Picasso, Camus, Armstrong : ce que leurs montres racontent vraiment d’eux

Portrait D'homme Au Regard Expressif
Par Ludovic B.

On reconnaît facilement un visage célèbre, beaucoup moins la montre qui l’accompagne. Pourtant, ce petit détail peut raconter une ambition, une habitude ou un moment d’histoire. Dans Les hommes célèbres et leurs montres, Agata et Pierre Toromanoff réunissent portraits et anecdotes pour observer les personnalités autrement. Un livre où l’intérêt du cadran tient aussi à celui qui le porte.

Derrière une montre connue, une histoire parfois inattendue

Le point de départ est simple : regarder les montres comme des objets biographiques plutôt que comme une succession de références à collectionner. Publié chez Eyrolles, l’ouvrage traverse les univers du cinéma, de la politique, de la littérature, du sport et de l’exploration. Son sommaire rapproche ainsi Albert Einstein, Andy Warhol, Steve Jobs, Winston Churchill ou encore Michael Jordan.

Ce voisinage constitue déjà un angle intéressant. Ces personnalités n’exercent pas le même métier, ne vivent pas à la même époque et ne construisent pas leur image de la même façon. Leurs montres permettent de chercher des différences derrière un accessoire commun : instrument utile, marqueur social, cadeau ou choix esthétique.

Parmi les exemples présentés par l’éditeur figure la montre de Pablo Picasso, dont le cadran remplace les chiffres par les lettres de son nom. Difficile de trouver une personnalisation plus littérale. L’objet invite à regarder le rapport entre identité et accessoire : ici, le propriétaire ne se contente plus de signer une œuvre, son nom donne aussi le rythme des heures.

Le livre s’intéresse également à Albert Camus et à sa Lip R25, ainsi qu’à la Lip R27 offerte au général de Gaulle. Ces entrées françaises évitent de réduire l’histoire horlogère aux seules grandes maisons suisses. Elles rappellent aussi qu’une montre peut trouver sa place dans un récit culturel ou politique sans être choisie pour une complication spectaculaire.

Le cas d’Alain Ducasse et de son EBEL 1911 Chronograph élargit encore le propos. Entre l’écrivain, le président et le cuisinier, le même geste (porter une montre) ne raconte pas nécessairement la même chose. C’est dans ces écarts que le projet peut devenir plus instructif qu’un simple inventaire de poignets célèbres.

Une autre façon de regarder les hommes qui ont marqué leur époque

Un costume, une paire de lunettes, une montre qui dépasse d’une manche… Le style se construit aussi dans ces détails que l’on finit par associer à une personnalité. Avec quelque 200 photographies, le livre d’Agata et Pierre Toromanoff invite à déplacer le regard vers le poignet, là où un accessoire discret peut compléter une allure ou introduire une note inattendue. Le rapprochement entre Paul Newman, Miles Davis, David Bowie et Ian Fleming donne envie de chercher ce qui distingue leurs choix. On connaît leurs visages, leurs œuvres, parfois leurs habitudes vestimentaires. Leurs montres constituent un terrain moins familier, où la curiosité du lecteur peut précéder celle du collectionneur. Pas besoin de reconnaître immédiatement un modèle pour apprécier sa place dans une silhouette.

La photographie apporte ici quelque chose qu’une fiche technique ne peut pas restituer. Les proportions prennent un autre sens une fois la montre portée ; un bracelet métallique, un petit boîtier ou un cadran voyant se lisent différemment selon la tenue et l’époque. L’objet quitte alors la vitrine pour retrouver une présence humaine, avec tout ce qu’elle comporte de goûts personnels et de conventions sociales.

Cette diversité éloigne aussi le sujet du seul fantasme de la montre la plus chère. Une pièce offerte, un instrument professionnel ou un modèle porté pendant des années peuvent susciter autant d’intérêt qu’une rareté de collection. Leur histoire ne dépend pas uniquement du nom inscrit sur le cadran.

Paru chez Eyrolles et proposé à 24,90 euros, Les hommes célèbres et leurs montres aborde ainsi l’horlogerie par le portrait. De quoi nourrir une envie de collection, peut-être, mais aussi regarder sa propre montre autrement. Sans avoir la carrière de Paul Newman, on peut déjà se demander ce qui nous a donné envie de la choisir... et pourquoi on continue de la porter !

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Source: DR

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Automobiles ou horlogères, j'aime les belles mécaniques et tout ce qui s'y rapporte. Les voitures et les montres, c'est mon quotidien pour le Journal des Seniors !

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