Je l’ai aperçue un matin, en levant les yeux vers le chêne du fond du jardin. Les feuilles étaient tombées pendant la nuit, et ce qui se cachait là depuis l’été se découpait désormais sur le ciel.
J’ai vu apparaître une boule beige grosse comme un ballon en haut du chêne quand ses feuilles sont tombées : fin octobre, ce n’était pas un vieux nid vide

- Un nid de frelons asiatiques peut encore être habité fin octobre.
- Il atteint sa taille maximale à l'automne, jusqu'à 1 mètre de diamètre.
- Une colonie s'éteint en général fin novembre ou début décembre.
- Il faut garder 5 mètres de distance et ne jamais intervenir soi-même.
Une boule beige qui n'était pas là en juillet
Quand le feuillage tombe, des nids de frelons asiatiques surgissent en haut des arbres, et la grosse boule beige perchée dans votre chêne en fait très probablement partie. Fin octobre, elle n'a rien d'une coquille vide. Elle abrite encore une colonie.
Le scénario se répète chaque automne. Un chêne se dégarnit en une semaine, et ce qui se cachait dans la ramure se découpe soudain sur le ciel, rond, grisâtre, de la taille d'un ballon.
Il était pourtant là depuis l'été.
Le nid que l'on aperçoit est dit secondaire : les ouvrières le construisent entre juin et octobre, généralement dans un arbre, souvent à plus de 10 mètres de haut. Le feuillage le dissimule pendant des mois. À l'automne, il atteint sa taille maximale, jusqu'à 1 mètre de diamètre. Au pic de son développement, il peut contenir plusieurs milliers d'individus.
Ce que le nid contient, de fin octobre à décembre
Fin octobre, l'activité n'est pas retombée : les ouvrières sont encore nombreuses et le nid reste habité. C'est dans ces semaines que les futures reines se préparent à le quitter pour aller hiberner. Un octobre sec et doux ne change rien à ce calendrier, sinon qu'il pourrait le prolonger.
Un apiculteur cite jusqu'à 500 fondatrices sur un seul nid traité.
Ces femelles se dispersent pour passer l'hiver à l'abri. L'une d'elles pourra, au printemps suivant, bâtir un nouveau nid, ailleurs.
Puis le froid s'installe, et la colonie s'éteint. Le nid est abandonné dès la fin de l'automne ou au début de l'hiver, et celui qu'on découvre en plein hiver est en principe vide. Il ne sera jamais réutilisé l'année suivante, les nouvelles fondatrices repartant de zéro. Laissé en place, il se délabre peu à peu sous la pluie et le vent.
Ce qu'il ne faut pas faire, même par curiosité
Gardez 5 mètres de distance, et ne tentez rien vous-même. Ne soufflez pas dessus, ne tirez pas sur les branches qui le portent. Un nid actif se défend, et plusieurs frelons peuvent attaquer en même temps.
La piqûre n'est pas le seul risque : il y a aussi la chute, quand on s'agrippe à une échelle sous un nid perché. Passé juillet, intervenir dans un arbre demande une perche télescopique et un équipement de protection intégral, pas un escabeau et de la bonne volonté.
Pas de tondeuse ni de tronçonneuse sous le nid non plus.
Le ratissage peut attendre, le tas de feuilles ne s'envolera pas. Le bruit des machines et les vibrations pourraient suffire à alerter la colonie, et vous seriez juste en dessous. Si vous devez passer à proximité, contournez la zone et prévenez les voisins, enfants compris. Une corde ou deux piquets tendus à 5 mètres du tronc marquent la limite sans discussion.
À qui le signaler
Un nid actif ne se décroche pas, il se signale. Votre mairie constitue en général le premier interlocuteur, et elle pourrait vous orienter vers la marche à suivre dans votre commune. Notez l'arbre, la hauteur approximative, et prenez une photo au zoom depuis vos 5 mètres.
Ces détails permettent à un intervenant de venir avec le bon matériel. Inutile de vous avancer pour vérifier : l'entrée d'un nid de frelons asiatiques se situe souvent sur le côté, ce qui se voit très bien de loin.
Reste la question de l'identité. Un gros nid de papier dans un arbre n'appartient pas toujours à un frelon asiatique, mais un volume ovoïde, perché haut, avec une entrée latérale, constitue un indice sérieux. Un seul indice ne suffit toutefois pas, et c'est pourquoi un professionnel doit confirmer.
Le piège du devis pour un nid déjà vide
En décembre, les arbres sont nus, le nid saute aux yeux et l'inquiétude monte. Des sociétés en profitent pour facturer des interventions sur des nids d'hiver, alors qu'un nid découvert en plein hiver est en principe vide. Détruire une structure abandonnée ne protège de rien, puisque la colonie a disparu et que personne ne la réutilisera. Avant tout devis, une question simple s'impose : ce nid est-il encore occupé ?
La date compte plus que l'apparence. Fin octobre, le nid est habité ; en plein hiver, il est en principe vide. Ne vous fiez pas à la douceur du temps pour conclure à un nid désert ou, à l'inverse, à une urgence, et demandez un avis avant de payer quoi que ce soit.
Repérer le prochain avant qu'il ne grossisse
Les frelons asiatiques continuent de proliférer avec l'adoucissement des températures, ce qui rend les nids tardifs moins rares qu'autrefois. Ce constat ne justifie aucune précipitation : un nid en hauteur se surveille de loin et se signale.
Le calendrier offre pourtant une seconde chance. De mars à mai, les femelles construisent un premier nid, dit primaire, dans un arbre creux, une cabane de jardin ou un grenier. Il est alors petit, de l'ordre d'une orange, et situé bas. Repéré à ce stade, il se détruit rapidement et à moindre coût, loin des 10 mètres de hauteur et du ballon beige de l'automne.
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Sources : super-nuisibles.com | destruction-niddeguepes.fr | signalnids.fr
