Si vos volets roulants font ce bruit depuis quelques jours, il reste très peu de temps avant que le moteur ne grille

Ce grincement, ce raclement ou ce couinement que vous entendez depuis quelques jours n’est pas anodin : c’est votre volet roulant qui vous avertit d’une usure imminente. Sans intervention rapide, le moteur risque de griller avant l’été. Avril est le moment critique où le mécanisme commence à forcer après un hiver d’humidité et d’accumulation de poussière.

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Par L'équipe JDS

Ce grincement que vous entendez depuis quelques jours, ce raclement sourd à la montée, ce couinement sec à la descente — n'est pas qu'un bruit de fond agaçant. C'est votre volet roulant qui vous parle. Et ce qu'il dit n'est pas rassurant : sans intervention rapide, le moteur risque fort de rendre l'âme avant l'été. Avril est précisément le moment où le mécanisme commence à forcer, après un hiver de condensation, de poussière accumulée et d'un graissage peut-être jamais réalisé depuis la pose.

À retenir

  • Chaque type de bruit raconte une histoire différente : grincement, claquement ou vrombissement n'indiquent pas la même panne
  • Avril amplifie le risque : le printemps force le moteur après un hiver d'inactivité et d'humidité accumulée
  • Trois gestes simples (nettoyage, lubrification, inspection) peuvent arrêter la dégradation avant qu'elle ne devienne irréversible

Un bruit, plusieurs histoires possibles

Tous les bruits ne racontent pas la même panne. C'est là que beaucoup de propriétaires se trompent en traitant le symptôme plutôt que la cause.

Plusieurs types de bruits permettent de diagnostiquer la cause potentielle : le grincement est souvent causé par un manque de lubrification, tandis que le claquement peut signaler une pièce desserrée ou endommagée. À cela s'ajoute un troisième son à ne pas négliger : le ronronnement sourd ou le vrombissement grave, plus inquiétant. Dans le cas des volets motorisés, le moteur peut lui aussi être en cause, un moteur fatigué ou mal réglé peut produire un ronronnement anormal, un bruit sourd ou même des à-coups.

Le grincement n'est jamais à ignorer car il peut être le premier signe d'un problème plus sérieux. Pour localiser d'où il provient, faites monter et descendre le tablier, puis tendez l'oreille pour identifier la source du bruit. Vient-il des coulisses latérales ? Du coffre ? Ou directement de l'axe d'enroulement ? La réponse change tout à la stratégie à adopter.

Si vous n'avez jamais lubrifié vos coulisses ou votre mécanisme, il y a de fortes chances que le bruit vienne de là. Avec le temps, la poussière combinée au frottement finit par bloquer certaines pièces, ce qui entraîne des couinements, voire des à-coups. Et quand un volet force, c'est le moteur qui encaisse.

Pourquoi avril est le mois de tous les dangers

L'hiver referme les volets sur eux-mêmes. L'humidité s'invite dans les rails, le gel rigidifie les joints, la poussière s'incruste. Puis vient le printemps, et avec lui la grande ouverture quotidienne, souvent brusque, souvent répétée. Un mécanisme jamais graissé depuis l'installation n'a aucune réserve pour absorber ce surcroît de sollicitations.

Sur les versions électriques, le moteur force davantage pour lever la charge, ce qui met ses composants internes sous pression et risque de provoquer une surchauffe. Cette surchauffe n'est pas métaphorique : une odeur de brûlé est le signe d'une surchauffe interne, tout comme un moteur qui chauffe anormalement, même après un court temps d'utilisation.

Le condensateur est souvent le premier composant à céder sous cette pression accumulée. Si votre volet roulant remonte difficilement lorsque vous actionnez la manœuvre, il se peut que votre moteur de volet roulant soit fatigué, et il est possible que cela vienne du condensateur qui ne remplit plus ses fonctionnalités. Un bruit de clic lorsque vous essayez d'actionner le volet peut indiquer que le condensateur ne fournit pas suffisamment d'énergie. Un indice concret, facile à repérer, à ne pas remettre à demain.

Si votre volet ne répond plus aux commandes, qu'il montre une perte notable de puissance lors de la montée ou de la descente, ou s'il émet des bruits anormaux, il est probable que le moteur soit en cause. À ce stade, le compteur tourne.

Ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui

Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, quelques gestes simples suffisent à désamorcer la situation avant qu'elle ne dégénère en panne sèche.

Premier réflexe : nettoyer. Les volets roulants sont quotidiennement exposés aux conditions météorologiques extérieures et se salissent assez vite. Si le bruit provient du tablier, il peut avoir pour origine une accumulation de saleté. Fermez votre volet et nettoyez les lames, une par une, avec une éponge mouillée imbibée de vinaigre blanc ou de savon noir, produits naturellement efficaces pour nettoyer cette surface.

Deuxième étape, la lubrification, le geste que beaucoup négligent des années durant. Pour graisser votre volet roulant, nettoyez d'abord les coulisses et les glissières avec un chiffon pour éliminer la poussière accumulée, puis appliquez un lubrifiant à base de silicone (et non une graisse épaisse, qui attire les saletés) sur les coulisses, les embouts latéraux du tablier et les axes de rotation si accessibles. L'erreur classique : utiliser de la graisse classique ou du WD-40 en croyant bien faire. Pour l'entretien, un spray silicone est plus adapté, car il lubrifie sans transformer les rails en aimant à poussière.

Une précaution absolue pour les volets motorisés : on ne pulvérise jamais de produit au hasard sur la partie électrique. Sur un volet motorisé, on lubrifie uniquement les éléments mécaniques accessibles, en restant propre et précis. Le moteur tubulaire, lui, reste hors de portée du spray.

Troisième geste : l'inspection visuelle. Un bruit peut venir d'une vis desserrée, d'un axe mal calé, ou d'une coulisse qui vibre. Une inspection rapide peut tout changer. Mieux vaut resserrer une vis aujourd'hui que changer un moteur demain. Cette phrase résume tout.

Quand le bricolage ne suffit plus

Certains signaux indiquent qu'il faut aller plus loin : le moteur ne répond plus du tout, le volet est bloqué en position haute ou refuse de descendre, un bruit métallique persistant continue malgré nettoyage et lubrification. À ce stade, le diagnostic maison a atteint ses limites.

Si le volet est complètement bloqué ou si des lames sont cassées, stoppez tout. Si le moteur force anormalement malgré la lubrification, le problème est ailleurs. Forcer sur la manivelle ou le moteur ne ferait qu'aggraver la panne initiale.

Un moteur grillé ne se graisse pas, il faudra le changer. Et le coût d'un remplacement complet dépasse largement celui d'un entretien annuel. Une lubrification une fois par an minimum (idéalement au printemps ou à l'automne), deux fois par an en bord de mer où le sel et le sable forment un combo abrasif, et tous les six mois en cas d'usage intensif : c'est tout ce qu'il faut pour que le moteur ne soit jamais mis en difficulté.

La vraie question que pose ce bruit apparu depuis quelques jours, c'est celle-ci : depuis combien d'années vos volets fonctionnent-ils sans que vous ayez ouvert un coffre, passé un chiffon dans les glissières ou approché une bombe de silicone ? Si la réponse vous embarrasse, vous avez votre diagnostic.

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