Elle avait disparu des habitudes françaises depuis les années 1990. La consigne en verre fait son grand retour, discrètement, mais sûrement. Depuis mai 2025, quatre régions françaises expérimentent à nouveau ce système, qui oblige les consommateurs à rapporter leurs bouteilles et bocaux en magasin pour récupérer quelques centimes. Ce changement, peu médiatisé, marque pourtant un tournant important dans les habitudes de consommation et de gestion des déchets.
Retour de la consigne en verre : dans ces régions depuis mai 2025, les clients doivent déjà rapporter leurs bouteilles en magasin

Une expérimentation qui a démarré en mai dans quatre régions pilotes
Depuis le 1er mai 2025, la consigne pour réemploi est en place dans les régions suivantes :
- Bretagne
- Normandie
- Hauts-de-France
- Pays de la Loire
Ces territoires ont été choisis pour leur bon niveau de tri et leur engagement environnemental, selon l’éco-organisme Citeo, chargé de piloter l’opération. L’expérimentation durera un an et servira de test grandeur nature avant une éventuelle généralisation au reste du pays.
Le principe est simple : lors de l’achat de certains produits en magasin (bouteilles de jus, bière, bocaux de conserves...), le client paie un petit supplément — entre 20 et 30 centimes — qui lui sera restitué lorsqu’il rapportera l’emballage vide dans un point de collecte désigné.
Quels produits sont concernés, et comment cela fonctionne-t-il ?
Tous les contenants ne sont pas encore concernés. Pour cette phase expérimentale, la consigne s’applique à une sélection de produits conditionnés dans des emballages standardisés, conçus pour être lavés, réutilisés, puis remis en circulation.
Les produits concernés sont principalement :
- Bouteilles de bière
- Jus de fruits en verre
- Bocaux alimentaires (sauces, plats cuisinés, conserves)
En magasin, ces produits portent une mention “Consigné” accompagnée du montant à payer en plus. Une fois vidés, les consommateurs peuvent les rapporter dans des machines automatiques ou des zones de collecte manuelle installées dans certains supermarchés partenaires.
Voici un résumé du fonctionnement :
| Élément | Détail |
|---|---|
| Régions concernées | Bretagne, Normandie, Hauts-de-France, Pays de la Loire |
| Produits concernés | Bière, jus de fruits, bocaux alimentaires |
| Montant de la consigne | Entre 20 et 30 centimes par contenant |
| Lieu de retour | Supermarchés partenaires, bornes de collecte |
| Remboursement | En espèces, bon d’achat ou crédit carte fidélité |
Le remboursement est immédiat, sous forme d’avoir en caisse ou de virement selon l’enseigne. Il est donc essentiel de conserver les produits vides et propres, et de ne pas jeter ces emballages avec les déchets ménagers, au risque de perdre le montant de la consigne.
Un geste écologique… et économique ?
Ce retour à la consigne ne se limite pas à une démarche économique. Il répond à des enjeux environnementaux majeurs, notamment :
- Réduire la production de verre neuf, particulièrement énergivore
- Limiter les émissions de CO₂ liées au recyclage
- Allonger la durée de vie des contenants
Selon Citeo, le réemploi d’une bouteille permettrait d’économiser jusqu’à 79 % de CO₂ et 75 % d’énergie par rapport à une bouteille recyclée.
Mais au-delà de l’impact écologique, le projet bouscule aussi les habitudes de consommation. Les clients doivent penser à conserver leurs emballages, à les rapporter régulièrement, et à intégrer cette nouvelle mécanique dans leur quotidien.
Ce que cela change concrètement pour les consommateurs
Pour les habitants des régions concernées, ce nouveau système modifie le rapport à l’emballage. Il introduit une logique de responsabilité : payer plus si l’on jette, récupérer si l’on joue le jeu.
Certains consommateurs saluent une initiative vertueuse, rappelant les pratiques anciennes où l’on ramenait ses bouteilles au café ou à l’épicerie. D’autres s’interrogent sur la complexité logistique : faut-il stocker les bouteilles à la maison ? Comment s’organiser pour les ramener ? Que se passe-t-il si les bornes sont saturées ?
Enfin, des questions se posent aussi sur l’équité du dispositif : les clients en milieu rural auront-ils accès aux mêmes points de collecte que ceux en zone urbaine ? Les magasins de proximité seront-ils intégrés au système ?
Une généralisation prévue si l’expérimentation est concluante
Le gouvernement suit de près cette phase de test. Si l’opération est jugée satisfaisante, le système de consigne pourrait être élargi à l’ensemble du territoire à partir de 2026.
Cette mesure s’inscrit dans la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire), qui fixe un objectif de 10 % d’emballages réemployés d’ici 2027. Actuellement, la France en est à moins de 1 %, loin derrière certains voisins européens comme l’Allemagne ou les Pays-Bas.