Pourquoi ce changement maintenant ?
L’Union européenne souhaite aller plus loin dans la lutte contre les équipements trop gourmands en énergie, responsables d’une part importante des émissions domestiques. En France, ces appareils représentent plus de 50 % de la consommation électrique d’un foyer.
Face à cet enjeu, une nouvelle directive applicable à partir de juin 2025 prévoit :
- Un durcissement des seuils de classement (A à G), déjà revus en 2021, mais renforcés avec une mise à jour des coefficients.
- Une mention d’alerte visible pour les produits considérés comme particulièrement énergivores par rapport à leur catégorie.
- Un affichage obligatoire de la consommation annuelle simulée, pour tous les modèles vendus en magasin ou en ligne.
Quels sont les appareils concernés ?
L’ensemble des équipements suivants est visé par ce nouveau dispositif :
- Réfrigérateurs et congélateurs
- Lave-linge et sèche-linge
- Chauffe-eau électriques
- Téléviseurs et écrans
- Lave-vaisselle
- Cuisinières, fours électriques
- Climatiseurs mobiles et fixes
Les modèles anciens ou bas de gamme seront les plus concernés, car ils peinent à répondre aux nouvelles normes sans améliorer leur technologie.
Voici un tableau synthétique des changements attendus :
| Appareil |
Ancien classement courant |
Nouveau classement probable |
Mention d’alerte à prévoir |
| Chauffe-eau électrique standard |
B ou C |
D ou E |
À surveiller |
| Lave-linge entrée de gamme |
A+ |
E |
Énergivore |
| Téléviseur 42’’ sans régulation |
B |
F |
Consommation excessive |
| Réfrigérateur combiné >10 ans |
C |
G |
Risque énergétique |
Ces mentions ne sont pas qu’informatives : elles peuvent avoir un effet dissuasif sur l’achat, et impacter la revente ou le renouvellement d’un équipement via des aides.
Ce que cela change pour le consommateur
Dès l’été 2025, les consommateurs devront faire attention à plusieurs éléments nouveaux :
- La présence d’un pictogramme rouge ou orange sur les étiquettes pour les appareils les plus consommateurs.
- La perte d’éligibilité à certaines aides (prime énergie, bonus de remplacement) pour les modèles mal classés.
- Le refus possible d’une prise en charge ou d’un remboursement dans certains contrats d’assurance ou d'extension de garantie.
Les aides à l’achat seront désormais conditionnées au classement énergétique strict. Par exemple, un chauffe-eau classé E ne sera plus subventionné dans le cadre des aides “MaPrimeRénov’” ou des CEE (certificats d’économie d’énergie).
Un impact aussi sur la seconde main et les locations
Les particuliers vendant un appareil électroménager d’occasion devront fournir l’étiquette énergétique mise à jour, avec la nouvelle classification. Faute de quoi, l’annonce pourra être retirée de certaines plateformes de vente entre particuliers.
De même, les propriétaires bailleurs devront s’assurer que les équipements mis à disposition dans les logements loués ne figurent pas dans les catégories “à risque”, sous peine de devoir les remplacer avant un changement de locataire.
Comment s’adapter à cette nouvelle norme
Pour ne pas subir ces changements, voici quelques recommandations simples :
- Vérifiez le classement réel de vos appareils actuels sur les bases en ligne mises à disposition par l’ADEME ou l’ANAH.
- Anticipez les remplacements si vous possédez des équipements anciens classés D, E ou pire, surtout pour le chauffe-eau ou le réfrigérateur.
- Privilégiez les modèles avec affichage clair de la consommation annuelle, plus transparents et comparables entre marques.
- Lisez attentivement les conditions des aides, qui peuvent exclure certains modèles sans que cela soit immédiatement visible en magasin.
Une pression renforcée pour consommer “mieux”
Ce nouvel étiquetage vise à orienter les Français vers des choix plus responsables, mais il risque aussi de faire grimper les prix des équipements bien notés, devenus éligibles à des aides et plus demandés. Il faut donc s’attendre à une double pression : celle du budget à l’achat, et celle du coût de fonctionnement à long terme.
Pour de nombreux ménages, notamment les retraités à revenus modestes, le choix d’un appareil ménager devient désormais un acte à la fois écologique… et stratégique.