Acheter une voiture hybride en pensant pouvoir effectuer l’essentiel de ses trajets quotidiens à l’électricité, puis découvrir quelques semaines plus tard que les passages à la pompe restent incontournables. La déconvenue est tout à fait possible, et elle tient parfois à un détail que certains automobilistes ne maîtrisent pas au moment de choisir leur véhicule.
Car derrière le mot « hybride » se cachent plusieurs technologies très différentes. Une hybride classique (HEV) et une hybride rechargeable (PHEV) associent toutes les deux un moteur thermique et un moteur électrique, mais leur utilisation quotidienne n’a rien de comparable.
Et pour quelqu’un qui espérait justement éviter la station-service sur ses petits trajets, la différence est capitale.
À retenir
- Une hybride classique (HEV) ne se branche pas et utilise une batterie relativement petite pour assister le moteur thermique et assurer certaines phases de conduite électrique.
- Une hybride rechargeable (PHEV) possède une batterie plus importante, rechargeable sur une prise ou une borne, qui permet généralement de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres principalement à l’électricité.
- Avant d’acheter, il faut donc vérifier le type d’hybridation, la présence d’une prise de recharge et l’autonomie électrique correspondant réellement à ses besoins.
La promesse séduisante de la voiture hybride
L’idée paraît simple : puisqu’une voiture est « hybride », elle possède un moteur électrique. On peut donc facilement imaginer effectuer les petits trajets du quotidien sans essence et ne solliciter le moteur thermique que pour les longues distances.
C’est effectivement possible avec certaines voitures.
Mais pas avec toutes.
Le terme « hybride » recouvre plusieurs technologies, allant de la micro-hybridation à l’hybride classique, en passant par l’hybride rechargeable. Et leurs capacités à fonctionner uniquement grâce à l’électricité sont très différentes.
C’est là que peut naître le malentendu.
Quelques semaines plus tard, les passages à la pompe continuent
Imaginons un automobiliste qui remplace son ancienne voiture diesel par une hybride classique en pensant pouvoir recharger sa batterie chaque soir et effectuer son trajet domicile-travail en électrique.
Il découvrirait rapidement que ce n’est tout simplement pas le fonctionnement de son véhicule.
Une hybride classique ne possède généralement aucune prise permettant de brancher la voiture sur une borne ou sur le secteur. Sa batterie récupère notamment de l’énergie lors des freinages et des décélérations, tandis que le système hybride gère automatiquement l’utilisation du moteur électrique et du moteur thermique.
Selon le véhicule et les conditions de circulation, une full hybrid peut effectivement rouler uniquement grâce à son moteur électrique pendant certaines phases.
Mais sa batterie reste beaucoup plus petite que celle d’une hybride rechargeable.
Il ne faut donc pas acheter une HEV en imaginant pouvoir systématiquement effectuer plusieurs dizaines de kilomètres quotidiens sans utiliser d’essence.
Le détail qui change tout : HEV ou PHEV ?
C’est ici que la différence devient essentielle.
Une hybride classique, ou HEV, associe moteur thermique, moteur électrique et batterie. L’électricité récupérée pendant la conduite permet notamment d’assister le moteur thermique et, sur les modèles full hybrid, d’assurer certaines phases de déplacement entièrement électriques.
Tout se fait automatiquement : le conducteur n’a pas besoin de brancher la voiture.
Une hybride rechargeable, ou PHEV, fonctionne différemment. Sa batterie possède une capacité nettement supérieure et peut être rechargée sur une prise ou une borne.
Lorsqu’elle est suffisamment chargée, elle peut généralement effectuer plusieurs dizaines de kilomètres principalement à l’électricité avant que le moteur thermique ne soit davantage sollicité.
Pour quelqu’un qui effectue chaque jour un trajet relativement court et dispose d’une solution de recharge à domicile ou au travail, cette différence peut donc complètement transformer l’utilisation du véhicule.
À l’inverse, un conducteur qui parcourt régulièrement de longues distances ou qui ne peut pas facilement recharger son véhicule n’en tirera pas nécessairement les mêmes bénéfices.
Trois vérifications à faire avant d’acheter
Avant de choisir une voiture simplement parce que le mot « hybride » apparaît sur sa fiche technique, mieux vaut donc regarder précisément son fonctionnement.
La première question est très simple : la voiture possède-t-elle une prise de recharge ?
Si ce n’est pas le cas, il ne s’agit pas d’une hybride rechargeable.
Il faut ensuite regarder l’autonomie électrique annoncée. Sur une PHEV, celle-ci peut atteindre plusieurs dizaines de kilomètres, voire davantage sur certains modèles récents. Comme pour une voiture électrique, l’autonomie réellement obtenue dépend toutefois des conditions d’utilisation : température extérieure, vitesse, relief, chauffage ou climatisation peuvent notamment la faire varier.
Enfin, il faut comparer cette autonomie à ses propres trajets.
Une autonomie électrique importante n’aura pas la même valeur pour quelqu’un parcourant 20 kilomètres par jour avec une borne dans son garage que pour un conducteur réalisant régulièrement plusieurs centaines de kilomètres sur autoroute.
Une hybride classique n’est pas pour autant un mauvais choix
Attention toutefois à ne pas tirer la conclusion inverse : une HEV n’est pas une mauvaise voiture simplement parce qu’elle ne permet pas de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en électrique.
L’hybridation permet notamment de récupérer une partie de l’énergie normalement perdue au freinage et d’utiliser le moteur électrique pour améliorer l’efficacité du groupe motopropulseur. Elle peut donc réduire la consommation de carburant, particulièrement dans certaines conditions de circulation comme les trajets urbains.
Mais ce n’est pas la même proposition qu’une hybride rechargeable.
Le véritable piège consiste donc moins à acheter une HEV qu’à acheter une technologie en pensant qu’elle en est une autre.
Avant de signer, mieux vaut ainsi oublier quelques instants le simple mot « hybride » et vérifier trois informations beaucoup plus concrètes : la voiture se branche-t-elle, quelle distance peut-elle réellement parcourir à l’électricité et cette distance correspond-elle à mes trajets quotidiens ?


