Tout l’hiver, j’ai laissé le vieux nid en place sans y penser. Au printemps, en ouvrant le nichoir, j’ai vu que la nouvelle couvée avait fait tout autre chose que ce que j’imaginais.
J’ai laissé le vieux nid dans mon nichoir à mésanges tout l’hiver : au printemps, j’ai compris en voyant où la nouvelle couvée s’était installée

- Les mésanges bâtissent un nid neuf par-dessus l'ancien chaque année
- Le fond du nichoir monte d'une saison à l'autre
- Le nettoyage se fait une seule fois par an, d'octobre à mi-novembre
Un nid sur un nid : la hauteur qui change tout
Laisser le vieux nid en place tout l'hiver a une conséquence que l'on découvre au printemps : la nouvelle couvée s'installe plus haut dans le nichoir, tout près du trou d'entrée. Les petits oiseaux qui nichent en cavité, mésanges en tête, ne réutilisent pas l'ancien nid. Chaque année, ils en bâtissent un neuf, posé par-dessus le précédent.
Le fond du nichoir monte donc d'une saison à l'autre.
La distance qui sépare le nid de l'ouverture, et qui met les oisillons à l'abri, se réduit à chaque empilement. Après une ou deux saisons, les petits se retrouvent dangereusement proches du trou d'entrée. Un nichoir n'est pas une simple boîte décorative, ses proportions ont une raison d'être. Un nid trop haut pourrait exposer davantage la nichée aux dangers venus de l'extérieur.
Octobre, jusqu'à la mi-novembre : la bonne fenêtre
Le nettoyage d'un nichoir se fait une seule fois par an. Octobre est le mois idéal : les jeunes de l'année se sont généralement envolés, même les plus tardifs, et les adultes qui cherchent un abri pour l'hiver ou repèrent un site de reproduction ne sont pas encore installés. On peut aller jusqu'à la mi-novembre au plus tard, tant que les nuits restent douces.
Passé ce cap, les nichoirs commencent à servir d'abri nocturne. Le troglodyte mignon, minuscule boule de plumes, y dort parfois en hiver.
Novembre n'est pourtant pas la seule date possible. Dans l'Aveyron, par exemple, les naturalistes conseillent plutôt de nettoyer juste après l'envol des petits. Les deux calendriers se défendent, à condition de s'en tenir à un seul passage dans l'année. Nettoyer entre deux nichées serait risqué : le dérangement peut provoquer l'abandon du nichoir, et les parents devraient rebâtir un nid entier.
Gants, brosse et coup d'œil préalable
Avant de toucher à quoi que ce soit, vérifiez que le nichoir est vide. Des chauves-souris ou des insectes peuvent s'y être glissés. Enfilez des gants, puis décrochez le nichoir pour travailler à hauteur d'établi.
Videz tout, sans exception : vieux nid, mousses, plumes, œufs non éclos, coquilles. Le nichoir doit être entièrement dégagé avant de retrouver sa place sur l'arbre ou le mur.
Frottez ensuite l'intérieur à la brosse métallique ou à poils raides.
Eau bouillante, bicarbonate et séchage
Pour les parois, l'eau bouillante suffit. Les amateurs de recette maison peuvent préparer 3 tasses d'eau chaude, 3 cuillères à soupe de bicarbonate de sodium et 3 cuillères à soupe de jus de citron. Le mélange sent la cuisine plus que le laboratoire, ce qui n'est pas pour déplaire. Rincez ensuite abondamment à l'eau claire.
Laissez sécher 24 heures avant de raccrocher. Un nichoir encore humide n'a rien à faire sur son support. Le temps d'attente se prête bien à un contrôle des vis, des crochets et des fixations.
Côté finition, l'huile de lin est possible à l'extérieur seulement. Ni peinture ni vernis, et l'intérieur reste brut.
Ce que ce ménage rapporte au jardin
Le nettoyage limite les parasites, qui s'installent volontiers dans les vieux matériaux. Un nid laissé en place pourrait les conserver jusqu'à la couvée suivante. Vider, brosser et rincer, c'est offrir aux futurs occupants un logis assaini.
Une famille de mésanges mange environ 10 000 chenilles en 3 semaines.
Ce chiffre reste une estimation, mais l'ordre de grandeur parle de lui-même. Un couple de mésanges installé près du potager y fait office de brigade phytosanitaire, sans facture ni produit à épandre. Les parents n'ont rien à y gagner si leur nichée s'entasse près de l'ouverture ou lutte contre les parasites. Le coup de brosse d'automne leur épargne un handicap de départ.
Raccrocher, puis laisser faire
Une fois le nichoir sec et ses fixations contrôlées, remettez-le en place. Inutile de le garnir : les oiseaux apportent eux-mêmes mousses, plumes et brindilles. Ils reconstruiront un nid complet, comme chaque année.
L'essentiel du travail est fait, et vous n'y toucherez plus avant l'automne prochain. Le printemps appartient aux oiseaux, sans visite de contrôle ni coup d'œil indiscret dans le trou. Un seul passage annuel, c'est aussi la meilleure façon de ne pas déranger la couvée.
Si novembre est déjà bien entamé chez vous et que les nuits fraîchissent, ouvrez le toit avec précaution. Un troglodyte pourrait avoir pris ses quartiers d'hiver dans le nichoir. Dans ce cas, attendre que les lieux soient libres vaut mieux que de déloger un dormeur par une nuit froide.
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Source : jardinpaysagiste.fr
