« La Carsat m'a refusé la réversion de mon mari à cause de mes revenus » : à l'Agirc-Arrco, on m'a expliqué ce que je touchais quand même, hausse de novembre comprise
Un refus de réversion peut tomber comme un couperet. C'est ce qu'ont vécu de nombreuses veuves et veufs dont les revenus personnels dépassaient le plafond fixé par la Carsat, les privant ainsi de la pension de réversion du régime de base. Mais cette décision ne signifie pas une absence totale de compensation. La réversion Agirc-Arrco, qui concerne les pensions complémentaires du secteur privé, obéit à des règles bien différentes et peut être versée même quand celle de la Carsat est refusée. Mieux encore, cette pension complémentaire vient justement d'être revalorisée. Explications.
- La réversion Agirc-Arrco ne tient pas compte des revenus du conjoint survivant, contrairement à celle de la Carsat soumise à un plafond de ressources.
- Au 1er novembre 2026, les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont revalorisées de 1,4 %, portant la valeur du point à 1,4587 euro.
- Cette hausse s'applique automatiquement, sans démarche, et sera visible dès le versement du 2 novembre 2026.
Le refus de la Carsat : comprendre pourquoi les revenus bloquent la réversion de base
La pension de réversion versée par la Carsat, qui gère le régime de base des salariés du privé, est soumise à des conditions de ressources strictes. Pour en bénéficier, les revenus personnels du conjoint survivant ne doivent pas dépasser un plafond annuel, réévalué chaque année. Dès que ce seuil est franchi, même légèrement, la Carsat peut refuser la demande ou réduire le montant versé. Ce mécanisme surprend souvent les veuves et veufs qui disposent d'une pension personnelle correcte, d'un patrimoine ou de revenus d'activité : leur situation financière, jugée trop favorable par l'administration, les exclut du dispositif. Ce refus, bien que légal, est vécu comme une injustice par beaucoup, d'autant qu'il intervient dans un moment déjà difficile sur le plan personnel.
La réversion Agirc-Arrco : des règles différentes et une compensation possible
Contrairement à la réversion de base, la pension de réversion Agirc-Arrco ne tient pas compte des revenus du conjoint survivant. Cette différence de traitement change tout pour les personnes refusées par la Carsat. Le régime complémentaire applique uniquement des conditions d'âge et de situation matrimoniale, sans plafond de ressources. Concrètement, la pension de réversion Agirc-Arrco correspond à 60 % des droits acquis par le défunt au titre de sa carrière dans le secteur privé. Même si la réversion de base est refusée, cette pension complémentaire reste donc due, à condition de remplir les critères d'éligibilité propres à l'Agirc-Arrco. C'est précisément cette pension que touchent de nombreux conjoints survivants malgré un refus initial de la Carsat, un filet de sécurité qui atténue la perte de revenus liée au décès du conjoint.
La hausse de 1,4 % au 1er novembre 2026 : ce que cela change concrètement sur la pension versée
Le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco, réuni le 14 octobre 2026, a acté une revalorisation de 1,4 % des pensions complémentaires à compter du 1er novembre 2026. Cette hausse concerne plus de 14 millions de retraités affiliés au régime et s'applique aussi bien aux pensions de droit direct qu'aux pensions de réversion. Entrant en vigueur le 1er novembre 2026, la hausse de 1,4 % augmente directement la valeur du point Agirc-Arrco et s'applique donc automatiquement et dans les mêmes proportions à toutes les pensions de réversion. Concrètement, la valeur de service du point passe de 1,4386 euro à 1,4587 euro. Cette revalorisation est appliquée d'office, sans aucune démarche à effectuer, et sera visible après le versement du 2 novembre 2026, selon les délais de crédit bancaire. Pour les veuves et veufs qui perçoivent uniquement la réversion Agirc-Arrco faute d'avoir obtenu celle de la Carsat, cette hausse représente un geste bienvenu, même si elle reste inférieure à l'inflation hors tabac estimée à 2 % pour 2026 par l'Insee. À titre de comparaison, les retraites de base, elles, n'ont été revalorisées que de 0,9 % au 1er janvier 2026, et les pensions complémentaires n'avaient connu aucune revalorisation au 1er novembre 2025, faute d'accord entre les partenaires sociaux. Le tableau ci-dessous résume les principaux chiffres à retenir.
| Élément | Avant le 1er novembre 2026 | À partir du 1er novembre 2026 |
|---|---|---|
| Valeur du point Agirc-Arrco | 1,4386 euro | 1,4587 euro |
| Taux de revalorisation | - | 1,4 % |
| Nombre de retraités concernés | - | Plus de 14 millions |
| Coût estimé en année pleine | - | 1,4 milliard d'euros |
L'Agirc-Arrco chiffre le coût global de cette mesure à 1,4 milliard d'euros en année pleine, et à 21 milliards d'euros sur quinze ans. Un effort financier conséquent pour le régime, qui doit désormais négocier avec les partenaires sociaux les nouvelles règles de pilotage applicables pour la période 2027-2030. Ces discussions détermineront les marges de manœuvre futures pour les prochaines revalorisations, dans un contexte où l'équilibre entre pouvoir d'achat des retraités et soutenabilité financière du régime reste un exercice délicat.
Pour les conjoints survivants confrontés à un refus de la Carsat, retenir l'essentiel : la réversion Agirc-Arrco obéit à ses propres règles, sans condition de ressources, et vient d'être revalorisée de 1,4 %. Vérifier le montant perçu sur le relevé de pension de novembre permet de s'assurer que cette hausse a bien été appliquée, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire de la part du bénéficiaire.
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