Il a branché un récupérateur d’eau sur sa gouttière : après une semaine de pluie, un maçon lui a expliqué ce qui rongeait le pied de son mur

Une semaine de pluie en novembre, et le pied de mon mur était noyé. Le maçon n’a pas regardé la gouttière : il a regardé la cuve, puis le sol.

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Par L'équipe JDS
À retenir
  • Un trop-plein déversé contre la façade humidifie le pied du mur.
  • Les distances exigées par les textes vont de 3 m à 5 m des bâtiments.
  • Le volume de rétention pour 100 m² de toiture varie de 2 à 3 m³ selon la commune.

Une semaine de pluie, un pied de mur détrempé

Une semaine de pluie en novembre, et le pied du mur est noyé. Ce propriétaire avait pourtant fait ce que l'on recommande à tout jardinier prévoyant : il avait branché un récupérateur sur sa gouttière. Le trop-plein de la cuve, lui, se déversait au même endroit, contre la façade.

Le maçon appelé sur place a regardé la cuve, puis le sol.

Son explication tient en une chaîne simple. Une cuve contre le mur qui déborde au même endroit humidifie les matériaux. Ceux-ci laissent alors remonter l'eau par capillarité, comme une mèche de lampe à huile. Moisissures et odeur de moisi peuvent ensuite gagner le sous-sol.

Ce mécanisme, décrit par la documentation spécialisée, ressemble beaucoup à la situation de cet homme. Aucune page consultée ne prouve pourtant que ce soit la cause exacte chez lui : seul un examen du mur pourrait le dire.

Ce que le guide de l'ADEME demande pour le trop-plein

Le guide de l'ADEME pose un principe net : le trop-plein d'une cuve doit être relié à un dispositif d'infiltration, à un dispositif de rétention, ou au réseau pluvial. Le réseau communal n'y figure que si l'infiltration sur la parcelle est impossible. Autre point à noter : ce guide ne dit pas un mot des fondations.

Le trop-plein doit aussi être équipé d'un siphon.

Ces deux exigences se retrouvent dans les trois documents réunis pour cette enquête, ce qui est rare dans un domaine où chaque commune écrit ses propres règles. Le raccord de la cuve à la gouttière n'est donc que la moitié du chantier. L'autre moitié, celle de la sortie, est souvent la plus négligée.

3 m ou 5 m : la distance qui divise les textes

Sur la distance à respecter, les textes se contredisent. Une publication spécialisée demande une zone d'infiltration à au moins 3 m de la façade. Deux documents de collectivités exigent au moins 5 m des bâtiments. Le département des Hauts-de-Seine, lui, évoque une distance égale à la profondeur de l'ouvrage, sans valeur fixe.

Le zonage des eaux pluviales de Guidel, le plus récent des documents réunis, demande un trop-plein dirigé vers un dispositif de rétention ou d'infiltration situé à au moins 5 m des bâtiments existants. Il exige aussi que les fondations et le sous-sol soient protégés d'un excès d'humidité.

Entre 3 m et 5 m, l'écart paraît mince sur le papier. Sur un terrain ordinaire, il décide pourtant de l'endroit où l'on creuse et de la longueur de tuyau à enterrer. À titre personnel, je retiendrais la valeur la plus haute tant que la mairie n'a pas tranché.

Cuve contre la façade ou cuve enterrée : deux écoles

Certaines règles locales demandent une cuve enterrée ou installée à l'intérieur d'un bâtiment. À l'inverse, la publication spécialisée décrit des cuves posées contre la façade, et l'ADEME évoque des bacs posés au sol ou enterrés.

Une cuve plaquée contre le mur n'a donc rien d'exotique. Ce qui pose problème, d'après la documentation spécialisée, c'est l'eau en trop qui retombe au même endroit. Les communes qui imposent une cuve enterrée ou intérieure, elles, ne laissent tout simplement pas ce choix.

Où envoyer l'eau quand la cuve est pleine

Le réseau pluvial est admis par l'ADEME, mais seulement quand l'infiltration est impossible. La commune de Perthes-en-Gâtinais demande au contraire que les eaux de toiture soient infiltrées sur la parcelle, sans rejet dans un réseau d'eaux usées ou pluviales.

Une fiche de chambre de métiers va encore dans une autre direction : elle admet le réseau d'eaux usées, à condition de poser un clapet antiretour. Trois destinations possibles, donc, selon le texte que l'on ouvre. Chacune suppose un raccordement différent, et pas forcément le même coût de chantier. Un appel à la mairie avant de percer ou de raccorder quoi que ce soit évite de se tromper de réseau.

Le pied du mur, lui, ne figure dans aucune de ces options.

Volumes de rétention : deux règlements, deux calculs

Pour un projet individuel, un règlement local demande 0,3 m³ de rétention par tranche de 10 m² de toiture, soit 3 m³ pour 100 m². Un autre en demande 2 m³ par tranche de 100 m². Ce sont deux règlements locaux distincts, et il serait faux d'en tirer une norme commune.

Pour un toit de 100 m², l'écart va donc de 2 m³ à 3 m³ selon la commune. Raison de plus de lire le règlement local avant d'acheter une cuve ou de creuser quoi que ce soit.

Que vérifier avant la prochaine averse

Première vérification : suivre le trajet du trop-plein. S'il s'arrête au pied du mur, il faudrait le prolonger vers un dispositif d'infiltration, de rétention ou, si la commune l'admet, vers le réseau pluvial. La distance à viser va de 3 m à 5 m des bâtiments, selon les textes.

Le siphon se contrôle en même temps. Après chaque grosse pluie, un coup d'œil au pied du mur, et une narine au sous-sol, signaleraient si l'humidité s'installe.

Le règlement des eaux pluviales de la commune est le premier document à consulter. Il peut fixer la distance, le volume de rétention et la destination autorisée du trop-plein. Il peut aussi interdire la cuve contre la façade. Les chiffres cités plus haut montrent que d'une commune à l'autre, la réponse change.

Une formule circule volontiers : les guides de l'ADEME et des agences de l'eau demanderaient d'éloigner le trop-plein des fondations. Le guide de l'ADEME consulté demande seulement un rejet vers l'infiltration sur la parcelle ou le réseau communal, et aucune page d'agence de l'eau n'a été retrouvée. La protection des fondations ressort surtout de règlements locaux, comme celui de Guidel.

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