J’ai tout rasé en novembre, pour que le mur soit enfin net. Fin février, plus un merle ne venait au jardin, et je n’avais pas compris pourquoi.
Il a rasé le lierre de son mur et de sa vieille haie en novembre pour faire net : fin février, merles et grives avaient déserté son jardin

- Le lierre fleurit de septembre à novembre, en petites boules jaune-vert.
- Ses baies noires mûrissent à la fin de l'hiver, quand la nourriture fraîche manque.
- Seules les tiges adultes, aux feuilles ovales, portent fleurs et fruits.
- Une tige adulte ne fleurit qu'après une dizaine d'années.
Ce que novembre emporte avec le sécateur
Rabattre le lierre à ras en novembre supprime d'un même geste les fleurs encore ouvertes et les baies que l'hiver aurait fait mûrir. Merles et grives, entre autres, comptent sur ces fruits à la fin de la saison froide. Le propriétaire qui coupe tout avant l'hiver, par souci de faire propre, vide donc son mur d'un garde-manger sans s'en douter.
Fin février, le mur est net et le jardin silencieux.
Un mur dégagé fait si bonne impression, et qui n'y a jamais cédé ? Une vieille haie sans lierre semble respirer, plus légère, mieux tenue. Mais novembre est précisément le mois où s'achève une floraison commencée en septembre.
Une floraison d'automne que les abeilles attendent
Le lierre grimpant (Hedera helix) fleurit de septembre à novembre, en petites boules jaune-vert. Les abeilles les visitent beaucoup. À cette période, le jardin a presque tout fini de fleurir, et peu de plantes offrent encore du nectar. Un coup de sécateur donné en novembre interrompt donc cette floraison en pleine activité.
Ces boules passent facilement inaperçues, d'un vert jaunâtre sans éclat. Le bourdonnement, lui, trahit leur présence au pied d'un mur couvert de lierre en fleurs.
Après la floraison, les fruits grossissent tout l'hiver, sans se presser. Ils ne deviennent des baies noires mûres qu'à la fin de l'hiver. La date exacte varie selon les régions, ce qui interdit de la fixer au jour près.
Des baies pour les oiseaux, l'une des dernières nourritures fraîches
Les oiseaux les mangent en hiver et au début du printemps, surtout les merles et les grives, entre autres. C'est l'une des dernières nourritures fraîches de la saison.
Un mur rasé en novembre n'en produira pas une seule.
Ces baies mesurent 8 à 10 mm de diamètre et sont groupées en ombelles. Leur pulpe est riche en lipides, jusqu'à 30 % dans la partie située entre les graines, un apport d'énergie utile quand les nuits restent froides. Elles demeurent disponibles jusqu'au début du printemps, quand les premiers nids se construisent. À cette saison, sureau, sorbier ou aubépine sont souvent déjà épuisés.
Toutes les tiges ne fleurissent pas
La taille à ras fait ses plus gros dégâts à cet endroit précis. Seules les tiges adultes, aux feuilles ovales et non lobées, portent fleurs et fruits. Les jeunes tiges, elles, ont des feuilles lobées en étoile et ne produisent rien.
Ces tiges adultes se tiennent souvent libres, en haut du mur ou de la haie. Rabattre à ras les supprime avec le reste.
Un lierre ne fleurit qu'après une dizaine d'années environ. Une fois la coupe faite, il faudra donc des années pour retrouver des tiges qui fleurissent. Un jardinier de 65 ans qui rase aujourd'hui attendra peut-être ses 70 ans passés pour revoir des baies.
Un abri autant qu'un garde-manger
Le lierre ne fait pas que nourrir : son feuillage dense, persistant en hiver, sert d'abri. Le rouge-gorge, le roitelet et le troglodyte y trouvent aussi un lieu de nid.
Sur une vieille haie, ce couvert épais réunit donc gîte, nid et baies sur les mêmes mètres de tiges. Un jardin dépouillé de ces trois atouts risque de ne plus être qu'un lieu de passage, pendant que le voisin dont le lierre est resté debout accueille les visiteurs. Beaucoup de petits oiseaux s'y réfugient d'ailleurs à la tombée du jour.
Couper là où ça gêne, garder le reste
Le lierre peut gêner, personne ne le nie. Les gouttières, les fenêtres et la toiture méritent le sécateur, et c'est là qu'une coupe franche se justifie. Limiter la taille à ces zones préserve le reste du mur.
Gardez les tiges aux feuilles ovales, celles du haut.
Sur le reste du mur ou de la haie, conservez au moins une partie des tiges qui fleurissent. Repérez-les à leurs feuilles ovales, non lobées, souvent libres en hauteur. Dans cette zone, le lierre ira au bout de son cycle : fleurs jusqu'en novembre, baies noires à la fin de l'hiver. Si une taille légère s'impose quand même, mieux vaut la décaler hors du début du printemps, quand les premiers nids se construisent.
Celui qui a déjà tout rasé n'a pas tout perdu. Le lierre repartira sans doute de ses tiges, d'abord avec des feuilles lobées de jeune pousse. Les fleurs ne reviendront qu'avec des tiges adultes, donc après des années.
Une nuance de calendrier, pour finir : la maturité des baies varie selon les régions, toujours à la fin de l'hiver. Quelques tiges gardées sur votre mur vous donneront votre propre date, celle où merles et grives reviennent s'y servir.
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Sources : gammvert.fr | fr.wikipedia.org
