J’ai arrêté la salle de sport au confinement et déménagé dans l’Aude : en épluchant mon compte, j’ai compté 1 560 € partis pour rien

J’ai cessé d’aller à la salle au confinement, puis j’ai déménagé dans l’Aude sans y penser. Personne ne m’avait prévenue que le prélèvement, lui, continuait de tomber chaque mois.

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Par L'équipe JDS
À retenir
  • Un prélèvement de 26,90 € par mois a couru pendant près de cinq ans sans être remarqué.
  • Le gérant invoque un contrat signé que l'abonnée ne retrouve plus.
  • Depuis le 1er juin 2023, un contrat conclu en ligne doit pouvoir être résilié en trois clics.

26,90 € par mois, et personne pour les arrêter

Le préjudice se chiffre à 1 560,20 €, et il se résume à une ligne de relevé qui revient chaque mois. Une internaute s'était inscrite en février 2020 dans une salle de sport du Mans. Elle y est allée quelques mois.

Puis le confinement est arrivé, et elle a cessé de s'y rendre. Elle a ensuite déménagé dans l'Aude, laissant derrière elle la salle, la carte d'accès et, sans le savoir, un prélèvement de 26,90 € qui continuait de tomber.

Ce prélèvement court depuis février 2020, sans interruption.

Comment une telle somme passe sous le radar

Elle s'en est aperçue en contrôlant son compte « avec précaution ». Elle explique que la somme passait inaperçue, noyée parmi des achats communs. C'est le propre des petits prélèvements réguliers : 26,90 € par mois font 322,80 € par an, un montant qui ne sonne l'alarme ni en un mois ni même en un trimestre. Sur 58 mois environ, le total atteint 1 560,20 €.

Le calcul laisse penser que son message a été écrit vers la fin de 2024, même si la date exacte n'apparaît pas sur la page.

Retenez surtout la durée : près de cinq ans de mensualités pour une salle qu'elle ne fréquentait plus depuis le confinement. À ce rythme, un abonnement oublié coûte plus cher qu'un équipement de sport neuf.

Le gérant invoque un contrat qu'elle ne retrouve pas

Elle a fini par téléphoner. Le gérant lui a répondu qu'elle avait signé un contrat, document qu'elle dit ne pas retrouver. Il a ajouté que l'abonnement avait été automatiquement reconduit.

L'issue de ce dossier n'est pas connue.

En pratique, une reconduction automatique place la charge sur l'abonné : c'est à lui d'y mettre fin, et à lui de garder la trace de sa demande. Face à un gérant qui brandit un engagement signé, la première démarche raisonnable est écrite : réclamer une copie du contrat, avec ses conditions de résiliation. Sans ce document, impossible de savoir si une durée minimale ou un préavis s'applique. Avec lui, on sait au moins quelle clause le gérant invoque.

Résilier par écrit, et en ligne si le contrat s'y prête

Le premier geste consiste à résilier par écrit, en suivant les conditions prévues par le contrat. Un courrier en recommandé laisse une trace datée, ce qui vaut mieux qu'un appel téléphonique sans lendemain. Le préavis éventuel se lit dans le contrat : la résiliation en ligne ne l'efface pas.

Depuis le 1er juin 2023, un contrat conclu en ligne doit pouvoir être résilié en ligne, en « trois clics ».

Cette obligation figure à l'article L215-1-1 du Code de la consommation. D'après les explications officielles, elle vise aussi des contrats signés en magasin, dès lors qu'ils pourraient être conclus en ligne.

La fonctionnalité doit être gratuite et facile d'accès.

Si le bouton reste introuvable, des captures d'écran datées de l'espace client constituent une preuve utile. Joignez-y un courrier de résiliation en recommandé, qui rappelle l'obligation et demande la confirmation de la date de fin sur support durable. Le professionnel doit en principe accuser réception de la demande et indiquer la date à laquelle le contrat prend fin.

Vérifier ses prélèvements, puis couper à la source

Reprenez vos relevés sur douze mois au minimum, et repérez les libellés qui reviennent à date fixe pour le même montant. Une application bancaire permet souvent de filtrer les opérations récurrentes, ce qui évite de tout relire ligne à ligne.

Reste la banque. Vous pouvez lui demander la liste des mandats SEPA actifs sur votre compte, c'est-à-dire les autorisations de prélèvement que vous avez un jour signées. Celui qui n'a plus lieu d'être se révoque auprès d'elle, ce qui doit en principe stopper les prélèvements suivants. Mieux vaut mener cette révocation en parallèle de la résiliation écrite : seule la seconde met fin au contrat, et un litige peut subsister sur les mois déjà prélevés.

Un audit de saison

Novembre, juste avant la saison des bonnes résolutions, convient bien à ce petit ménage. Si le compte est partagé, faites-le à deux : un prélèvement que personne n'a choisi de suivre n'attire l'œil de personne.

Notez la date de chaque inscription et la durée d'engagement dans votre agenda, avec une alerte annuelle. L'internaute du forum cherche aujourd'hui un contrat qu'elle ne retrouve plus, alors qu'une photo prise le jour de la signature aurait permis de relire les conditions de reconduction.

Une nuance, enfin : les 1 560,20 € sont le montant que l'internaute évalue comme son préjudice, pas une somme reconnue par la salle. Si vous vous trouvez dans le même cas, la liste des opérations sur votre relevé et la copie du contrat demandée par écrit sont les deux pièces à réunir avant toute réclamation.

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