Alors que les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir produire leur propre électricité, la mésaventure de centaines de clients d’Oscaro Power jette une ombre sur le secteur. Liquidée en janvier 2025, l’entreprise spécialisée dans les kits solaires en autoconsommation a laissé derrière elle une vague de clients floués. L’UFC-Que Choisir, qui a recensé un nombre croissant de plaintes, alerte les consommateurs sur les risques liés à certaines offres trop belles pour être vraies.
Kits solaires en rade : l’UFC-Que Choisir met en garde contre les pratiques d’Oscaro Power

Une marque en déroute, des clients abandonnés
Oscaro Power, filiale d’Oscaro (connue dans la vente de pièces détachées automobiles), s’était lancée en 2021 sur le marché porteur de l’autoconsommation solaire. L’entreprise proposait des kits photovoltaïques à monter soi-même, présentés comme une solution simple, rentable et rapide pour réduire sa facture d’électricité.
Mais à partir de 2023, les retards de livraison se sont multipliés, puis les demandes de remboursement sont restées sans réponse, malgré les relances. En janvier 2025, la société est officiellement placée en liquidation judiciaire. Pour de nombreux clients, ni les panneaux, ni leur argent n’ont été récupérés.
L’UFC-Que Choisir, saisie par plusieurs dizaines de consommateurs dès 2024, dénonce un système où les engagements commerciaux n’ont pas été tenus et où les recours restent difficiles, voire impossibles une fois l’entreprise disparue.
Des témoignages de plus en plus nombreux
Les profils des victimes sont variés : jeunes ménages séduits par l’idée de réduire leur facture, retraités en quête d’indépendance énergétique, familles rurales attirées par l’autonomie… Tous ont un point commun : ils ont fait confiance à une enseigne réputée.
Voici un aperçu des cas recensés par les antennes locales de l’UFC-Que Choisir :
| Problème signalé | Part des témoignages | Montant moyen engagé |
|---|---|---|
| Non-livraison totale du matériel | 45 % | 3 500 € |
| Livraison partielle sans suivi technique | 30 % | 2 800 € |
| Remboursement promis mais non effectué | 20 % | 2 000 € |
| Matériel défectueux, sans support SAV | 5 % | 1 500 € |
Pour certains clients, les sommes engagées représentent plusieurs mois d’économies. Pire encore : certains ont souscrit un crédit pour financer leur kit, qu’ils doivent continuer à rembourser malgré l’absence de produit livré.
L’UFC-Que Choisir appelle à une vigilance renforcée
Dans ce contexte, l’association appelle à renforcer l’encadrement des vendeurs de solutions solaires, en particulier ceux qui ne proposent pas d’installation professionnelle. Car si l’autoconsommation connaît un engouement croissant, toutes les offres ne se valent pas, et certaines peuvent s’apparenter à de véritables escroqueries.
L’UFC-Que Choisir recommande plusieurs précautions avant tout engagement :
- Éviter les paiements en une seule fois avant livraison,
- Vérifier l’immatriculation de l’entreprise et sa santé financière (notamment via Infogreffe),
- Privilégier les acteurs référencés par les institutions publiques, notamment via le site officiel france-renov.gouv.fr,
- Consulter les avis sur plusieurs plateformes indépendantes,
- Exiger des garanties écrites (conditions de SAV, délais, modalités de remboursement).
Une transition énergétique qui ne doit pas être source d’abus
La mésaventure d’Oscaro Power révèle une tension croissante : l’intérêt pour le solaire individuel progresse, mais la réglementation ne suit pas toujours le rythme du marché. L’UFC-Que Choisir appelle donc l’État à :
- Mieux encadrer la vente en ligne de kits solaires,
- Créer un label de confiance pour les fournisseurs de matériel en autoconsommation,
- Renforcer les contrôles avant attribution des aides ou subventions.
L’association encourage également les consommateurs lésés à signaler les abus via la plateforme publique SignalConso, afin de nourrir les procédures collectives et éviter que d’autres ne tombent dans les mêmes pièges.
L’ombre d’une confiance brisée
Oscaro Power n’est pas un cas isolé. La course à l’équipement domestique durable attire aussi des acteurs opportunistes, dont la chute entraîne non seulement des pertes financières, mais aussi une perte de confiance dans des solutions pourtant cruciales pour la transition énergétique.
Alors que les prix de l’énergie restent élevés, la tentation est grande d’investir dans des solutions alternatives. Mais comme le rappelle l’UFC-Que Choisir : « Une transition énergétique réussie passe aussi par la protection des consommateurs. »
Le soleil peut illuminer la maison… à condition de ne pas confier son installation à une entreprise qui s’éclipse.