En arrivant à l’hôtel, vous touchez cet objet avant même de poser votre valise : il est plus contaminé que les toilettes

La télécommande de votre chambre d’hôtel cache une vérité dérangeante : elle abrite en moyenne 67,6 unités formant colonies bactériennes par centimètre carré, soit 13 fois plus que les normes hospitalières. Les chercheurs y ont même détecté E. coli sur 81 % des échantillons. Heureusement, quelques gestes simples suffisent à réduire drastiquement votre exposition.

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Par L'équipe JDS

La télécommande de la chambre d'hôtel est posée là, sur le lit ou la table de nuit, l'air parfaitement anodine. Pourtant, c'est l'objet que vous saisissez presque instinctivement en arrivant, avant même d'avoir défait votre valise. Et selon la microbiologie, c'est précisément le geste le plus risqué que vous puissiez faire à ce moment-là.

À retenir

  • Une étude microbiologique révèle des chiffres qui vont vous surprendre sur cet objet banal
  • Le facteur qui rend la télécommande d'hôtel bien plus dangereuse que celle de votre salon
  • Deux solutions étonnamment simples pour vous protéger dès ce soir

67,6 unités bactériennes par centimètre carré : les chiffres qui changent tout

Des chercheurs de l'Université de Houston ont présenté leurs travaux lors du congrès annuel de l'American Society for Microbiology en 2012, et leurs conclusions sont sans appel : la télécommande de télévision figure parmi les surfaces les plus fortement contaminées par des bactéries dans les chambres d'hôtel. Ce résultat a surpris jusqu'aux microbiologistes eux-mêmes.

La télécommande affiche en moyenne 67,6 unités formant colonies (UFC) de bactéries par centimètre carré. À titre de comparaison, une étude sur la propreté environnementale en milieu hospitalier recommande un seuil maximum de 5 UFC par centimètre carré. Même en adoptant une norme plus souple de 10 UFC, les télécommandes d'hôtel dépassent largement ce plafond.

Les interrupteurs de lampe de chevet font encore pire, avec une moyenne de 112,7 UFC, dont 111,1 UFC rien que pour les bactéries fécales. Un comble pour un objet que l'on touche en tendant la main dans le noir, souvent sans y penser. Les chercheurs de l'Université de Houston ont prélevé des échantillons sur 19 surfaces différentes et ont détecté la bactérie fécale E. coli sur 81 % d'entre elles, dont la télécommande, le téléphone et la lampe de chevet.

Pourquoi la télécommande est-elle si contaminée ?

La télécommande fait partie des objets les plus contaminés à domicile : elle passe de main en main, ne voit jamais de désinfectant, et constitue un terrain de jeu idéal pour les microbes, surtout dans les chambres d'hôtel où elle est partagée entre de nombreux occupants. Mais à l'hôtel, le facteur aggravant est précisément celui-là : l'inconnue du précédent occupant.

Jay Neal, microbiologiste à l'Université de Houston et superviseur de l'étude, précise qu'une télécommande d'hôtel ne serait pas nécessairement plus sale que celle de votre salon, mais que c'est "le facteur inconnu" qui change tout. Chez vous, vous connaissez les mains qui l'ont tenue. À l'hôtel, c'est une loterie.

Des virus comme le norovirus, responsable de diarrhées violentes, peuvent subsister sous forme infectieuse pendant plusieurs jours sur des surfaces dures. Et l'intervalle typique entre deux changements de chambre est souvent inférieur à douze heures. Le calcul est vite fait : le temps de nettoyage laissé aux équipes de ménage ne permet pas toujours une désinfection réelle de chaque objet.

L'évaluation de la propreté d'une chambre d'hôtel repose généralement sur des observations visuelles et olfactives, et non sur la microbiologie des lieux. Une chambre qui sent bon et dont le lit est impeccablement tiré peut très bien abriter des colonies bactériennes sur sa télécommande. L'œil ne voit pas les microbes.

Le chariot de ménage, complice involontaire

La surface la plus contaminée identifiée par les chercheurs n'était d'ailleurs pas dans la chambre elle-même, mais dans le chariot de ménage des femmes de chambre. L'éponge et la serpillière présentaient les niveaux de contamination les plus élevés de toute l'étude. Ce qui signifie que des bactéries sont transférées de chambre en chambre au fil des passages.

Dans l'ensemble, les chercheurs ont trouvé des bactéries fécales présentes sur 81 % des échantillons prélevés. Les deux types de tests, bactéries en général et bactéries fécales spécifiquement, ont montré que les niveaux dans les chambres d'hôtel étaient deux à dix fois supérieurs aux niveaux acceptés en milieu hospitalier. Ce n'est pas anodin.

Les chambres des hôtels haut de gamme étant généralement utilisées plus fréquemment, une chambre plus chère dans un hôtel cinq étoiles n'est pas nécessairement synonyme de plus grande propreté. Le classement en étoiles ne dit rien de la désinfection réelle des petits objets.

Ce que vous pouvez faire dès ce soir

Bonne nouvelle : quelques réflexes simples suffisent à réduire très sensiblement votre exposition. Pas besoin de transformer votre séjour en protocole hospitalier.

Quelle que soit votre destination, emporter un paquet de lingettes antiseptiques et les passer sur les surfaces dures de votre chambre reste le geste le plus efficace. La télécommande, l'interrupteur de chevet, le combiné téléphonique : une minute de votre temps à l'arrivée, et l'essentiel est fait.

Une alternative moins connue mais redoutablement pratique : glissez la télécommande dans un petit sac plastique transparent dès votre arrivée. Elle fonctionne parfaitement à travers le sachet, et vous ne touchez plus directement aucune surface contaminée. Rudimentaire, certes. Mais efficace.

La transmission de bactéries par le toucher dépend du temps de contact, du temps de survie de la bactérie sur une surface inerte et de l'environnement, qui favorise plus ou moins son développement. : un contact bref suivi d'un lavage des mains ne constitue pas un risque sérieux pour une personne en bonne santé. Le vrai danger, c'est de toucher la télécommande, puis de se frotter les yeux ou de manger un sandwich sans s'être lavé les mains entre les deux.

Ce que cette étude a surtout mis en lumière, au fond, c'est moins la saleté des télécommandes que l'absence de protocole standardisé dans l'industrie hôtelière. Les pratiques de ménage varient d'une enseigne à l'autre, sans standardisation à l'échelle du secteur, et la méthode de validation habituelle reste l'évaluation visuelle, qui s'avère inefficace pour mesurer les niveaux de désinfection réels. Certaines chaînes ont depuis intégré des procédures spécifiques pour les objets à haute fréquence de contact, notamment sous l'impulsion des protocoles d'hygiène renforcés adoptés après 2020. Mais ce n'est pas encore une norme universelle, et rien n'oblige un hôtel à vous le signaler.

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