Le Gargano, cet éperon rocheux du nord des Pouilles, cache des criques et falaises rivalisant avec Positano, mais sans les foules ni les prix vertigineux. Entre Vieste, Peschici et Mattinata, découvrez une côte adriatique préservée où un séjour coûte trois fois moins cher que la célébrissime côte amalfitaine.
J’ai découvert cette côte du Gargano par hasard : quand j’ai vu les prix affichés face aux criques, j’ai compris ce que Positano me coûtait pour rien

Un parking gratuit face à une eau turquoise à faire pâlir Capri, un menu de poisson du jour à un prix qui tient encore la route, une chambre avec vue sur les falaises sans les trois chiffres habituels : voilà ce qui attend celui qui bifurque vers le Gargano plutôt que vers la côte amalfitaine. Cet éperon calcaire planté au nord des Pouilles, dans l'Adriatique, cache des criques et des falaises qui n'ont rien à envier à Positano. Sauf le prix. Et la foule.
Le Gargano, c'est ce morceau de terre qui casse la ligne plate du talon italien. Surnommé « l'éperon de la botte » italienne, le massif du Gargano est une avancée montagneuse et sauvage dans la mer Adriatique, protégée depuis 1991 par l'un des plus grands parcs nationaux d'Italie. Ici, pas de minibus qui se faufilent entre deux cars de touristes coréens, pas de réservation obligatoire six mois à l'avance pour poser une serviette. L'entrée au parc national est d'ailleurs entièrement gratuite, contrairement à certains sites payants qui fleurissent sur la côte amalfitaine. Un détail qui change tout quand on visite en famille ou qu'on aime s'arrêter sans compter.
À retenir
- Des falaises de calcaire blanc et des eaux turquoise identiques à Positano, mais avec des parkings gratuits et des repas à prix humain
- Un parc national entièrement gratuit offrant randonnées iconiques et 87 variétés d'orchidées sauvages que nulle côte amalfitaine ne possède
- L'archipel des Tremiti à proximité : une réserve marine protégée plus exclusive et moins chère que l'excursion à Capri depuis Positano
Des falaises qui rivalisent avec Positano, sans le prix du décor
La comparaison n'a rien d'exagéré. Le Gargano est l'âme sauvage des Pouilles. Ici, d'imposantes falaises de calcaire blanc plongent à pic dans une mer émeraude, dessinant des paysages à couper le souffle, royaume des baies de galets, des grottes mystérieuses et des panoramas iconiques. La star locale s'appelle Baia delle Zagare, nichée près de Mattinata : c'est sans doute la plage emblématique du Gargano, célèbre pour ses deux majestueux faraglioni de roche blanche émergeant des flots, une grève de galets clairs qui doit son nom aux fleurs d'oranger environnantes. À quelques encablures, Vignanotica offre un autre spectacle : nichée entre Vieste et Mattinata, cette demi-lune de sable et de gravier est surplombée par une falaise de craie spectaculaire, avec des eaux cristallines et des cavités marines idéales pour le snorkeling.
Le sentier qui relie ces deux baies mérite qu'on s'y attarde. Les randonneurs qui l'ont arpenté le surnomment carrément le parcours de l'amour, tant le trajet entre Vignanotica et Baia delle Zagare est considéré comme une des plus belles randonnées en Italie, impossible à ne pas tomber amoureux de ce paysage. Deux heures de marche, zéro navette payante, zéro file d'attente pour un ascenseur panoramique donnant sur une plage privée hors de prix. Juste vous, le calcaire blanc et l'Adriatique en contrebas.
Vieste, Peschici, Mattinata : trois villages, trois ambiances, un même budget maîtrisé
Contrairement à Positano, écrasée sur sa pente unique, le Gargano égrène ses villages sans jamais donner l'impression de jouer à guichets fermés. Vieste, considérée comme la capitale touristique du Gargano, charme par son centre historique perché sur une péninsule rocheuse, son dédale de ruelles blanches et le monolithe de Pizzomunno qui se dresse sur sa plage principale. Elle attire du monde, c'est vrai : elle est commodément appelée la perle du Gargano et reste la destination préférée des Pouilles avec plus de deux millions de visiteurs par an. Mais la comparaison avec les débordements de la côte amalfitaine en haute saison tourne vite court.
Un peu plus au nord, Peschici est un autre village côtier remarquable, avec ses maisons blanches surplombant la mer et son château médiéval. Et pour qui cherche encore plus de tranquillité, direction Mattinata, point de départ idéal vers les plus belles criques du secteur. Le calcul budgétaire parle de lui-même : un itinéraire type dans les Pouilles, incluant location de voiture, essence, logements en Airbnb ou Booking, parkings, courses et restaurants, tourne autour de 1200 euros pour deux personnes sur huit jours, hors avion, avec un logement moyen à 72 euros la nuit. Un montant qui ferait sourire n'importe quel propriétaire de villa sur les hauteurs de Positano.
Les Tremiti et la Foresta Umbra, deux arguments que Positano n'a pas
Positano possède Capri à portée de bateau. Le Gargano a mieux caché dans sa manche : l'archipel des Tremiti, à une trentaine de kilomètres au large. Ce petit archipel paradisiaque, classé réserve marine protégée, est un sanctuaire pour les passionnés de plongée et de nature intacte, où l'on appareille depuis San Domino et San Nicola pour découvrir des criques isolées comme Cala Matano, avec une transparence absolue des eaux qui en fait une étape d'une rare exclusivité. Aucune côte amalfitaine ne propose une telle excursion à ce niveau de prix modéré.
Et puis il y a cette forêt qu'on ne soupçonne pas en pensant "Pouilles". La Foresta Umbra, cœur verdoyant du parc, est une étape incontournable : cette forêt de hêtres et de chênes anciens, dont certains sont reconnus par l'UNESCO, s'étend sur près de 10 000 hectares. Un massif boisé de cette ampleur à quelques kilomètres de plages qui rivalisent avec les plus belles baies d'Italie, voilà un contraste que la côte amalfitaine, toute en pente et en citronniers, ne peut tout simplement pas offrir. Le Gargano joue sur deux tableaux, la mer et la montagne, là où Positano ne mise que sur un décor, magnifique certes, mais unique.
Le bon moment pour y aller, avant que le secret ne s'évente
Reste la question du calendrier. Le printemps et l'automne sont des saisons idéales : les températures y sont douces, la nature est florissante, notamment avec les orchidées sauvages au printemps, et la fréquentation touristique est moindre qu'en été. D'ailleurs, la région abrite une biodiversité qui surprend souvent les visiteurs venus surtout pour la mer : on y recense pas moins de 87 variétés d'orchidées spontanées qui fleurissent entre mars et avril, un chiffre qui place le Gargano parmi les zones les plus riches d'Europe pour cette famille de plantes. De quoi transformer une simple parenthèse balnéaire en vraie découverte naturaliste, sac à dos sur l'épaule et jumelles autour du cou.
👉 Un petit geste pour Journal des seniors ? Suivez-nous sur Google, ajoutez-nous à vos favoris et retrouvez-nous sur Google Actualités pour ne manquer aucun de nos articles.
Sources : cheminsdusud.com | thewomtravel.fr
