Laisser sa télévision allumée toute la journée sans la regarder coûte bien plus cher qu’on ne l’imagine. Entre 71 et 100 euros par an pour une seule TV, ce gaspillage énergétique peut facilement doubler avec une box internet et d’autres appareils en veille. Des solutions simples existent pour diviser cette facture par deux.
Votre télé est allumée depuis ce matin et personne ne la regarde : savez-vous combien ça coûte sur un an ?

La télé allumée depuis le matin pendant qu'on prend son café, fait la vaisselle, lit son journal ou simplement vaque à ses occupations : c'est une habitude très ancrée dans les foyers français. Confortable, rassurante, presque invisible. Mais cette présence permanente de l'écran a un coût bien réel, que peu de gens ont jamais pris la peine de calculer.
À retenir
- Une TV LED allumée 10h par jour coûte environ 71€ par an d'électricité gaspillée
- La box internet oubliée en veille consomme autant que la télévision elle-même
- Trois gestes simples (luminosité, multiprise, minuteur) réduisent de 20 à 30% la consommation sans effort
Ce que l'écran consomme quand personne ne le regarde
Une télévision allumée consomme de 40 à 250 watts par heure selon la taille et la technologie de l'écran. Un téléviseur LED 55 pouces, format très courant dans les salons français, tourne aux alentours de 100 watts. Selon l'ADEME, la consommation énergétique moyenne d'un téléviseur principal, utilisé environ 6 h 46 par jour, est estimée à 187 kWh par an. Ce chiffre intègre une utilisation active — c'est-à-dire quelqu'un devant l'écran. Dès qu'on ajoute les heures de fond sonore, le compteur s'emballe.
Faisons le calcul concret. La formule est simple : puissance de l'appareil en watts multipliée par le temps d'utilisation quotidien, multiplié par 365, divisé par 1 000 pour obtenir des kilowattheures. Un téléviseur LED de 100 W laissé allumé 10 heures par jour, ce n'est pas exceptionnel pour un foyer où l'écran accompagne le déjeuner, l'après-midi et la soirée — consomme ainsi 365 kWh sur l'année. Presque le double de la moyenne ADEME. En mai 2026, le prix du kWh au tarif réglementé s'établit à 0,1940 € en option Base, l'offre dont bénéficient plus de 20 millions de ménages français. Cela porte la facture annuelle de ce seul téléviseur à environ 71 euros. Pour rien, ou presque.
La télévision représente environ 4 % de la facture d'électricité d'un foyer. Ce pourcentage paraît modeste, mais il suffit d'une ou deux habitudes non contrôlées pour le voir grimper. Et beaucoup de foyers ont deux téléviseurs. Selon l'ADEME, un ménage sur deux possède au moins deux téléviseurs.
La box TV, grande oubliée de l'équation
On parle toujours de la télé, jamais de ce qui l'entoure. C'est une erreur de calcul courante. Si le téléviseur n'est pas le poste le plus énergivore, il fonctionne généralement associé à une box internet, et on oublie souvent d'éteindre la box en même temps. Elle fonctionne alors "à vide" et peut, sur une année, consommer autant voire plus d'électricité que la TV elle-même.
La box internet consomme plus de 100 kWh par an si on la laisse allumée 24 h/24, soit environ 24 euros par an. Ajoutez une soundbar, un décodeur TNT ou une console de jeux laissée en veille : le poste multimédia devient un vrai gouffre discret. Une Smart TV en veille maintient activement des connexions Wi-Fi ou Ethernet pour les mises à jour logicielles, ce qui peut augmenter la consommation d'énergie inutilement. Le tout sans que vous regardiez quoi que ce soit.
Un chiffre pour mettre les choses en perspective : les Français passent en moyenne 4 h 23 par jour devant leur écran selon Médiamétrie, et la consommation cachée de la TV pourrait coûter jusqu'à 90 euros par an pour les modèles les plus gourmands. Si vous faites partie des foyers où l'écran reste allumé bien au-delà de ces 4 heures effectives, la note annuelle dépasse confortablement les 100 euros.
Quelques ajustements qui changent vraiment la donne
Réduire la consommation de son téléviseur ne demande ni sacrifice ni expertise technique. Le premier levier, souvent ignoré, concerne la luminosité. En allant dans les paramètres de votre téléviseur, rubrique alimentation et énergie, vous pouvez activer le mode économie d'énergie et ajuster la luminosité. Plus la luminosité est intense, plus vous consommez, c'est d'ailleurs le principal élément consommateur d'énergie de l'appareil. Baisser la luminosité de moitié et activer le mode éco permettent d'économiser 20 à 30 % sans perte de confort.
Le deuxième levier, c'est la multiprise à interrupteur. Pour supprimer totalement la consommation en veille, il suffit d'utiliser une multiprise avec interrupteur pour couper l'alimentation de l'ensemble du poste multimédia : TV, box, enceintes, console. Un geste qui prend une seconde. Le troisième : le minuteur. Le minuteur de mise en veille est idéal pour éviter que la télévision reste allumée inutilement si vous vous endormez devant. Une fonction présente sur presque tous les téléviseurs récents, réglable en quelques secondes depuis les paramètres, et que quasiment personne n'utilise.
Côté technologie, l'ADEME indique que choisir un appareil de classe D plutôt que de classe G permet de réaliser 40 % d'économies d'énergie. Et la taille de l'écran compte autant que la technologie : un écran 65 pouces consomme en moyenne 3 à 5 fois plus qu'un écran 32 pouces, quelle que soit la technologie. Un point à peser sérieusement avant le prochain achat.
Ce que ça représente sur une vie de retraité
Les plus de 65 ans sont les plus grands consommateurs de télévision en France. Selon l'Arcom, les plus de 65 ans passent en moyenne 4 h 56 par jour devant les écrans, majoritairement devant la télévision gratuite en direct. Ajoutez les habitudes de fond sonore, et l'on arrive facilement à 8 ou 9 heures d'écran allumé quotidiennement dans certains foyers.
Sur dix ans, une télévision LED de grande taille allumée 9 heures par jour représente plus de 800 euros dépensés en électricité. Pour un écran qui regarde souvent dans le vide. La bonne nouvelle, c'est que une télévision allumée 4 heures par jour émet en moyenne 30 kg de CO₂ annuels, soit l'équivalent de 150 km parcourus en voiture, et diviser par deux le temps d'utilisation non intentionnelle divise aussi cet impact par deux. Des économies sur la facture, un gain environnemental, et, selon les spécialistes du sommeil, une meilleure qualité de nuit pour ceux qui ont l'habitude de s'endormir avec le programme encore allumé : le bruit de fond multiplie les micro-réveils et génère un sommeil léger non réparateur. Trois bonnes raisons pour le prix d'une multiprise à interrupteur.
Sources : smartconnecte.com | linformatique.org