« Je pensais qu’un vote pris sans moi ne m’engageait à rien » : quand l’appel de fonds pour le ravalement est arrivé, on m’a expliqué le seul délai qui me restait

Un copropriétaire absent d’une assemblée générale reste engagé par les décisions votées. Mais une porte de sortie légale existe : contester dans les deux mois suivant la notification du procès-verbal. Passé ce délai, la décision devient intouchable.

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Par L'équipe JDS

Vous n'étiez pas là ce soir-là. Peu importe : la décision de ravalement votée en assemblée générale vous engage exactement comme si vous aviez levé la main pour l'approuver.

C'est le principe même de la copropriété. Une fois la majorité atteinte, la résolution s'impose à tous les copropriétaires, présents, absents ou opposants.

À retenir

  • Votre absence à l'assemblée générale ne vous protège pas : vous êtes engagé par le vote de la majorité
  • Deux mois, pas un jour de plus : c'est le délai critique pour contester légalement une décision
  • Le compteur démarre dès la première tentative de notification par courrier recommandé, même si vous ne la recevez jamais

Le vote s'applique même à ceux qui n'ont pas voté

L'appel de fonds exceptionnel pour un ravalement n'est pas une simple formalité administrative. Il intervient lorsque la copropriété doit financer des dépenses non prévues au budget prévisionnel, et il est décidé par un vote en assemblée générale selon la majorité applicable à la nature des travaux.

L'assemblée fixe en même temps le montant total, la répartition entre copropriétaires selon leurs tantièmes, et le calendrier de versement. Votre absence ce jour-là n'a rien changé à ce calcul.

Un copropriétaire l'a appris à ses dépens en pensant, comme beaucoup, qu'un vote pris sans lui ne l'engageait à rien. Dès qu'un appel de fonds a été régulièrement voté en assemblée générale, chaque copropriétaire est tenu de le régler, qu'il approuve ou non les travaux.

Deux mois, pas un jour de plus

Il existe pourtant une porte de sortie légale. Les actions en contestation des décisions d'assemblée générale doivent, à peine de déchéance, être introduites par les copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal.

Ce délai n'est pas négociable. Cette règle assure une sécurité juridique aux décisions d'assemblée : si un copropriétaire veut remettre en cause la décision, il doit saisir la justice dans les deux mois de la réception du procès-verbal.

Passé ce cap, la décision devient intouchable. Même une irrégularité avérée dans les travaux votés ne suffit plus à faire annuler quoi que ce soit une fois l'échéance dépassée.

Le point de départ : une lettre recommandée, retirée ou pas

Le compteur démarre à un moment précis, souvent méconnu. Ce délai a pour point de départ le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée notifiant les résultats des votes.

ignorer son courrier ne protège de rien. La notification d'un procès-verbal par lettre recommandée, quand bien même elle ne parviendrait pas à son destinataire, fait courir le délai pour agir.

Une lettre non réclamée au bureau de poste, laissée trois semaines dans une boîte aux lettres pendant des vacances, produit donc le même effet qu'une lettre lue le jour même. Voilà pourquoi certains découvrent le couperet bien après qu'il soit tombé.

Contester n'exonère pas de payer

Beaucoup confondent les deux démarches, et c'est l'erreur qui coûte le plus cher. Un copropriétaire en désaccord garde une voie d'action : il peut contester la décision devant le tribunal, dans le délai légal de deux mois suivant la notification du procès-verbal.

Mais engager cette procédure ne met rien en pause. Cette contestation ne suspend pas l'obligation de payer entre-temps. Le syndic continuera d'émettre les appels de fonds, et le compte du copropriétaire continuera de se creuser en cas de refus de régler.

Il y a aussi une condition préalable qu'on oublie souvent. Il faut être enregistré absent ou opposant pour pouvoir contester, et si vous avez donné un pouvoir sans préciser vos consignes de vote sans être enregistré comme opposant, il est trop tard pour changer d'avis.

Une option méconnue : étaler sur dix ans

Un mécanisme légal permet d'alléger le choc, mais lui aussi tient sur un délai serré. Si vous n'avez pas approuvé les travaux lors de l'assemblée générale, que ce soit un vote contre, une abstention ou une absence, vous pouvez demander à étaler le paiement sur dix ans, en dix versements annuels identiques, en vertu de l'article 33 de la loi du 10 juillet 1965.

Encore faut-il ne pas traîner. La demande doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception avant la date prévue du premier appel de fonds ; passé ce délai, elle devient irrecevable.

C'est souvent la vraie question à se poser en recevant le courrier du syndic : plutôt que de chercher à annuler un vote déjà consommé, mieux vaut parfois négocier son propre calendrier de paiement avant qu'il ne soit fixé.

Ce qu'il faut vérifier dès l'ouverture du courrier

Face à un appel de fonds pour ravalement, trois réflexes évitent bien des déconvenues : relire la date exacte de notification du procès-verbal, vérifier que le texte de l'article 42 y est bien reproduit intégralement, et noter la date limite des deux mois dans un agenda dès le premier jour.

La copropriété reste un exercice collectif où l'absence ne protège de rien, sinon d'un droit de regard perdu. Le vrai réflexe à adopter, bien avant l'appel de fonds, c'est de lire chaque convocation d'assemblée générale et de donner procuration avec des consignes de vote précises, plutôt que de la laisser filer par manque de temps.

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