J’ai jeté un seau d’eau dans ma cheminée quand le conduit s’est mis à ronfler : les pompiers m’ont expliqué ce que j’aurais dû faire à la place

Le seau d’eau était mon premier réflexe, celui qui paraissait évident devant le conduit qui grondait. Les pompiers m’ont pourtant fait changer d’avis en quelques phrases.

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Par L'équipe JDS

Le seau d'eau lancé dans l'âtre est le premier geste qui vient quand le conduit se met à ronfler. Du feu, de l'eau : le raisonnement paraît imparable. Les pompiers déconseillent pourtant ce réflexe, et leur priorité tient en deux verbes : sortir et appeler le 18.

Un ronflement, une odeur anormale, et le feu est peut-être déjà dans le conduit.

Le grondement n'est pas le seul signal. Une odeur anormale peut se dégager, des fumées refouler dans la pièce, des étincelles sortir en haut de la cheminée. Ce sont les situations que décrit le SDIS de la Manche dans sa rubrique consacrée aux feux de cheminée, et ses consignes tiennent en quatre gestes, que voici dans l'ordre.

À retenir
  • Il faut sortir de la maison et appeler le 18 ou le 112.
  • Les pompiers tolèrent au plus un verre d'eau ou quelques pulvérisations.
  • Un grand volume d'eau provoque un choc thermique et peut fissurer le conduit.

Les consignes du SDIS de la Manche, dans l'ordre

Premier geste : diminuer l'intensité du foyer, si c'est possible. Ces deux derniers mots comptent, car il ne s'agit pas de s'attarder devant l'âtre pour tenter un exploit. On ne cherche pas à gagner contre le feu, seulement à ne pas l'alimenter davantage avant de quitter les lieux.

Deuxième geste : sortir de la maison en fermant bien les portes et tout ce qui peut créer une arrivée d'air. La logique est celle d'un feu que l'on prive d'oxygène, sans prétendre l'éteindre soi-même.

Troisième geste : composer le 18, ou le 112, une fois dehors. Quatrième : aller au-devant des secours pour les guider jusqu'à la maison. Cet ordre, sortir d'abord et téléphoner ensuite, place la sécurité des occupants avant le sauvetage de la cheminée.

Le numéro à composer : le 18, ou le 112.

Ce que les pompiers reprochent à l'eau

Les pompiers de Guingamp sont explicites sur ce point. Ils recommandent de ne pas jeter de grandes quantités d'eau sur le foyer. Les deux raisons qu'ils donnent : le choc thermique, et le risque de fissure du conduit.

Leur tolérance est mince : au plus un verre d'eau, ou quelques pulvérisations. Elle s'accompagne d'une mise en garde, car la vapeur peut revenir en arrière et brûler. Quelques centilitres, donc, et non un seau qui en contient plusieurs litres. Ce n'est pas une consigne générale : la priorité demeure de sortir et d'appeler le 18.

Fermer la trappe coupe l'air, précisent ces mêmes pompiers.

Une fiche de formation destinée aux pompiers va dans le même sens : l'eau se verse dans le conduit par petites quantités, afin d'éviter un refroidissement trop rapide. Un document de formation s'adresse à des personnes entraînées, ce qui laisse penser qu'il ne se transpose pas tel quel au salon d'un particulier, avec un feu qui ronfle et un seau à la main.

Un feu de conduit, ça arrive vite avec le froid

Le sujet n'a rien de théorique. Dans les Ardennes, le SDIS 08 est intervenu sur 180 feux de cheminée en 2025, selon un bilan arrêté fin novembre. Ce chiffre provient d'un entretien avec Sébastien Courbet, du SDIS 08, et non d'un document officiel du service.

Dont 18 dans les deux semaines environ suivant l'arrivée du froid.

Cela représente 10 % du total enregistré à cette date, concentrés sur une quinzaine de jours, soit plus d'une intervention par jour en moyenne. Les foyers que l'on rallume aux premières gelées, après des mois d'arrêt, expliquent probablement une partie de ce pic. Il faut toutefois garder la mesure : un seul département, une période arrêtée fin novembre, un bilan donné de vive voix. C'est un ordre de grandeur local, pas une statistique nationale.

Le bon enchaînement, une fois dehors

Dans la pratique, l'enchaînement se retient en une phrase : baisser le feu si c'est possible, sortir en fermant portes et arrivées d'air, appeler le 18 ou le 112, attendre les secours dehors pour les guider. Fermer la trappe peut s'ajouter à cette liste, à condition que le geste soit à portée de main et ne vous expose pas.

Le guidage des secours se prépare. L'adresse en tête, un accès dégagé, un portail ouvert : ce sont des détails de bon sens plus que des consignes officielles. Mieux vaut y penser avant l'hiver que devant un conduit qui ronfle.

Reste le seau. Les pompiers de Guingamp ne tolèrent que le verre d'eau ou quelques pulvérisations, avec la méfiance qui s'impose face à la vapeur. Au-delà de ce volume, le choc thermique et la fissure du conduit entrent en jeu.

Ce que les consignes ne disent pas

Une nuance utile si vous croisez plusieurs documents. Les consignes du SDIS 50 portent sur la réduction du foyer, la sortie de la maison, l'appel au 18 et le guidage des secours. Le verre d'eau, la vapeur et le choc thermique n'y figurent pas : ces précisions viennent des pompiers de Guingamp.

Il n'y a d'ailleurs aucun changement de consigne à signaler : les pompiers déconseillent le seau d'eau, et ce n'est pas une nouveauté. Quant au chiffre ardennais, il reste un bilan partiel, arrêté fin novembre 2025.

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