J’ai passé quelques jours à Guernesey : à 1 heure de vol de Paris, j’ai trouvé l’archipel britannique le plus apaisant que je connaisse

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Par L'équipe JDS
Guernesey ©Vincent Charretier

J’ai longtemps imaginé les îles Anglo-Normandes comme une destination compliquée : ferry à attraper, formalités, météo capricieuse, distance vague entre la France et l’Angleterre. Quelques jours passés sur place ont démonté ces idées les unes après les autres. À une heure de vol de Paris seulement, Guernesey et sa petite voisine Sark offrent un vrai dépaysement, sans long trajet et sans organisation lourde. Voici ce que j’en retiens, à l’invitation de l’office de tourisme local.

Une heure de vol de Paris, et le décalage est immédiat

Premier point qui m’a surpris : on quitte Paris le matin, on est à St Peter Port pour le déjeuner. Pas de correspondance, pas de longue route, pas de stress logistique. Pour un séjour court — trois ou quatre jours suffisent largement — c’est l’idéal.

Et dès la sortie de l’aéroport, on sent que l’on n’est ni tout à fait en France ni vraiment en Angleterre. Les voitures roulent à gauche, les maisons sont en granit clair, les pancartes sont en anglais, mais beaucoup de noms de rues sont français. Un mélange singulier qui donne au séjour une saveur particulière.

St Peter Port, une capitale qu’on traverse à pied

La capitale de Guernesey est une petite ville d’environ 17 000 habitants. Tout se fait à pied. Les ruelles montent et descendent en pente douce depuis le port, les terrasses de cafés sont nombreuses, et le va-et-vient des bateaux donne au centre une animation constante mais jamais oppressante.

Sark, île voisine de Guernesey
Source: DR
Sark ©Vincent Charretier

En fin d’après-midi, quand la lumière baisse sur les façades pastel, l’ambiance est calme et élégante. On peut s’asseoir à une table, prendre un thé ou un verre, regarder le port s’éclairer doucement. Aucun bruit fort, aucune cohue. Pour un voyageur qui apprécie le rythme posé, c’est exactement ce qu’on espère.

Le soir, j’ai dîné au Fukku, un restaurant japonais au cœur de St Peter Port. Sashimis impeccables, service précis, ambiance feutrée. Une bonne adresse à recommander si vous séjournez sur place.

Vingt-sept baies, des plages presque pour soi seul

Guernesey est une île de moins de 25 kilomètres de tour, mais elle compte 27 baies et plages, toutes différentes les unes des autres. On passe en quelques minutes de la ville à la campagne, et de la campagne au littoral.

Mon arrêt préféré : Moulin Huet, la baie où Pierre-Auguste Renoir est venu poser son chevalet à la fin du XIXᵉ siècle. L’eau y est étonnamment limpide, presque turquoise quand le soleil tape sur la mer. La balade pour y descendre est facile, le panorama très beau. C’est l’un de ces endroits où l’on s’attarde sans en avoir l’intention au départ.

Le reste du littoral se découvre à pied, le long de sentiers côtiers entretenus, ou en voiture si vous préférez. L’île est suffisamment petite pour qu’on en fasse le tour complet en une journée sans se presser.

Une sortie en mer parmi les phoques

L’une des expériences que je garde du séjour, c’est une sortie en bateau au large de Guernesey. On longe les falaises, on s’écarte des côtes, et avec un peu de chance, on croise des phoques curieux qui s’approchent à quelques mètres du bord. Certains plus chanceux aperçoivent aussi des dauphins.

Comptez environ une heure d’excursion. La mer peut être un peu agitée, donc prévoyez des vêtements coupe-vent et, pour ceux qui y sont sensibles, un médicament contre le mal de mer avant de monter à bord.

Sark, l’île sans voitures à côté

À moins d’une heure de bateau de Guernesey, Sark change complètement de registre. C’est une petite île d’une vingtaine de kilomètres carrés, mais surtout c’est l’une des dernières destinations européennes où les voitures sont interdites. On y circule à pied, à vélo, ou en carriole tirée par un cheval.

Le silence frappe dès qu’on débarque. On entend la mer, le vent dans les haies, parfois le sabot d’un cheval sur le chemin de terre. C’est rare aujourd’hui, ce niveau de calme.

Les chemins de l’île mènent à des points de vue spectaculaires sur les falaises, à de petites criques, à quelques fermes qui vendent leurs productions sur place. Pas grand-chose à organiser : il suffit de marcher tranquillement, de prendre le temps de regarder. Une journée suffit pour faire le tour, mais on peut aussi y dormir une nuit pour profiter du ciel étoilé — Sark est classée Dark Sky Island, la première île au monde à avoir reçu ce label en 2011 pour la qualité de son ciel nocturne.

Ce qu’il faut savoir avant d’y aller

Le vol. Liaisons directes depuis Paris, comptez environ 1 heure. Plusieurs compagnies opèrent la ligne, à vérifier selon la saison.

Les monnaies. L’archipel utilise la livre sterling de Guernesey (équivalente à la livre britannique). Les cartes bancaires fonctionnent partout, mais il peut être utile d’avoir un peu d’espèces pour les petits commerces et les traversées de Sark.

La langue. Anglais partout. Quelques mots d’anglais de base suffisent largement — beaucoup d’insulaires parlent un peu de français et le service est très accueillant pour les visiteurs francophones.

Le climat. Tempéré toute l’année. Mai à septembre offre les meilleures conditions pour les balades côtières et les sorties en mer. Prévoyez toujours une veste coupe-vent — la mer est rarement loin et le temps peut changer vite.

Pour préparer. L’office de tourisme local tient un site très complet en français (visitguernsey.com) avec idées d’itinéraires et hébergements. Pour Sark, le site sark.co.uk regroupe les informations pratiques.

Quelques jours suffisent pour saisir ce que ces îles offrent : du dépaysement immédiat, un rythme posé, des paysages travaillés par la mer, et une qualité d’accueil qui rappelle pourquoi on voyage. Si vous hésitez à partir loin l’été prochain, Guernesey mérite vraiment d’être considérée.

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