Une piscine inutilisée reste soumise à l’obligation de sécurité

Un bassin de jardin désaffecté depuis trois ans reste légalement soumis aux obligations de sécurité anti-noyade. Beaucoup de propriétaires ignorent que cette obligation n’a aucune exception liée à l’usage réel du bassin. Les contrevenants risquent une amende de 45 000 €.

Par Cécile Ducommun

Une piscine enterrée non close privative reste soumise aux obligations de sécurité même si elle n'est plus utilisée. Le propriétaire doit installer au moins un des quatre dispositifs normalisés — barrière, alarme, couverture ou abri — sous peine d'une amende de 45 000 €.

Une piscine inutilisée doit-elle respecter l’obligation de sécurité ?

Le Code de la construction et de l’habitation ne prévoit aucune exception liée à l’usage réel du bassin. Toute piscine enterrée non close privative à usage individuel ou collectif doit être pourvue d’au moins un dispositif de sécurité normalisé visant à prévenir le risque de noyade. La règle ne mentionne ni saison, ni fréquence de baignade, ni intention d’utiliser le bassin dans l’année.

L’obligation vaut donc aussi pour un bassin qui ne sert plus. L’eau reste dangereuse, qu’on s’y baigne ou pas.

Quels sont les quatre dispositifs de sécurité acceptés ?

La loi laisse le choix parmi quatre familles de solutions. Chacune répond à sa propre norme, avec des exigences de résistance et de fonctionnement qui lui sont spécifiques.

  • La barrière de protection bloque physiquement l’accès au bassin, sans intervention humaine une fois installée.
  • L’alarme ne retient personne : elle signale un franchissement une fois qu’il a déjà eu lieu.
  • La couverture de sécurité ferme la surface de l’eau elle-même.
  • L’abri enferme l’ensemble du bassin dans une structure close.

Un seul de ces quatre dispositifs suffit légalement. Dans une maison où passent régulièrement de jeunes enfants, des familles choisissent d’en cumuler deux, par exemple une barrière associée à une alarme, pour doubler la marge de sécurité.

Quelles piscines échappent à cette obligation ?

Le texte de loi ne s’applique pas à tous les bassins. Sont exclues les piscines situées dans un bâtiment, celles qui sont posées sur le sol, gonflables ou démontables. Un bassin autoportant acheté en grande surface, monté en une après-midi et démonté à l’automne, ne relève donc pas de cette obligation légale précise.

Cette exclusion réglementaire ne signifie pas que ces bassins soient sans danger. Un enfant de deux ans peut se noyer dans très peu d'eau, qu'elle se trouve dans un bassin enterré coûteux ou dans une piscine gonflable achetée pour l’été. La différence entre les deux catégories tient au texte juridique, pas à la réalité physique du risque.

Quelle sanction en cas de manquement ?

Le non-respect de l’obligation n’est pas une simple formalité administrative. Les propriétaires qui ne satisfont pas à cette obligation encourent des sanctions pénales, notamment une amende de 45 000 €.

Les dispositifs de sécurité ne remplacent jamais la vigilance d’un adulte présent. Un portillon verrouillé n’empêche pas un moment d’inattention pendant un repas de famille au jardin. La protection repose sur un équipement homologué en place et sur une surveillance active et permanente des enfants par un adulte.

Comment vérifier que l’équipement est encore opérationnel ?

Vérifier l’installation ne prend pas des semaines. Quelques contrôles simples permettent de repérer les défaillances silencieuses.

  1. Contrôler la présence et la fermeture correcte du portillon d’une barrière.
  2. Vérifier que l’alarme installée fonctionne encore, notamment la pile.
  3. Examiner l’état de la couverture, qui peut être percée par les intempéries.
  4. Consulter la notice technique remise lors de la construction ou solliciter le pisciniste qui a construit le bassin pour retrouver le dispositif d’origine et la norme applicable.

Beaucoup de dispositifs se dégradent avec le temps sans que personne ne s’en aperçoive. Une pile d’alarme à plat, un portillon qui ne se referme plus tout seul ou une couverture percée peuvent rester invisibles jusqu’au jour où un enfant s’approche du bord.

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Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

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