Le Livret d’Épargne Populaire offre un taux de 2,5%, soit deux fois plus que le Livret A à 1,5%, avec la même sécurité et flexibilité. Pourtant, 62% des Français éligibles, notamment parmi les retraités, ne l’ont jamais ouvert par méconnaissance. Les plafonds d’éligibilité ont été relevés en 2026 : vous êtes peut-être désormais concerné sans le savoir.
Après 60 ans, ce livret rapporte deux fois plus que le Livret A : pourtant la plupart des retraités éligibles ne l’ont jamais ouvert

Le Livret A à 1,5 %, le LEP à 2,5 %. Un écart d'un point qui, sur un capital de 10 000 euros, représente exactement 100 euros d'intérêts supplémentaires par an, nets d'impôt, sans risque, disponibles à tout moment. Pourtant, des millions de retraités éligibles laissent cet argent dormir sur leur Livret A faute d'avoir simplement ouvert un LEP. Pas par négligence, mais par méconnaissance d'un produit que les banques ne mettent guère en avant.
À retenir
- Un placement exonéré d'impôts et de prélèvements sociaux, oublié par des millions de retraités
- Les critères d'éligibilité 2026 ont changé : vérifiez votre avis d'imposition
- Jusqu'à 500€ de différence annuelle pour un couple, sans risque ni contrainte
Ce que les banques ne vous disent pas spontanément
Le Livret d'Épargne Populaire est un placement défiscalisé rémunéré à un taux bonifié. Régi par l'État comme le Livret A, il fonctionne sur le même principe de liquidité totale, les retraits sont possibles, sans contrainte : votre capital reste disponible. La différence tient en deux chiffres : depuis le 1er février 2026, le taux d'intérêt garanti pour le LEP est de 2,5 % contre 1,5 % pour le Livret A. Soit une rémunération deux tiers supérieure, pour exactement le même niveau de sécurité et de souplesse.
Ce qui rend ce produit particulièrement adapté aux retraités modestes, c'est sa double exonération : les intérêts du LEP sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Concrètement, chaque centime d'intérêt travaille pour vous, sans que l'administration fiscale en prélève la moindre part. Si vous placez 5 000 € sur ce livret pendant un an sans jamais y toucher, cela représente environ 125 € d'intérêts, nets d'impôt et de prélèvements sociaux. Au plafond de 10 000 euros, le gain annuel atteint 250 euros, contre 150 euros sur un Livret A à même somme.
Certaines banques n'encouragent pas l'ouverture de LEP car ce produit ne leur rapporte pas beaucoup en commissions. Si votre conseiller vous oriente vers un autre placement, rappelez-lui que la loi oblige les banques à proposer le LEP à tout client éligible. Un détail que peu de retraités connaissent, et que beaucoup de conseillers bancaires n'ont pas l'habitude de mentionner d'emblée.
Des plafonds relevés : vous êtes peut-être désormais éligible sans le savoir
Suite à l'adoption définitive du Budget 2026, les plafonds d'éligibilité au LEP ont été relevés de 0,9 % pour l'année en cours. Cette hausse est indexée sur l'inflation et sur le barème de l'impôt sur le revenu, lequel a été revalorisé au sein de la dernière loi de Finances. Le résultat concret : le plafond de revenus pour ouvrir un LEP en 2026 est de 23 028 € pour une personne seule, contre 22 823 € auparavant, et de 35 326 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.
Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Une retraitée célibataire percevant une pension mensuelle de 1 800 euros nets dispose d'un revenu annuel de 21 600 euros, en dessous du seuil. Un couple de retraités avec deux petites pensions cumulées à 2 800 euros par mois reste généralement dans les clous pour les deux parts. En 2026, les plafonds de revenus ont été revalorisés, ce qui pourrait permettre à certains foyers jusque-là exclus de devenir éligibles. L'enjeu est immédiat : pour une ouverture en 2026, l'administration retient votre revenu fiscal de référence 2025 sur les revenus 2024. Cette mise à jour peut donc faire entrer dans les critères certains contribuables qui n'étaient pas éligibles en 2025.
Pour vérifier votre situation, la démarche est simple. Consultez votre dernier avis d'imposition : le revenu fiscal de référence figure en haut de la première page. C'est la seule donnée qui compte. Depuis mars 2021, l'établissement bancaire gestionnaire du LEP peut interroger directement l'administration fiscale afin de savoir si les conditions d'éligibilité sont remplies. Si l'administration fiscale est en mesure de lui répondre, le titulaire du LEP n'aura pas besoin de fournir son avis d'imposition. Les formalités ont donc été allégées.
Un paradoxe à 7 millions d'épargnants
Selon le rapport 2024 de l'Observatoire de l'épargne réglementée de la Banque de France, publié à l'été 2025, 31 millions de Français majeurs sont éligibles au LEP. Son taux de détention a fortement progressé, puisque la Banque de France observe qu'à fin 2024, 38 % des détenteurs potentiels en ont ouvert un, soit 5 points de plus qu'en 2023. 62 % des Français éligibles n'en ont toujours pas. Sur 19,5 millions de Français éligibles, seulement 11,9 millions ont ouvert un LEP à ce jour.
Parmi les détenteurs, les retraités occupent une place de choix. Les retraités représentent 38 % des détenteurs de LEP et concentrent 45 % des encours, un chiffre largement supérieur à leur poids dans la population. Ce n'est pas un hasard : leurs revenus, souvent stables et modérés, les placent dans la fenêtre d'éligibilité de façon pérenne. La retraite n'amène pas de coup de pouce salarial imprévu qui ferait franchir le plafond.
Le taux d'intérêt annuel du LEP en vigueur à partir du 1er février bénéficie d'un « coup de pouce », conformément à la préconisation du gouverneur de la Banque de France. Ce dernier indique que « les conditions d'éligibilité pour la détention de ce livret en font le véritable support de l'épargne populaire ». La rémunération du livret d'épargne populaire s'établit ainsi à 2,5 % à compter du 1er février, au lieu de 1,9 % selon la formule de calcul réglementaire. L'État a donc délibérément maintenu le LEP au-dessus du niveau que la formule aurait calculé, un signal fort sur la volonté de protéger l'épargne de précaution des ménages modestes.
Trois minutes pour ouvrir, potentiellement 250 euros par an à la clé
L'ouverture d'un LEP ne requiert ni rendez-vous long ni dossier complexe. L'ouverture d'un livret d'épargne populaire est rapide : il suffit de contacter sa banque, sachant que cette dernière ne peut pratiquer aucun frais d'ouverture, de gestion ou de clôture du livret. Seule condition : l'épargnant doit effectuer un versement initial d'au moins 30 €. Trente euros pour déclencher un mécanisme qui rapporte deux fois plus que le Livret A, le rapport risque/effort est rarement aussi favorable.
Il est possible d'avoir un LEP par personne et deux LEP maximum par foyer fiscal, un par contribuable et un pour son partenaire lié par un PACS. Un couple de retraités éligibles peut donc saturer deux LEP, soit 20 000 euros rémunérés à 2,5 %, pour un gain annuel de 500 euros nets d'impôt. Comparé à 300 euros sur deux Livrets A à même somme, l'écart atteint 200 euros sur une année. Sur cinq ans, c'est un billet de 1 000 euros que certains retraités laissent simplement sur la table.
Une nuance mérite attention : si vos revenus dépassent au cours d'une année le plafond correspondant à votre situation familiale, vous pouvez conserver votre LEP. En revanche, lorsque vos revenus dépassent ce plafond deux années consécutives, votre LEP est obligatoirement clôturé. Pour les retraités dont les pensions sont stables, ce risque reste très théorique. Selon le dernier rapport de l'Observatoire de l'épargne réglementée de la Banque de France, le nombre de LEP s'élève à 11,9 millions fin 2024, avec un encours de 82,1 milliards d'euros. L'encours moyen d'un LEP atteint 6 912 euros en 2024. La majorité des détenteurs n'atteignent donc pas encore le plafond de 10 000 euros, il reste souvent de la marge pour verser davantage.
👉 Un petit geste pour Journal des seniors ? Suivez-nous sur Google, ajoutez-nous à vos favoris et retrouvez-nous sur Google Actualités pour ne manquer aucun de nos articles.
Sources : service-public.gouv.fr | service-public.gouv.fr
