Bientôt la fin des escroqueries lors des virements ? Ce changement bancaire va bouleverser vos habitudes dès le 9 octobre

Louise
Par Louise S
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En 2025, chaque virement bancaire rime avec modération : fini le temps où envoyer de l'argent ressemblait à un saut dans l'inconnu, avec pour seule boussole une longue suite de chiffres à vérifier trois fois. Mais alors, sommes-nous vraiment à l'aube de la fin des escroqueries lors des virements ? Le 9 octobre marquera, à coup sûr, un tournant pour les particuliers comme pour les entreprises françaises. Tour d'horizon de cette petite révolution bancaire qui entend bien reléguer les arnaques au fond du tiroir… mais qui réclamera de nouveaux réflexes à adopter, surtout à la veille de la saison des renouvellements d'abonnements et des règlements de dernières factures avant l'hiver !

Un virement sur deux dans le viseur des escrocs : pourquoi le risque explose

À l'approche des fêtes, des vacances ou tout simplement d'un changement de saison, les virements bancaires deviennent le terreau rêvé des escrocs. Remboursement entre amis, acompte à un artisan, paiement d'une location… Ces transactions du quotidien n'échappent plus à la convoitise de cyberdélinquants très organisés. Leur arme fatale ? L'usurpation d'identité et la manipulation des informations bancaires.

Les attaques de faux conseillers et l'usurpation d'IBAN : le casse du siècle à portée de clic

L'arnaque typique aujourd'hui ne tient plus du cambriolage façon film d'action. C'est par téléphone ou par mail que le piège se referme. Un escroc se fait passer pour un conseiller bancaire, une administration ou même un proche, et invite à envoyer de l'argent sur un IBAN frauduleux. Résultat : des comptes vidés en quelques minutes, souvent sans possibilité de recours immédiat.

En 2024, malgré un léger recul global de la fraude, les escroqueries par manipulation humaine restent très élevées dans l'Hexagone. IBAN usurpés, faux sites administratifs, ou encore "spoofing" de numéro, les stratagèmes rivalisent de sophistication. Les particuliers mais aussi les entreprises sont concernés. Dans ce contexte, la simple vérification visuelle d'un RIB ou d'un nom ne suffit plus…

Des conséquences graves pour les victimes de fraude

Il suffit d'un chiffre mal saisi ou d'une lettre écorchée pour que les économies d'une vie changent de mains. Les situations où des personnes pensent envoyer un virement à un proche ou à un fournisseur de confiance, alors qu'un détail mal orthographié permet à un fraudeur de détourner la somme, sont malheureusement fréquentes.

Les erreurs de virement lors d'événements importants comme les fêtes peuvent avoir des conséquences financières considérables, souvent sans recours possible. Ce type de préjudice, loin d'être isolé, laisse des traces durables. D'où l'urgence d'un rempart fiable et systématique.

Le bouclier anti-fraude débarque : ce qui va changer dans vos habitudes

À partir du 9 octobre 2025, une nouvelle règle du jeu sera imposée à toutes les banques et prestataires de services de paiement (PSP) dans la zone euro : le service de « vérification du bénéficiaire » (ou Verification of Payee, VoP), accessible à tous, gratuitement.

Du nom au numéro : comment la double vérification va déjouer les voleurs

Saisir l'IBAN ne suffira bientôt plus au moment du virement. Le nom du bénéficiaire devra dorénavant être indiqué avec précision. Le système passera alors le couple nom/IBAN au crible :

  • Correspondance parfaite : tout est en ordre, le virement peut se faire en toute sérénité.
  • Correspondance approchée : petite erreur d'orthographe ou prénom oublié ? Le système signale l'écart, invite à vérifier, mais laisse la possibilité de corriger ou de poursuivre à ses risques.
  • Pas de correspondance : attention, l'écart est trop grand. Un message d'alerte invite à recontacter le bénéficiaire ou à vérifier l'IBAN sur un document fiable.

Cette étape supplémentaire agit comme un sas de sécurité : elle ne bloque pas automatiquement les paiements mais oblige à la vigilance. Pour chaque virement, le payeur sera informé immédiatement du degré de correspondance – un vrai bouclier contre les erreurs d'aiguillage et les arnaques opérées à distance.

Le parcours utilisateur revisité : ce que vous verrez lors de chaque virement

Dès qu'un nouveau bénéficiaire est ajouté ou qu'un premier virement est saisi, la fenêtre de validation affichera le résultat de la vérification :

Situation Message affiché Action possible
Nom et IBAN concordent Correspondance Valider le virement
Nom proche mais pas exact Correspondance approchée Corriger / Valider à ses risques
Nom ne correspond pas Pas de correspondance Interrompre / Confirmer à ses risques

Le tout, sans frais supplémentaires pour le payeur : c'est une obligation européenne. Les virements restent immédiats si tout est conforme, sans allonger les délais pour les instantanés.

Virements bancaires : la révolution du 9 octobre en trois scénarios concrets

Ce nouveau dispositif va-t-il simplifier ou compliquer la vie ? Voici comment il va s'inviter dans le quotidien bancaire :

Les transferts entre amis et proches : vigilance renforcée ou complications inutiles ?

Pour les virements entre parents, conjoints ou amis, une vérification minutieuse du nom s'imposera. Exit les petits noms, prénoms tronqués ou accents oubliés : le système réclamera le nom exact tel qu'il figure à la banque. Une habitude à prendre, mais un solide gage contre l'inattention ou la fraude – notamment dans les cas où un escroc intercepterait une conversation ou manipulerait un IBAN.

Les entreprises et les pros : plus de paperasse ou plus de sérénité ?

Paiement fournisseurs, salaires, remboursements : le volume de virements rend les pros particulièrement sensibles aux erreurs et tentatives d'usurpation. Grâce à la VoP, les équipes financières pourront préparer des listes de bénéficiaires vérifiées en amont et intégrer la vérification dans leurs process.

Dans certains cas spécifiques (gros paiements en lots, packages, etc.), des dérogations existent pour les professionnels, mais devront être encadrées par contrat.

Nouveaux gestes à adopter pour envoyer et recevoir de l'argent en toute tranquillité

Quelques réflexes deviendront incontournables :

  • Demander le nom complet et officiel du bénéficiaire avant chaque ajout d'IBAN : éviter les diminutifs, vérifier l'orthographe, les caractères spéciaux, notamment pour les comptes joints ou les entreprises.
  • En cas d'alerte « correspondance approchée » : ne pas céder à la précipitation, relire attentivement, contacter directement le destinataire par un canal sécurisé (sms, appel direct, etc.).
  • En cas de « pas de correspondance » : suspendre l'opération et vérifier l'IBAN à la source (relevé bancaire, facture d'origine), pas via un mail ou une pièce jointe douteuse.

Ce que les banques ne disent pas : limites du système et ce qu'il reste à surveiller

Si la VoP promet de réduire les arnaques, quelques zones grises persistent… Mieux vaut en prendre la mesure que s'en remettre à l'automaticité de la nouvelle règle !

Failles possibles et astuces des fraudeurs pour rebondir

La VoP ne bloque pas physiquement l'opération : c'est toujours l'utilisateur qui, informé du résultat, confirme ou corrige. En cas de négligence grave, la responsabilité du payeur prévaut : la banque ne sera pas tenue de rembourser un virement validé malgré une alerte claire. Les escrocs pourraient tenter d'anticiper la parade en choisissant des noms proches, ou en misant sur la complaisance humaine pour "forcer" la validation. À bon entendeur…

À noter aussi : la vérification ne couvre pas les autres moyens de paiement (chèques, cartes, prélèvements), ni les virements hors EEE (Royaume-Uni, Suisse, etc.). Les modalités restent spécifiques aux virements en euros (SEPA) au sein de l'UE/EEE.

Conseils-clés pour rester maître de vos comptes après le 9 octobre

  • Vérifier soigneusement chaque nom et IBAN transmis, idéalement à partir d'un document scanné ou d'une source sûre.
  • En cas de doute, contacter le bénéficiaire par téléphone ou en face-à-face : le mail n'est plus digne de confiance lors de l'ajout d'un nouveau bénéficiaire.
  • Archiver les notifications d'alerte : elles font foi en cas de litige pour prouver que la banque a bien transmis l'avertissement.
  • Garder en mémoire que la sécurité ne dispense pas du bon sens : rester sceptique face à toute demande inhabituelle ou "urgente".

Pour aller plus loin, les conseils pratiques disponibles sur Service-Public.fr ou auprès de la Fédération bancaire française (FBF) sont à consulter avant tout ajout d'IBAN ou premier virement.

La vérification du bénéficiaire est, par ailleurs, conçue pour respecter le RGPD : seule la correspondance est transmise, pas d'affichage de données complémentaires à caractère personnel.

Le socle légal du changement ? Le Règlement (UE) 2024/886, qui garantit aussi la « parité tarifaire » : un virement instantané ne coûte pas plus cher qu'un virement classique, dès le 9 janvier 2025 (pour la réception) et le 9 octobre 2025 (pour l'envoi).

En résumé : la sécurité progresse, à vous de jouer avec les bonnes pratiques !

Avec le déploiement du service de vérification du bénéficiaire le 9 octobre 2025, virements en euros et sécurité vont désormais de pair dans toute la zone euro. Ce changement majeur, priorité des banques, promet de réduire considérablement les erreurs de destinataire et les escroqueries, pour peu que chacun adopte de bons réflexes. La vigilance reste toutefois de mise : l'innovation n'exclut pas la prudence humaine. À l'aube de cette nouvelle habitude bancaire, la sérénité pourrait enfin retrouver sa place dans nos transactions quotidiennes, mais à condition que chacun s'approprie pleinement ces nouveaux outils de protection.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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