Je rangeais la Slovénie dans la case « voyage compliqué » : 5 jours en février m’ont prouvé que j’avais tout faux

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Par L'équipe JDS

Je le reconnais : avant ce voyage, je rangeais la Slovénie dans la case « petit pays compliqué, voyage à préparer longtemps à l’avance, on verra plus tard ». Cinq jours sur place en février ont suffi pour démonter cette idée. Voici ce que j’en retiens, à l’invitation de l’Office de tourisme slovène.

Un vol direct, pas de correspondance, pas de stress

Premier point qui compte si comme moi vous n’aimez plus trop les longs trajets : Ljubljana est à 1 h 50 de vol direct depuis Paris. Pas de gare à changer, pas de bagage à transférer, pas de connexion à rater. On embarque le matin, on est à pied d’œuvre pour le déjeuner.

Le décalage horaire est d’une heure. Autant dire qu’on l’oublie en arrivant.

Une mine de mercure qui m’a vraiment surpris

Première étape : Idrija, à une heure de route de l’aéroport. Une petite ville d’apparence discrète, classée à l’UNESCO depuis 2012 pour son patrimoine minier (en commun avec la mine d’Almadén en Espagne).

Le mercure y a été découvert en 1490, et la galerie qu’on visite — l’Antonijev rov — a été creusée en 1500. C’est la plus ancienne entrée de mine encore préservée en Europe. On enfile le casque, on descend, on traverse plusieurs salles, on écoute les explications du guide. La visite est très immersive — on a vraiment l’impression d’avancer dans un espace de travail réel, là où des hommes ont extrait à la pioche pendant des siècles.

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Source: DR

On y mange aussi très bien. À midi, j’ai goûté les žlikrofi, ces raviolis traditionnels d’Idrija, à la Gostilna Mlinar. Et en fin d’après-midi, dégustation à la Maison des mineurs de geruš (la boisson des charbonniers) et de potica (le gâteau roulé slovène). La nuit s’est passée au Kendov Dvorec, un manoir Relais & Châteaux niché dans la campagne d’Idrija.

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Source: DR

Le Kurentovanje vu de l’intérieur

Le moment fort du voyage, c’est le carnaval Kurentovanje, à Ptuj — la plus ancienne ville de Slovénie. Le carnaval est inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO et Lonely Planet le classe parmi les dix plus singuliers au monde, aux côtés de Venise, Rio et la Nouvelle-Orléans.

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Avant le défilé, on a visité la Maison du Kurent (la Kurentova hiša), un petit musée du centre-ville, vraiment bien fait, qui explique tout : qui est le Kurent, pourquoi son rôle est de chasser l’hiver, comment on enfile un costume qui pèse plus de 40 kilos. On y voit de près les masques cornus, les clochettes attachées en chaîne autour de la taille, et la ježevka — cette massue couverte de peau de hérisson. C’est impressionnant.

Et puis il y a le défilé lui-même, le dimanche après-midi. Je m’attendais à une foule compacte, façon Venise ou Nice. Pas du tout. L’ambiance est très, très familiale. Des enfants déguisés sur les épaules de leurs parents, des grands-parents qui reconnaissent un voisin sous le masque, des stands de friandises et de vin chaud, des animations pour les petits entre 14 h et 18 h. C’est avant tout une fête de village — qui se trouve avoir gagné une dimension internationale, avec cette année des participants venus de sept pays.

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Quand un Kurent passe à un mètre de vous, avec ses cornes, sa peau de mouton et ses dizaines de clochettes qui résonnent en cadence, on comprend pourquoi cette tradition s’est transmise sans rupture depuis des générations.

Une rencontre qui m’a touché : le moulin à huile de pépins de courge

L’autre moment du voyage que je raconterai longtemps, c’est la visite d’un moulin à huile familial dans la région de Štajerska. L’huile de pépins de courge de Styrie est une indication géographique protégée européenne depuis 2012. La tradition de fabrication remonte au XVIIIᵉ siècle — le plus ancien pressoir connu de la région a été construit en 1750.

La famille qui nous accueille travaille sur des machines plus que centenaires, transmises de génération en génération. Le patron en personne nous a fait la visite, étape par étape : les graines, le grillage, le pressage, la robe vert foncé presque rouge à la lumière, l’arôme dense de noisette grillée. Il parlait de son moulin comme on parle d’une histoire de famille. C’était passionnant.

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À la fin, on a goûté l’huile sur du fromage et sur de la glace à la vanille. Le mariage est étonnant et il fonctionne très bien. Si vous avez l’occasion d’en rapporter un flacon, n’hésitez pas — c’est une saveur qu’on ne trouve à peu près nulle part ailleurs.

La plus vieille vigne du monde

Avant-dernière étape : Maribor, la deuxième ville de Slovénie, à une heure et demie de route de Ptuj. La ville est calme, charmante, et son centre historique a un parfum d’Europe centrale qui rappelle un peu Vienne en plus intime.

L’attraction qu’on vient voir, c’est la Stara Trta : la vieille vigne. Plantée à la fin du Moyen Âge — vraisemblablement entre 1550 et 1570. Elle a aujourd’hui plus de 450 ans, et elle pousse toujours contre la façade d’une maison du quartier Lent, au bord de la Drava.

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Source: DR

En 2004, le Guinness World Records l’a reconnue comme la plus vieille vigne du monde encore en production. Elle a survécu au phylloxera des années 1870, l’épidémie qui a décimé la majorité du vignoble européen, grâce à sa position en bord de rivière qui l’a protégée de l’insecte. Chaque année, elle produit environ 25 litres de vin, embouteillés dans de petites bouteilles de 250 ml. Ces flacons sont offerts en cadeau cérémoniel par la ville à des invités de marque : le pape Benoît XVI, l’empereur Akihito du Japon ou même Arnold Schwarzenegger en ont reçu.

On a dégusté à la Maison de la Vieille Vigne, sur Vojašniška ulica, puis dîné au restaurant City Terasa juste à côté.

En pratique, si l’envie vous prend

Le vol. Vol direct depuis Paris en 1 h 50

Le climat. En février, comptez 0 à 5 °C en journée. Prévoir des vêtements chauds en couches, des chaussures imperméables et un foulard pour les défilés. Pas de difficulté particulière sur les routes principales.

Pour le carnaval. Le Kurentovanje a lieu chaque année autour du Mardi gras. La 67ᵉ édition se tiendra fin février 2027. Réservez l’hôtel à Ptuj plusieurs mois en avance — la ville se remplit vite ce week-end-là.

Pour préparer. L’Office de tourisme de Slovénie propose un site très complet en français (slovenia.info/fr) avec brochures téléchargeables. Pour la région autour de Ptuj, visitptuj.eu est une bonne entrée en matière.

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