On croit que le jet lag est le même partout, mais votre corps déteste voyager dans cette direction précise

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Par Joanie C

Les voyages long-courriers font rêver. Mais une fois arrivé à destination, le corps ne suit pas toujours l’enthousiasme. Fatigue intense en pleine journée, réveils nocturnes, appétit déréglé, sensation de brouillard mental… Le décalage horaire peut transformer les premiers jours sur place en période d’adaptation pénible.

On attribue souvent cet état au nombre d’heures passées en avion. Pourtant, tous les vols intercontinentaux n’ont pas le même impact. Ce n’est pas seulement la distance qui compte, mais la direction. Traverser plusieurs fuseaux horaires vers l’est ne provoque pas les mêmes effets que voyager vers l’ouest. Et cela s’explique par la façon dont fonctionne notre horloge biologique.

Tous les décalages horaires ne se valent pas

Lorsqu’on traverse plusieurs fuseaux horaires, l’horloge interne qui régule le cycle veille-sommeil doit se recaler sur l’heure locale. C’est ce décalage entre l’heure biologique et l’heure du pays d’arrivée qui provoque le jet lag.

Beaucoup pensent que six heures de décalage vers l’Asie demandent le même effort d’adaptation que six heures vers les États-Unis. En réalité, l’organisme ne réagit pas de manière symétrique.

Notre horloge interne n’est pas parfaitement réglée sur 24 heures. En conditions expérimentales (sans repères lumineux extérieurs), le rythme circadien humain dépasse légèrement 24 heures, en moyenne autour de 24,1 à 24,3 heures. Autrement dit, notre corps a naturellement plus de facilité à rallonger une journée qu’à la raccourcir.

C’est cette caractéristique qui explique la différence entre un voyage vers l’est et un voyage vers l’ouest.

Voyager vers l’est : avancer son horloge est plus difficile

Partir vers l’est (par exemple de l’Europe vers l’Asie ou de l’Amérique vers l’Europe) oblige l’organisme à avancer son rythme interne. Il faut se coucher plus tôt que d’habitude et se réveiller alors que le corps considère encore qu’il est en pleine nuit.

C’est précisément ce qui rend l’adaptation plus compliquée. S’endormir avant que la sécrétion de mélatonine n’ait commencé est difficile. Se lever lorsque la température corporelle est encore basse l’est tout autant.

En moyenne, l’organisme met environ un jour par fuseau horaire traversé pour se réadapter vers l’est, même si cette durée varie selon l’âge, les habitudes de sommeil et l’exposition à la lumière.

C’est pourquoi les voyages dans ce sens s’accompagnent plus souvent de :

  • difficultés d’endormissement,

  • réveils très matinaux,

  • somnolence marquée en journée,

  • troubles digestifs temporaires.

Voyager vers l’ouest : une adaptation généralement plus simple

À l’inverse, se déplacer vers l’ouest revient à retarder son horloge interne. La journée s’allonge artificiellement. Il suffit alors de rester éveillé un peu plus longtemps.

Or, biologiquement, retarder le sommeil est plus facile qu’avancer l’heure du coucher. Le corps tolère mieux ce type de modification.

L’adaptation vers l’ouest est donc souvent plus rapide. En moyenne, l’organisme peut s’ajuster à raison d’environ un à deux fuseaux horaires par jour, selon les individus.

La fatigue ressentie ressemble davantage à une dette de sommeil qu’à un véritable dérèglement interne.

La lumière : le principal outil d’adaptation

La clé de l’ajustement repose sur un facteur essentiel : la lumière.

La lumière naturelle agit directement sur l’horloge biologique en influençant la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.

  • Après un voyage vers l’est : il est recommandé de s’exposer à la lumière le matin pour aider l’horloge à avancer.

  • Après un voyage vers l’ouest : l’exposition à la lumière en fin d’après-midi ou en début de soirée facilite le retardement du rythme.

À l’inverse, s’exposer à la lumière au mauvais moment peut prolonger le décalage.

La sieste doit également être utilisée avec prudence : trop longue ou mal placée, elle peut retarder l’adaptation, notamment après un vol vers l’ouest.

Anticiper pour mieux récupérer

Comprendre que le sens du voyage influence la récupération permet d’adopter une stratégie adaptée.

Vers l’ouest, l’organisme suit une tendance naturelle à rallonger la journée.
Vers l’est, l’adaptation demande davantage de patience et d’organisation.

Ce phénomène n’a rien de psychologique : il repose sur des mécanismes biologiques bien étudiés. En tenant compte de ces paramètres:  exposition à la lumière, gestion du sommeil, rythme des repas... il est possible de limiter les effets du jet lag et de profiter plus rapidement de son séjour.

Profil Joanie

Rédactrice lifestyle depuis plus de 10 ans, mon terrain de jeu favori, c'est le voyage. Conseils, idées de destinations, bons plans, expériences vécues… J'aime raconter les destinations telles qu'elles sont vraiment.

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