Fini le simple tour de compteur en fermant la maison de campagne : l’expert de l’assurance regarde d’abord ce qui reste dans les tuyaux

Il avait coupé l’eau au compteur, comme chaque automne, sans jamais imaginer que cela ne suffirait pas. Février est arrivé, et l’expert a ouvert le premier robinet.

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Par L'équipe JDS
À retenir
  • Couper l'eau au compteur n'évacue pas l'eau déjà présente dans les conduites.
  • La clause gel vise les bâtiments inoccupés plus de 3 jours sans chauffage.
  • Le hors-gel peut remplacer la vidange selon les contrats, mais dépend d'une alimentation électrique.
  • Une exclusion de garantie peut être opposée si la vidange n'a pas été faite.

Le robinet que l'expert ouvre en premier

Fermer l'eau au compteur ne vide aucun tuyau. C'est ce qu'a découvert en février un propriétaire pourtant scrupuleux, fidèle chaque automne au même rituel de fin de vacances. L'expert de l'assurance, venu constater le dégât des eaux, n'a même pas regardé le compteur : il est allé droit au premier robinet.

L'eau a coulé, et le dossier a changé de nature.

Tout avait commencé le dernier soir des vacances d'automne, celles qui courent jusqu'au 1er novembre. Il avait fermé les volets de la maison de campagne, puis coupé l'eau au compteur, avec la conscience tranquille de celui qui a ses habitudes. En février, après 1 semaine de gel, un dégât des eaux s'est déclaré dans la maison restée vide. À l'ouverture du robinet, l'expert a constaté que l'eau coulait : les tuyaux n'avaient jamais été vidés.

Le compteur ferme l'arrivée d'eau, rien de plus. Tout ce qui se trouve déjà en aval, dans les conduites, le ballon d'eau chaude ou les radiateurs du chauffage central, y reste piégé, prêt à geler dès que le thermomètre plonge dans une maison sans chauffage, un peu comme verrouiller la porte d'entrée en laissant une fenêtre ouverte.

Couper et vidanger, deux gestes qui n'ont rien de jumeaux

Couper l'eau consiste à interrompre l'alimentation du logement. Vidanger revient à faire sortir l'eau de l'installation elle-même : conduites, réservoirs, ballon, radiateurs. Pour un logement inoccupé, l'assureur peut exiger la première opération et, parfois, la seconde dans sa totalité.

Dans les faits, la vidange passe par l'ouverture des robinets une fois l'eau coupée, la purge du ballon et le vidage du circuit de chauffage central, un travail qui demande de la méthode la première fois. Un plombier peut montrer la marche à suivre en une seule visite, après quoi il suffit de refaire les mêmes gestes à chaque fermeture.

Un compteur fermé rassure, mais il ne prouve rien.

Ce que dit vraiment la clause « gel »

La clause type, qu'on rencontre sous diverses formulations, vise la période de gel et les bâtiments restés inoccupés plus de 3 jours sans chauffage. Elle demande d'arrêter la distribution d'eau et de vidanger les conduites, les réservoirs et le chauffage central. Remarquez le « et » : les deux gestes s'additionnent, ils ne se remplacent pas. Faute de quoi, une exclusion de garantie peut être opposée.

Le seuil de 3 jours est franchi dès le premier week-end de fermeture, bien avant que la maison soit officiellement vide pour l'hiver. Le gel, lui, dépend du thermomètre, et la sanction porte moins sur le froid que sur la précaution omise.

Le mot « inoccupation » apparaît aussi dans d'autres clauses du contrat, avec leurs propres durées. Elles varient d'un assureur à l'autre, et aucun seuil ne vaut pour tous les contrats. Le texte du vôtre reste la seule référence valable, et il se lit avant le départ, pas après le sinistre : savez-vous, de mémoire, quel nombre de jours y figure ?

Le hors-gel, l'autre voie

Vidanger n'est pas toujours la seule porte de sortie. Selon les contrats, laisser le chauffage tourner en mode hors-gel peut remplacer la vidange, la clause parlant alors de maintenir un chauffage suffisant, ce qui séduit ceux qui préfèrent retrouver une maison prête à vivre, sans purger puis remplir l'installation à chaque séjour.

Le hors-gel a pourtant une faiblesse : il dépend d'une prise. Une panne de courant en pleine vague de froid, dans une maison où personne ne passe, peut vous replacer face à l'exclusion. L'option suppose aussi de garder un abonnement d'électricité actif pendant toute l'absence. Avant de choisir, vérifiez que votre contrat l'admet noir sur blanc.

La vidange, elle, ne dépend d'aucune prise électrique.

Les gestes à faire avant de partir cette semaine

Les vacances d'automne se sont achevées le 1er novembre, et c'est le bon moment pour fermer la maison de campagne. Premier geste : sortir le contrat et repérer les mots « gel », « inoccupation » et « vidanger ». Notez le nombre de jours qui déclenche l'obligation et le type de précaution demandé, vidange, hors-gel ou les deux.

Deuxième geste : couper l'eau au compteur, puis vidanger les conduites, les réservoirs et le chauffage central, ballon et radiateurs compris. Si vous ne savez pas purger le ballon ou le circuit, un plombier peut le faire avec vous la première fois.

Troisième geste : garder une trace. Une photo des robinets laissés ouverts, la facture du plombier si vous en avez fait venir un, la date du départ : ces éléments pourraient peser le jour où l'expert pose ses questions. Rangez-les avec le contrat, dans un dossier que vous retrouverez en février.

Si vous optez pour le hors-gel, vérifiez que le chauffage est réglé et que l'électricité est bien en service avant de fermer la porte. Un appel à votre assureur suffit pour confirmer que cette option figure dans votre contrat.

Février arrive toujours avant la première visite

Une canalisation qui cède en janvier peut inonder une maison vide pendant des semaines, jusqu'à la visite de février. Les dégâts s'accumulent sur les parquets, les cloisons, les meubles. Lorsque l'expert arrive, l'assureur peut demander de justifier de la vidange ou du hors-gel.

Dans notre histoire, la réponse a tenu en un geste : l'expert ouvre le robinet, l'eau coule, la preuve est faite. Le propriétaire avait coupé l'eau, et il avait raison de le faire. Il lui manquait la moitié de la consigne, celle qui concerne les tuyaux. Ce genre de dossier pourrait se solder par une exclusion de garantie, avec les frais de remise en état à sa charge.

Même quand la garantie joue, la réparation du tuyau lui-même peut rester à la charge du propriétaire, seuls les dommages causés aux parquets et aux cloisons étant couverts. Cette précision figure dans les conditions générales, à lire en même temps que la clause gel.

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