C’est l’un des cancers les plus redoutables… et pourtant l’un des plus évitables. Le mélanome, une forme agressive de cancer de la peau, touche de plus en plus de Français chaque année. Selon les données de Santé publique France, le nombre de cas a été multiplié par cinq chez les hommes en trois décennies. Une progression fulgurante qui interpelle, d’autant plus que les causes de cette maladie sont parfaitement identifiées, en premier lieu l’exposition au soleil. La bonne nouvelle ? Trois gestes simples peuvent considérablement réduire le risque de développer un mélanome, à condition d’être adoptés sérieusement et durablement.
Seuls ceux qui appliquent ces 3 gestes simples réduisent vraiment leur risque de mélanome

Le danger n’est pas là où on l’imagine
Trop de personnes continuent de croire que seules les peaux très claires ou les longues expositions sur la plage sont problématiques. En réalité, tout le monde est concerné, y compris ceux qui travaillent en extérieur, jardinent ou marchent sous un soleil de printemps. Les rayons UV sont invisibles mais actifs toute l’année, et leur pouvoir cancérigène est désormais bien établi.
« Les UV pénètrent profondément dans la peau, abîment l’ADN des cellules pigmentaires et affaiblissent le système immunitaire », explique le Pr Stéphane Dalle, dermato-oncologue à Lyon. À force d’expositions répétées, la capacité de réparation de la peau s’épuise. Le risque devient alors réel, d’autant plus élevé si l’on a des antécédents familiaux ou plus de 40 grains de beauté, un critère de vigilance.
1. Éviter le soleil aux heures les plus dangereuses
C’est le geste le plus efficace mais aussi le moins respecté. Entre 12h et 16h, les rayons UVB sont à leur intensité maximale. Pourtant, près de 4 Français sur 5 continuent de s’exposer à ces heures, selon le Syndicat national des dermatologues-vénérologues.
Ne pas sortir entre midi et 16h, ou rester systématiquement à l’ombre à ces moments-là, réduit directement la dose d’UV reçue par la peau, et donc le risque de mutation des cellules cutanées. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas « une bonne exposition pour bronzer plus vite », mais le moment où les coups de soleil sont les plus probables, surtout chez les enfants.
2. Se couvrir correctement (et pas seulement à la plage)
Les vêtements sont la meilleure des protections, bien plus efficaces que la crème solaire à elle seule. Pour se protéger efficacement :
- Porter un chapeau à larges bords et non une simple casquette
- Mettre des lunettes de soleil homologuées UV400
- Choisir des vêtements à manches longues de couleur foncée ou traités anti-UV
Ces gestes doivent s’appliquer même en dehors des vacances. « Ce n’est pas parce qu’on est en promenade à la campagne ou en train de bricoler que les rayons UV sont inactifs », rappellent les professionnels de santé.
3. Utiliser la crème solaire intelligemment
Appliquer une crème solaire est utile, à condition de le faire correctement :
- Choisir un indice de protection 50+
- Appliquer généreusement sur toutes les zones exposées, y compris oreilles, nuque, pieds, dos des mains
- Renouveler toutes les deux heures, et après chaque baignade ou forte transpiration
Beaucoup pensent qu’une seule application suffit pour toute la journée, ce qui est faux. La crème solaire est un complément, pas une autorisation à s’exposer indéfiniment.
Ces 3 gestes comparés aux erreurs les plus fréquentes
Voici un tableau qui synthétise les bonnes pratiques et les erreurs encore trop fréquentes :
| Bon geste | Erreur fréquente |
|---|---|
| Rester à l’ombre entre 12h et 16h | S’exposer au soleil à midi pour “bronzer plus vite” |
| Porter chapeau, manches longues et lunettes | Se contenter d’un tee-shirt et d’une casquette |
| Crème solaire 50+ appliquée toutes les 2h | Une seule application le matin |
| Ne jamais exposer les enfants de moins de 3 ans | Laisser jouer les enfants au soleil sans protection |
| Être vigilant même hors vacances (jardin, randonnée, ville…) | Croire que le soleil est dangereux uniquement à la plage |
Une prévention encore trop négligée
Malgré les campagnes de sensibilisation, une majorité de Français ne respecte pas ces règles. L’idée qu’un bronzage est synonyme de bonne santé reste profondément ancrée. Et beaucoup continuent de minimiser les risques en se disant « ça n’arrive qu’aux autres ».
Or, le mélanome peut toucher dès l’âge de 30 ans et son traitement, bien que possible s’il est pris à temps, reste complexe. Une fois qu’il s’est propagé, le pronostic devient sévère. D’où l’importance de la prévention primaire.
Ce qu’il faut retenir
Le mélanome n’est pas une fatalité. Dans une très large majorité des cas, il pourrait être évité avec trois réflexes simples et gratuits : éviter le soleil aux heures critiques, se couvrir correctement, et bien utiliser sa crème solaire.
Face à une maladie évitable mais en forte croissance, ceux qui appliquent ces gestes font clairement la différence. Pas besoin d’être un spécialiste : juste un peu de bon sens, et surtout de constance.
Source : Santé Le Figaro