Il ne faut pas toujours changer le sommier en même temps que le matelas

Les anciens avaient raison : un matelas neuf posé sur un vieux sommier perd rapidement ses qualités. Le sommier absorbe les mouvements et l’humidité ; fatigué, il transmet ses défauts au matelas et ruine son efficacité.

Par Cécile Ducommun

Pas systématiquement : un sommier en bon état et compatible avec le nouveau matelas peut être conservé. Mais un sommier fatigué, qui grince, s'affaisse ou a des lattes fissurées, dégrade un matelas neuf quel que soit son prix.

Un sommier usé abîme-t-il vraiment un matelas neuf ?

Oui. Le sommier ne sert pas seulement de support : il absorbe une partie des mouvements du corps pendant la nuit et participe à l'évacuation de l'humidité produite par la transpiration. En remplissant ces fonctions, il prévient l'usure prématurée du matelas. Quand il vieillit et perd son intégrité structurelle, il ne les remplit plus correctement et transmet sa fatigue au matelas posé dessus, même si celui-ci est neuf et cher.

Le matelas repose sur des lattes ou des plots qui doivent rester souples et régulièrement espacés pour répartir le poids du dormeur sur toute la surface de couchage. Si ces lattes cassent ou se rigidifient, la surface d'appui devient inégale : le matelas neuf épouse les creux et se déforme à son tour plus vite que prévu.

Quels signes montrent qu'il faut changer le sommier ?

Certains indices se repèrent sans aucun outil :

  • des grincements et des craquements de la literie ;
  • une latte visiblement fissurée ;
  • un plot qui a perdu sa souplesse d'origine ;
  • un affaissement perceptible au centre du cadre ou sur un côté.

Aucun matelas, aussi performant soit-il, ne peut corriger ces défauts. À ces signes mécaniques s'ajoute la question de l'hygiène : l'humidité accumulée dans un sommier vieillissant favorise les acariens et les moisissures, ce qui ne crée pas un environnement de sommeil sain et peut aggraver les problèmes d'allergies ou d'asthme.

Comment tester son sommier en quelques minutes ?

Un geste simple permet de vérifier l'homogénéité du soutien avant d'acheter un matelas :

  1. appuyer sur les zones les plus sollicitées du matelas, les fesses et les épaules ;
  2. appuyer ensuite sur les zones moins sollicitées, les pieds et les jambes ;
  3. comparer : si un écart de souplesse se ressent, le sommier est à changer.

Un coup d'œil sous les draps, vers les lattes ou les plots, complète l'inspection.

Quel sommier pour quel matelas ?

La compatibilité technique compte autant que l'état général du cadre :

  • Matelas en mousse ou en latex : un sommier à lattes assure un bon soutien et une meilleure ventilation.
  • Matelas à ressorts : un sommier tapissier apporte une meilleure stabilité.

Un sommier à lattes flexibles convient aussi à un matelas à ressorts, mais un sommier très rigide peut nuire au confort de l'ensemble. Les fabricants conçoivent d'ailleurs souvent leurs sommiers et leurs matelas pour fonctionner ensemble ; mieux vaut vérifier la compatibilité indiquée par le fabricant du matelas.

Peut-on garder son ancien sommier ?

Oui, si le sommier est en bon état et compatible avec le nouveau matelas. Les professionnels de la literie recommandent de le changer lorsque son état le justifie, et de le remplacer au-delà d'une dizaine d'années : l'état réel du cadre compte autant que son âge.

Sur la garantie du matelas en cas de sommier inadapté, aucune règle universelle n'existe : les conditions dépendent de chaque fabricant. Mieux vaut consulter la notice ou le service client avant de faire l'impasse sur le sommier.

Pourquoi tant de foyers gardent-ils le vieux sommier ?

Le sommier est le grand oublié des achats de literie. La raison est budgétaire : remplacer les deux éléments d'un coup coûte plus cher qu'un matelas seul, et beaucoup repoussent l'achat tant que le sommier « tient encore debout ». Cette économie immédiate se retourne contre le foyer qui l'applique, puisque le matelas neuf s'use plus vite sur un support défaillant. La dépense évitée se paie en confort perdu, nuit après nuit.

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Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

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