« On y est allé pour une journée depuis Corfou, on a failli ne plus rentrer » : ce village albanais à 30 minutes de ferry qui rend accro

À seulement 30 minutes de ferry depuis Corfou se cache Ksamil, un village côtier albanais aux eaux turquoise qui transforme les excursions d’une journée en envies de séjours prolongés. Surnommé les « Maldives de l’Europe », ce petit paradis du sud de l’Albanie séduit par son excellent rapport qualité-prix et son authenticité encore préservée.

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Par L'équipe JDS

Trente minutes de bateau, un changement de fuseau horaire et un dépaysement total : voilà ce qui sépare Corfou de Ksamil, ce village du sud de l'Albanie devenu la hantise douce des vacanciers grecs en mal d'évasion. Beaucoup y débarquent pour une excursion à la journée. Beaucoup en repartent avec l'envie irrépressible d'y rester une semaine de plus, voire d'y revenir l'année suivante. Ce n'est pas un hasard si les réseaux sociaux regorgent de récits de voyageurs qui avaient prévu quelques heures sur place et qui ont fini par rater leur ferry retour, volontairement ou non.

La traversée elle-même tient de la formalité. Le trajet prend environ 30 minutes sur un ferry rapide et 65 minutes sur un ferry lent, avec des départs plusieurs fois par jour. Côté tarifs, comptez entre 25 et 27 euros pour un billet aller simple en haute saison, de juin à septembre, contre 19 à 23 euros en basse saison. Un détail amuse toujours les premiers passagers : Corfou a une heure d'avance sur Ksamil, ce qui fait qu'on perd une heure en allant vers la Grèce et qu'on en gagne une en repartant vers l'Albanie. De quoi transformer une simple traversée maritime en petite curiosité administrative, passeport en main pour ce passage aux frontières entre deux pays qui se regardent depuis toujours sans appartenir au même espace européen.

Une fois débarqué à Sarandë, le plus gros port albanais de la région, il reste encore un peu de route. Ksamil se trouve un peu plus au sud, et selon les sources, la distance oscille entre 14 et 17 kilomètres, à parcourir en taxi, en bus local ou en voiture de location. Les férus de calcul retiendront surtout que ce petit village côtier du sud de l'Albanie se situe à environ 15 kilomètres de Sarandë, tout près de la frontière grecque puisque l'île de Corfou est juste en face. Ce n'est donc pas un hasard géographique : les deux rivages se répondent, séparés par un bras de mer étonnamment étroit à certains endroits.

À retenir

  • Pourquoi les touristes grecs qui partent pour une journée finissent souvent par manquer leur ferry retour ?
  • Comment une traversée maritime peut transformer en curiosité administrative entre deux fuseaux horaires
  • Quel secret de polichinelle les habitants de Ksamil partagent volontiers avec les visiteurs curieux ?

Ce qui transforme les touristes de passage en accros

Le surnom colle à la peau du village depuis quelques années déjà. Surnommée les « Maldives de l'Europe », Ksamil aligne des eaux turquoise d'une transparence irréelle, des plages de sable clair et quatre îlots verdoyants que l'on rejoint à la nage. Le tableau a de quoi faire tourner la tête : une eau limpide qui n'a rien à envier aux cartes postales des Cyclades, mais sans la foule ni les prix qui vont avec, du moins pour l'instant.

Le village n'a pourtant rien d'un décor figé depuis des siècles. La péninsule de Ksamil est un village de 3 000 habitants de la Riviera du sud de l'Albanie qui a failli disparaître sous le béton à cause de constructions illégales, au point que l'État a détruit environ 200 bâtiments pour préserver la station balnéaire. Une histoire mouvementée qui explique en partie pourquoi certains visiteurs, une fois sur place, oscillent entre émerveillement devant l'eau et léger agacement devant le bétonnage environnant. C'est d'ailleurs tout le paradoxe de Ksamil : magnifique quand on regarde la mer, plus discutable quand on tourne la tête vers les immeubles qui poussent en front de mer.

Pour profiter des îlots, rien de plus simple : pédalo, kayak ou natation, selon la forme du jour et le niveau de flemme de chacun. Les prix restent doux comparés à ce qu'on paierait sur une île grecque équivalente. Un transat avec parasol coûte entre 10 et 25 euros la journée selon l'emplacement et la saison, et côté restauration, il faut compter environ 25 euros par personne pour un bon restaurant en bord de mer avec entrées, plats, desserts et boissons. De quoi passer une journée complète, bain compris, pour le prix d'un simple transat sur certaines plages des Cyclades en plein mois d'août.

Un rapport qualité-prix qui explique l'engouement

Le vrai argument de vente de Ksamil, ce n'est pas seulement la couleur de l'eau. C'est l'écart de budget avec ses voisines méditerranéennes plus établies. Ksamil se distingue par son excellent rapport qualité-prix, offrant une expérience de vacances de premier ordre à un coût nettement inférieur à celui de destinations similaires en Europe, étant environ moitié moins cher que ses voisines tout en offrant une beauté comparable aux Maldives ou aux îles grecques. Concrètement, cela se traduit par des nuitées accessibles même en pleine saison. On trouve de tout, du studio simple à l'hôtel avec piscine : chambres d'hôtes et guesthouses familiales entre 25 et 45 euros la nuit, appartements et hôtels 3 étoiles avec vue mer entre 50 et 90 euros, hôtels 4 étoiles et résidences avec accès plage entre 100 et 180 euros.

Le succès a un revers, sans surprise. Cette popularité a multiplié par dix la capacité d'hébergement en une décennie, et le village a du mal à digérer cette croissance express. Les avis des voyageurs divergent sévèrement selon la saison et les attentes de chacun : certains y trouvent un vrai paradis accessible, d'autres dénoncent une plage bondée, des transats collés les uns aux autres et une ambiance parfois trop touristique pour être authentique. Les deux sont vrais, en réalité, simplement pas au même moment de l'année.

Pour éviter le pire de la cohue, mieux vaut viser les marges de saison. En mai et juin, les températures sont agréables et les plages sont moins fréquentées, tandis que septembre et même début octobre restent un excellent choix pour des vacances plus tranquilles, avec une météo encore agréable et des plages moins bondées. Juillet et août, en revanche, transforment Ksamil en fourmilière méditerranée, photogénique mais bruyante.

Un dernier détail mérite d'être connu avant de faire ses valises : le sable si blanc qui borde certaines des plages les plus photographiées n'est pas toujours d'origine locale. Une partie a été rapportée pour parfaire le décor, un secret de polichinelle que les habitants évoquent volontiers avec un sourire un peu désabusé. De quoi relativiser la carte postale, sans pour autant gâcher la baignade dans une eau qui, elle, n'a besoin d'aucun artifice pour impressionner.

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