aux intérêts.

Contrairement aux différents PER, dont les règles de retrait sont strictement encadrées, l’assurance vie permet de placer un capital qui demeure disponible et que le souscripteur peut retirer quand il le souhaite.

L’assurance vie dans le cadre d’une stratégie patrimoniale

L’assurance vie est aussi utilisée dans le cadre d’une stratégie patrimoniale, pour préparer la transmission de ses biens en permettant aux bénéficiaires de profiter d’une exonération fiscale sur le capital dont ils héritent. Cette exonération dépend de l’âge du souscripteur au moment des versements.

Conditions de souscription et de détention de l’assurance vie

Voyons à présent quelles sont les conditions de souscription et de détention de votre contrat d’assurance vie.

Conditions de durée

Contrats libres Contrats à durée fixe
Pas de conditions de durée Entre 8 et 20 ans

Frais liés au contrat d’assurance vie

Frais sur versements Frais de gestion Frais d’arbitrage
Entre 0 % et 5 % selon les termes du contrat et selon les banques ou les assureurs – sur chaque versement.

 

  • Contrat en euros : entre 0,2 % et 1 %
  • Contrat multisupport : 0,5 % à 2 %
  • 1 ou 2 arbitrages gratuits dans certains contrats (par an)
  • Frais de 0, 35 % à 1 %
  • Frais forfaitaires : 20 à 100 euros
Attention :
Les frais sur les versements sont plus élevés pour les contrats signés auprès d’une banque qu’en souscrivant directement le contrat auprès de l’assureur.

Les différents types de contrats d’assurance vie

Il existe différents types de contrats d’assurance vie. Certains sont en euros, d’autres en unités de compte. La plupart des assurances vie sont des contrats mixtes, appelés multisupports, qui combinent les deux formes précédentes.

Assurance vie mono support en euros

  • Le capital est investi uniquement dans des fonds en euros.
  • Assurance vie sécurisée, l’assureur rembourse au moins le montant du capital investi après déduction des frais (voir ci-dessus). Ce montant peut être augmenté des intérêts.
Bon à savoir :
L’assurance vie en euros sécurise le capital investi, mais ne protège évidemment pas des risques de perte de pouvoir d’achat lié à l’inflation. Dans un contexte de taux bas, le rendement est faible.

La rémunération des assurances vie en euros : comment est-elle calculée ?

La rémunération versée par l’assureur sur les assurances vie mono support en euros est calculée à partir de deux éléments : le taux d’intérêt technique et la participation aux bénéfices de l’assureur. Ces deux critères déterminent les intérêts que vous touchez et la revalorisation de votre capital.

  • Taux d’intérêt technique : 75 % du taux moyen des emprunts d’État
  • Bénéfices de l’assureur (participation) : versée chaque année. Montant modulé par l’assureur, qui compense ainsi les années où les performances sont faibles. Le lissage peut être effectué sur 8 ans.
Bon à savoir :
Le rendement des fonds en euros est historiquement faible, en raison des taux bas. C’est la raison pour laquelle les assureurs proposent plus volontiers des contrats multisupports comportant des unités de compte.

Assurance vie multisupport comportant des unités de compte

Tout d’abord, qu’est-ce que les unités de compte ? Il s’agit d’actions, d’obligations, d’OPCVM ou de parts de SCPI. Certains de ces fonds sont plus risqués que d’autres. Mais dans tous les cas, la souscription d’une assurance vie comportant des unités de compte expose le souscripteur aux aléas des marchés financiers. La volatilité est importante avec les actions, elle l’est moins avec des placements dans l’immobilier, comme les parts de SCPI.

Il existe peu de contrats d’assurance vie uniquement en unité de compte. Les contrats les plus répandus sont dits multisupports, en ce sens qu’ils combinent un fonds en euros et des unités de compte. Le capital est investi pour partie sur un fonds garanti et pour partie sur les marchés financiers. Selon le pourcentage de la somme placée en unités de compte, l’assurance vie a un profil plus ou moins risqué ou prudent.

Ainsi, une assurance vie de type 80 % en euros et 20 % en unités de compte est considérée comme correspondant à un profil très prudent. Aujourd’hui, on s’oriente souvent vers 60 % en euros et 40 % en unités de compte.

Gestion de l’assurance vie multisupport

Il existe deux types de gestion :

Gestion libre Gestion pilotée et profilée
Le souscripteur décide lui-même des fonds qu’il veut loger dans ses unités de compte. Il choisit entre les supports proposés par l’assureur. L’assurance vie est gérée par l’assureur, en fonction du profil choisi par le souscripteur :

  • Sécurisé (maximum 15 % d’actions, surtout des OPCVM)
  • Equilibré (30 à 40 % du capital investi en actions)
  • Dynamique (la majeure partie du capital est investie en actions).
Bon à savoir :
L’assurance vie est dite « pilotée » quand le profil évolue en fonction de l’âge du souscripteur, elle est de plus sécurisée plus il approche de la retraite.
Attention :
Les fonds placés en unités de compte ne sont pas garantis. Vous êtes exposé aux marchés financiers, à leurs aléas, et il y a risque de perte de capital.

La fiscalité de l’assurance vie

On choisit souvent l’assurance vie pour ses avantages fiscaux. Ceux-ci sont réels, mais il faut bien veiller au respect des conditions. La fiscalité présente d’ailleurs un double avantage : d’une part pour le souscripteur lui-même lors des retraits, qu’il s’agisse de versements en rente, ou en capital, d’autre part pour la transmission du patrimoine, après son décès.

La fiscalité en cas de rachat du contrat

Comme nous l’avons vu, un des avantages de l’assurance vie est que les fonds restent disponibles. Si vous le retirez, on parle de rachat. Un autre mécanisme existe, celui de l’avance, mais il n’est pas disponible chez tous les assureurs. Pensez à vérifier que votre contrat le comprend.

L’avance

Il s’agit en fait d’un prêt que vous consent la banque ou l’assureur en se garantissant à l’aide du capital déposé sur le contrat d’assurance vie. Les conditions financières sont généralement peu intéressantes et comportent des intérêts élevés, davantage que les prêts classiques. Quel est l’avantage de l’avance ? Uniquement de ne pas diminuer le capital placé sur le contrat d’assurance vie qui continue à bénéficier d’intérêts annuels.

Attention :
L’opération est généralement peu intéressante, les intérêts du prêts étant plus élevés que ceux versés sur le contrat.

Le rachat

Le rachat est la solution la plus communément appliquée pour récupérer tout ou partie du capital. Le rachat total correspond à la clôture de l’assurance vie.

Le rachat bénéficie d’abattements fiscaux en fonction de l’ancienneté du contrat. La fiscalité de l’assurance vie est particulièrement complexe. Il faut bien faire les calculs ou solliciter l’aide de votre banquier ou assureur, qui dispose généralement d’un logiciel dédié.

Gardez à l’esprit que seules les plus-values sont fiscalisées.

  De 0 à 4 ans De 4 à 8 ans Au-delà de 8 ans
Abattement annuel
  • 4600 euros pour un célibataire
  • 9200 euros pour un couple
Fiscalité Prélèvement forfaitaire libératoire 35 %

Ou

Intégration dans le revenu imposable

Prélèvement forfaitaire libératoire 15 %

Ou

Intégration dans le revenu imposable

Prélèvement forfaitaire libératoire 7,5 %

Ou

Intégration dans le revenu imposable

Notre conseil :
Une sortie progressive est plus intéressante qu’une sortie en capital en une seule fois.

Assurance vie et fiscalité de la succession

Les bénéficiaires :

  • conjoint ;
  • enfant ;
  • parents ;
  • amis ;
  • associations, etc.

La fiscalité de la succession

  Exonération Fiscalité
Primes versées avant 70 ans 152 500 euros 20 à 25 % au-delà
Primes versées après 70 ans 30 500 euros Taxé selon le droit commun de la succession au-delà, uniquement pour le capital (les plus-values sont défiscalisées)
À lire aussi :