Un séjour prévu sur le bassin d'Arcachon, un billet de TGV en poche, une location réservée depuis des mois : et puis les incendies qui ravagent la Gironde et les Landes ont tout balayé. Des milliers d'hectares partis en fumée, un record historique selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, et des milliers de vacanciers contraints de revoir leurs plans dans l'urgence.
Face à cette situation, une question revient sans cesse : comment récupérer son argent quand la région où l'on doit poser ses valises est en feu ? Les règles applicables aux billets de train et aux locations diffèrent selon les situations. Voici ce qu'il faut retenir avant de céder à la panique.
À retenir
- La SNCF Voyageurs a prolongé l'annulation et l'échange sans frais des billets vers les zones touchées jusqu'au 31 juillet 2026 inclus.
- Trois options existent pour les billets concernés : échange, bon d'achat par e-mail ou remboursement sur le compte bancaire.
- Pour les locations, une évacuation ordonnée par la préfecture peut ouvrir droit à un remboursement au titre de la force majeure, mais l'appréciation reste au cas par cas.
Ce que prévoit la SNCF
La SNCF Voyageurs a prolongé l'annulation et l'échange sans frais jusqu'au vendredi 31 juillet 2026 inclus pour les zones touchées par les incendies en Gironde et dans les Landes. À l'origine, la recommandation gouvernementale portait sur la période du 25 au 27 juillet, avant que le ministre des Transports Philippe Tabarot ne demande son maintien jusqu'au 31 juillet, afin de ne pas gêner les interventions des secours.
Le dispositif concerne les TGV Inoui, les Ouigo et les Intercités. Il englobe aussi les TGV Paris-Bordeaux, même quand ils circulent normalement, ainsi que les Intercités Nantes-Bordeaux, Toulouse-Bordeaux ou Marseille-Bordeaux, l'idée étant de limiter le nombre de voyageurs entrant dans la zone. En revanche, les trains transitant par Bordeaux vers Toulouse, Périgueux ou Agen restent hors du dispositif.
Trois choix se présentent : échanger son billet, demander un bon d'achat envoyé par e-mail ou obtenir un remboursement directement sur son compte bancaire. Sur le terrain, SNCF Voyageurs a renforcé la présence d'équipes dans les gares, et les clients dont le train a été supprimé sont contactés. Rappelons que le réseau ferré a interrompu la totalité des circulations au sud de Bordeaux à la demande de la préfecture de la Gironde : plus de trains vers Arcachon, Hendaye ou Tarbes, et les Intercités de nuit Paris-Tarbes sont eux aussi à l'arrêt dans les deux sens.
Le levier de la force majeure pour la location
Côté hébergement, le raisonnement est différent. Le principe général : si le camping ou l'hôtel ferme, le remboursement est normalement dû ; si le vacancier renonce seul alors que l'établissement reste ouvert, rien n'est automatique. Les réservations situées dans des zones interdites d'accès par la préfecture sont intégralement remboursées, en application du Code du tourisme. Pour les zones où l'accès reste autorisé, tout se règle au cas par cas.
La notion clé, c'est celle de force majeure, définie par l'article 1218 du Code civil : un événement imprévisible au moment du contrat qui rend son exécution impossible. Une évacuation ordonnée par la préfecture peut la caractériser, mais l'appréciation se fait au cas par cas. Quand elle est retenue, les pénalités d'annulation tombent et le locataire peut demander le remboursement des sommes versées. Sinon, tout dépend de la nature du versement : avec des arrhes, le locataire qui annule les perd, et le propriétaire qui renonce doit en restituer le double ; avec un acompte, le contrat est ferme, sauf accord amiable. Une assurance annulation peut aussi accélérer l'indemnisation, tandis que l'assurance habitation du propriétaire couvre les dommages au logement. Une vacancière a obtenu un remboursement intégral de son séjour renoncé à La Teste-de-Buch via sa plateforme de réservation.
Les réflexes à avoir avant de baisser les bras
Avant toute chose, il faut vérifier si le lieu de séjour se trouve dans une zone visée par un arrêté préfectoral. C'est ce document qui fait basculer le dossier vers un remboursement quasi automatique. En dehors de ce cadre, la simple inquiétude ne suffit pas à obtenir gain de cause : si la zone est redevenue accessible avant le début du séjour, les conditions contractuelles reprennent le dessus. Michel Laur, directeur général de la Fédération nationale des Gîtes de France, rappelle qu'un report peut néanmoins être proposé quand le voyageur ne peut vraiment pas se rendre sur place, par exemple si son train est supprimé, même en zone non concernée par un arrêté.
En cas de désaccord persistant, un juge peut être amené à trancher. Pour les séjours à venir, notamment sur le bassin d'Arcachon, les conditions applicables dépendent notamment de l'accessibilité de la zone et des mesures préfectorales en vigueur.
Renoncer à des vacances tant attendues laisse toujours un goût amer, surtout quand il a fallu comprendre ses droits. Les possibilités d'annulation, d'échange et de remboursement dépendent toutefois de la situation du train, du lieu de séjour et des mesures prises par les autorités. Reste une question : comment rendre ces règles plus lisibles pour les vacanciers ?


