Semez des engrais verts en septembre au potager, ils couvrent le sol

Un potager nu n’est jamais au repos : il s’épuise, se compacte et se colonise par les mauvaises herbes. Les maraîchers, eux, le couvrent immédiatement après récolte avec des engrais verts semés dès septembre pour restaurer sa vitalité naturellement.

Par Cécile Ducommun

Après les récoltes d'été, laissez le moins possible la planche nue : un engrais vert semé en septembre couvre le sol tout l'hiver et limite le lessivage comme la pousse des mauvaises herbes. Les associations avoine-féverole et seigle-pois fourrager se sèment en septembre, et jusqu'en octobre sur le littoral atlantique, dans le Sud-Ouest et autour de la Méditerranée. Moutarde, phacélie et sarrasin gèlent et se couchent seules ; seigle, féverole et vesce passent l'hiver et se coupent avant l'épiaison.

Pourquoi laisser la terre nue épuise-t-il le sol ?

Une planche vide entre deux cultures ne se repose pas : la pluie tasse la surface et forme une croûte de battance, l'azote resté disponible file vers la nappe et les adventices prennent la place laissée libre. Au premier redoux de février, on retrouve une terre grise et compacte, colonisée par les mauvaises herbes les plus opportunistes.

Un engrais vert, aussi appelé culture intermédiaire piège à nitrates (CIPAN), est une plante semée pour couvrir la terre puis fauchée avant qu'elle ne monte en graine. Laissée en place tout l'hiver, elle emmagasine l'azote et les minéraux libérés à l'automne au lieu de les laisser lessiver, avant de les restituer à sa destruction au printemps.

Quels engrais verts semer en septembre au potager ?

Le choix dépend de la nature du sol et de la date à laquelle vous voulez libérer la planche. Deux familles se distinguent : celles qui gèlent et disparaissent seules, et celles qui tiennent tout l'hiver.

Moutarde, phacélie et sarrasin, les gélives

  • Moutarde : la valeur sûre des sols fatigués. Les crucifères apprécient les sols pauvres en humus, leur développement rapide étouffe les mauvaises herbes et le fauchage intervient 8 à 10 semaines après le semis. Elle est aussi utilisée en rotation pour son effet désinfectant.
  • Phacélie : très mellifère, elle est citée avec la moutarde pour désinfecter le sol des nématodes.
  • Sarrasin : gélif comme les deux précédents.

Ces plantes s'écroulent d'elles-mêmes aux premières gelées sérieuses, sans rien à faire avant le printemps. Une fois couchées, elles forment un paillis qui protège le sol jusqu'aux beaux jours.

Seigle, féverole et vesce, les rustiques

  • Seigle : graminée à cultiver en association avec une légumineuse. Son système racinaire puissant améliore la structure du sol et il sert de tuteur naturel au trèfle ou à la vesce.
  • Féverole : cousine miniature de la fève, elle fixe l'azote atmosphérique et nourrit le sol en profondeur.
  • Vesce velue : couvre-sol rustique qui enrichit en azote.

Ces variétés ne meurent pas au gel : elles repartent de plus belle en février et réclament une intervention mécanique. Le seigle se lignifie vite, il faut le couper avant l'épiaison, sinon ses tiges deviennent coriaces et mettent des mois à se décomposer.

Jusqu'à quand peut-on semer en septembre ?

L'association avoine et féverole se sème d'août à fin septembre, tout comme le seigle avec pois fourrager, pour un enfouissement en fin d'hiver ou en début de printemps.

Dans les régions au climat plus doux (littoral atlantique, Sud-Ouest, pourtour méditerranéen), on peut semer jusqu'à début octobre sans risquer une levée trop faible avant le froid. En zone continentale ou montagneuse, mieux vaut viser la fin août : le seigle et la féverole ont besoin de s'enraciner avant les premières gelées sérieuses pour tenir tout l'hiver.

Quand détruire l'engrais vert au printemps ?

Le bon signal, c'est la fleur : surveillez l'ouverture des premières fleurs. En cas de doute, mieux vaut couper une semaine trop tôt qu'une semaine trop tard.

  • Gélives déjà couchées par le gel : il suffit de les intégrer au sol au printemps.
  • Rustiques encore debout : coupez, puis laissez sécher deux à trois jours sur place, c'est le préfanage.

Faut-il bêcher après un engrais vert ?

Non. On ne retourne pas la terre à la bêche : on roule le couvert pour écraser les tiges sans les arracher. La biomasse reste sur place et se décompose lentement, comme un paillage naturel.

Certains jardiniers vont plus loin et couvrent le couvert fauché d'une bâche pendant quelques semaines pour accélérer sa décomposition avant la plantation.

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Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

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