Une montre dont on change la lunette comme de bracelet, puis que l’on transforme en collier : l’idée pourrait sortir d’un atelier contemporain. Elle remonte pourtant aux années 1960. Pour son centenaire, Nivada Grenchen ressuscite la Colorama, une minuscule montre-bijou de 17 mm qui ouvre un nouveau chapitre féminin pour la marque. Son intérêt tient moins à sa couleur dorée qu’à sa manière de se métamorphoser.
Une petite montre qui ne se contente pas de changer de couleur
En 1965, Nivada présentait déjà la Colorama comme « la montre aux multiples visages ». Le principe, protégé par un brevet suisse, associait un petit boîtier à des bracelets colorés et des lunettes clipsables. Certains coffrets permettaient même de porter la montre en pendentif. La personnalisation n’était donc pas un supplément décoratif : elle constituait le point de départ du projet.
Cette filiation mérite d’être rappelée. Depuis sa relance en 2020, sous la direction créative de Guillaume Laidet, Nivada Grenchen reconstruit son catalogue autour de ses archives. La Colorama en révèle un versant moins attendu que celui des chronographes et des montres sportives. Son principe a d’ailleurs déjà inspiré les lunettes interchangeables de la Chronomaster contemporaine : la petite montre féminine avait ouvert la voie.
La réédition conserve surtout une échelle devenue inhabituelle. Son boîtier en acier 316L traité IP doré mesure 17 mm, pour 6,75 mm d’épaisseur. On est loin d’une montre masculine simplement réduite et repeinte. Avec son bracelet de 8 mm, la Colorama assume une présence de bijou, où l’encadrement du cadran compte presque autant que le cadran lui-même.
Celui-ci reste volontairement sobre : émail blanc, index appliqués dorés et deux aiguilles, sous un verre saphir plat. Cette neutralité permet aux lunettes de modifier réellement l’allure de l’ensemble. La contrepartie de ces proportions sera une surface de lecture réduite ; difficile de réclamer simultanément la discrétion d’un bijou miniature et la lisibilité d’une montre de terrain.
Deux ambiances, et une transformation réservée aux grands coffrets
La collection s’organise autour de deux propositions. Golden Hour privilégie trois lunettes dorées ; Color Pop leur préfère trois lunettes émaillées orange, verte et blanche, avec un motif floral en relief inspiré des pièces anciennes. La différence ne repose donc pas seulement sur une teinte de cadran : elle intervient sur le contour même de la montre.
La lunette se retire et se clipse en quelques secondes, selon la marque. Plus d’un an de développement aurait notamment été consacré aux proportions, aux couleurs et à cette sensation de verrouillage. Sur une montre destinée à être régulièrement transformée, ce détail est essentiel : la facilité de manipulation ne doit pas se faire au détriment du maintien.
Les bracelets en cuir prolongent le jeu. Noir, orange, pierre, vert forêt, rouge, chocolat et ivoire composent la palette complète. Les coffrets standards réunissent quatre bracelets, contre sept pour les versions Collector. L’intérêt est de pouvoir faire varier le contraste autour du cadran blanc, plutôt que de multiplier les montres presque identiques.
Annoncés à 695 euros en version standard et 895 euros en Collector, ces coffrets rejoignent la collection permanente. Le choix se joue surtout sur l’envie de porter la montre autrement. C’est là que la Colorama retrouve sa pertinence : elle ne se contente pas d’imiter un petit bijou ancien, elle remet en circulation une façon ludique d’utiliser une montre. Et de ce point de vue, Nivada s'en sort avec une grande classe !
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