J’ai signé une rupture conventionnelle à 57 ans avec une belle indemnité : à France Travail, on m’a expliqué ce qui manquait sur mon relevé de retraite

Le chèque était confortable, et je pensais avoir tout anticipé. C’est en ouvrant mon relevé de retraite que j’ai découvert des semaines entières sans le moindre point.

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Par L'équipe JDS

Sur un relevé de retraite complémentaire, une rupture conventionnelle signée à 57 ans peut laisser un trou que même une belle indemnité ne comble pas. Ce trou porte un nom, le différé d'indemnisation : une période pendant laquelle France Travail ne verse rien et durant laquelle aucun point Agirc-Arrco ne s'inscrit. Le salarié du privé qui repart avec un chèque confortable découvre alors, relevé en main, des semaines sans le moindre point.

Aucun point n'est attribué tant que l'allocation n'est pas versée.

Un relevé de retraite se lit comme un compte en banque : n'y figure que ce qui a été réellement crédité. Pour un emploi relevant du secteur privé, des points Agirc-Arrco sont attribués pour chaque jour indemnisé par France Travail, sans que le demandeur d'emploi verse la moindre cotisation. Le calcul repose sur le salaire journalier de référence, donc sur les rémunérations qui ont servi à établir l'allocation chômage. Plus l'ancien salaire était élevé, plus chaque jour indemnisé rapporte de points.

À retenir
  • Aucun point Agirc-Arrco n'est attribué pendant le délai d'attente et le différé.
  • Seul un jour réellement indemnisé par France Travail rapporte des points de retraite complémentaire.
  • La simulation de la date de début d'indemnisation se demande avant la signature de la rupture.

Seul le jour indemnisé rapporte des points

Le mot qui compte est « indemnisé ». S'inscrire à France Travail sans toucher d'allocation ne donne aucun point de retraite complémentaire, même si le dossier est parfaitement en règle.

L'emploi perdu doit aussi relever du secteur privé, donc du régime Agirc-Arrco, qui réunit depuis le 1er janvier 2019 les anciens régimes Agirc et Arrco. Les allocations de l'assurance chômage, comme l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ou l'allocation de sécurisation professionnelle (ASP), ouvrent ce droit aux points. Les chômeurs rattachés à d'autres régimes complémentaires peuvent, eux, en acquérir si leur caisse a conclu une convention avec l'assurance chômage. Cadre ou employé, un salarié du privé relève aujourd'hui du même régime unique, ce qui simplifie la lecture du relevé.

La retraite de base suit une autre logique. Un trimestre y est validé pour 50 jours de chômage, délai d'attente et différé compris, alors que ces mêmes jours ne rapportent aucun point de complémentaire.

Différé et délai d'attente : deux périodes à zéro point

Entre la fin du contrat et le premier versement, l'allocation peut ne pas être payée tout de suite. Deux mécanismes expliquent cette attente : le délai d'attente et le différé d'indemnisation. Ni l'un ni l'autre ne donne de points de retraite complémentaire. Seules les périodes réellement indemnisées sont prises en compte.

Le différé vient de deux sources : les indemnités de congés payés non pris et la part des indemnités de rupture qui dépasse le minimum légal. Pour un salarié de 57 ans qui part avec une belle indemnité, ce second poste peut donc allonger la période sans allocation.

Plusieurs semaines, voire plusieurs mois, peuvent s'écouler sans aucun point.

Lire son relevé sans s'alarmer à tort

Le relevé de points permet de contrôler, année par année, ce qui a été inscrit. L'année de la rupture devrait se lire en deux temps : les mois travaillés, puis les jours indemnisés, avec une plage vide entre les deux. Cette plage correspond au délai d'attente et au différé, et elle n'a rien d'une erreur.

L'anomalie réelle, c'est un jour indemnisé qui n'apparaît pas. Pour chacun d'eux, des points doivent être attribués sur la base du salaire journalier de référence transmis par France Travail.

Ce que pèse un point, concrètement

La valeur de service du point passe à 1,4587 € au 1er novembre 2026, soit une hausse de 1,4 %. Elle était de 1,4386 € jusqu'au 31 octobre 2026. Chaque point représente donc 1,4587 € de pension brute par an. Un stock de 1 000 points équivaut à 1 458,70 € brut annuels.

Quelques jours sans point pèsent peu, pris isolément. Mais ils s'additionnent aux autres périodes de la carrière, et c'est le total de points qui détermine la pension complémentaire.

Deux gestes, avant et après la signature

Avant de signer, demandez à France Travail une simulation de la date de début d'indemnisation. Cette date dépend du différé, donc des congés payés non pris et de la part d'indemnité de rupture qui dépasse le minimum légal. Elle vous indique combien de temps votre relevé restera sans nouveau point.

La simulation se demande avant la signature, pas après.

Une fois l'indemnisation lancée, le second geste consiste à vérifier. Ouvrez votre relevé et assurez-vous que les périodes indemnisées y figurent. Les informations partent automatiquement de France Travail vers les caisses de retraite, mais un contrôle de votre côté ne coûte rien. Gardez vos notifications d'allocation : elles fournissent les dates exactes à comparer.

Rupture conventionnelle : à chiffrer, pas à craindre

Rien de tout cela ne condamne la rupture conventionnelle. Le manque de points est un paramètre à mettre en face de l'indemnité, au même titre que la durée de l'indemnisation.

Le piège tient moins au dispositif qu'à l'angle mort : on compare l'indemnité à la perte de salaire, rarement à la perte de points. Un chèque s'encaisse en une fois, alors que les points s'acquièrent jour après jour d'indemnisation. C'est précisément ce que la simulation de date de début d'indemnisation permet de mesurer avant d'engager sa signature.

Le point était resté à 1,4386 € du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026, faute d'accord entre syndicats et patronat. La hausse de 1,4 % décidée le 14 octobre 2026 vaut jusqu'au 31 octobre 2027.

Les pensions revalorisées sont versées à partir du 2 novembre 2026, le 1er novembre étant férié. Ce calendrier concerne les retraités actuels. Pour vous, le chiffre à surveiller reste le nombre de points inscrits, que la valeur du point en vigueur au moment du départ viendra multiplier, sans que l'on sache aujourd'hui quelle sera cette valeur.

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