Vos petits-enfants vont hériter de vous mais le fisc prendra jusqu’à 60 % : voici comment l’éviter de votre vivant

Vos petits-enfants risquent de perdre jusqu’à 60 % de leur héritage au profit du fisc. Heureusement, des mécanismes fiscaux permettent de transmettre massivement en franchise d’impôts : l’abattement de 31 865 € tous les 15 ans, la fenêtre temporaire 2025-2026 jusqu’à 100 000 €, et la donation-partage transgénérationnelle.

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Par L'équipe JDS

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Le chiffre fait froid dans le dos. Sans anticipation de votre part, vos petits-enfants pourraient voir jusqu'à 60 % de ce que vous leur transmettez partir directement dans les caisses de l'État. Pas 20 %, pas 30 % : 60 %. C'est le taux qui s'applique aux héritiers les plus éloignés dans la hiérarchie fiscale, et la réalité est cruelle : vos petits-enfants, si vous n'avez pas agi de votre vivant, entrent souvent dans cette catégorie défavorisée.

Le mécanisme est simple à comprendre, même s'il est peu connu. En matière de succession, les petits-enfants ne bénéficient que d'un abattement de 1 594 € sur leur part d'héritage. Comparez ce chiffre à celui dont bénéficie un enfant direct : dans le cas d'une succession impliquant un enfant, l'abattement est de 100 000 €. Le fossé est vertigineux. Tout ce qui dépasse 1 594 € sera taxé selon le barème progressif en ligne directe, et les sommes importantes flirtent vite avec les tranches élevées. Résultat : une belle-fille qui hérite directement de ses beaux-parents, ou un petit-enfant qui n'a pas été destinataire d'une donation préalable, peut se retrouver à régler une facture fiscale qui dévore l'essentiel du patrimoine familial.

À retenir

  • Sans anticipation, vos petits-enfants perdront 60 % de leur héritage : pourquoi ce taux est si élevé
  • Un abattement de 31 865 € permet de donner massivement en franchise, mais il y a une date limite critique
  • Une opportunité unique jusqu'en 2026 : jusqu'à 100 000 € supplémentaires pour l'immobilier sans aucun impôt

L'abattement de 31 865 € : la clé que personne ne vous a donnée

La bonne nouvelle existe. Elle s'appelle l'article 790 B du Code général des impôts, et elle change tout. Vous pouvez donner jusqu'à 31 865 € à chacun de vos petits-enfants tous les 15 ans, en franchise d'impôt, que ce soit de l'argent, un bien immobilier, une œuvre d'art, un portefeuille de titres. Cet abattement s'applique par grand-parent et par petit-enfant. Ce détail "par grand-parent et par petit-enfant" mérite qu'on s'y arrête : il démultiplie le potentiel de transmission au sein d'une même famille.

Une grand-mère peut ainsi donner 31 865 € à chacun de ses quatre petits-enfants, soit un total de 127 460 €. Si son mari fait de même, la famille transmet près de 255 000 € sans qu'un centime ne soit prélevé. Et dans quinze ans, tout le compteur se remet à zéro. Une stratégie de transmission progressive, tous les 15 ans, permet d'optimiser la fiscalité et de protéger le patrimoine familial sur plusieurs générations.

Attention toutefois à une condition d'âge qui surprend beaucoup de familles : après 80 ans, vous perdez le bonus de 31 865 euros sur les dons d'argent. la fenêtre d'action n'est pas éternelle. Agir à 65 ou 70 ans, c'est conserver toutes les cartes en main. Attendre 82 ans, c'est fermer une porte fiscale que rien ne pourra rouvrir.

La fenêtre temporaire 2025-2026 : jusqu'à 100 000 € supplémentaires

La loi de finances du 14 février 2025 a ouvert une opportunité exceptionnelle, limitée dans le temps. Du 15 février 2025 au 31 décembre 2026, les dons d'argent faits dans le cadre familial pour l'acquisition d'un logement ou des travaux de rénovation énergétique sont exonérés jusqu'à 100 000 € par donateur, avec un plafond global de 300 000 € par donataire.

Concrètement : si votre petit-enfant achète sa résidence principale ou finance des travaux éligibles à MaPrimeRénov', vous pouvez lui donner jusqu'à 100 000 € en totale franchise de droits, en plus de l'abattement de 31 865 €. Le donataire doit utiliser les fonds au plus tard le dernier jour du 6e mois suivant le versement, soit pour acheter un logement neuf destiné à sa résidence principale, soit pour des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov'. La contrainte de délai est réelle. Mais pour un petit-enfant qui a un projet immobilier en cours, l'économie fiscale potentielle est considérable. Aucune limite d'âge n'est fixée pour le donateur dans le cadre de cette exonération temporaire, ce qui la distingue du don classique de sommes d'argent, soumis lui à la barrière des 80 ans.

Donation-partage transgénérationnelle : transmettre sur deux générations en un seul acte

Pour les patrimoines plus conséquents ou les familles qui souhaitent organiser une transmission globale, il existe un outil encore plus puissant et largement sous-utilisé. La donation-partage transgénérationnelle permet aux grands-parents de transmettre tout type de biens, immobilier, entreprise, titres de société, directement à leurs petits-enfants, à la place des enfants, sous réserve de l'accord de ces derniers. Ce dispositif court-circuite une génération, avec son consentement explicite, ce qui évite que le patrimoine soit retaxé à la transmission suivante.

Fiscalement, les petits-enfants bénéficient de l'abattement de 31 865 € par grand-parent, et l'opération est neutre fiscalement pour l'enfant qui renonce. La donation-partage fige les valeurs au jour de l'acte et sort les biens de la succession de façon définitive, ce qui élimine le risque de voir un bien immobilier réintégré dans la succession à une valeur bien supérieure des années plus tard. Pour une famille avec deux enfants ayant chacun deux enfants, la mécanique peut transmettre des sommes très importantes à la génération des petits-enfants, souvent celle qui en a le plus besoin pour financer études et premier logement.

Un point procédural à ne pas négliger : depuis le 1er janvier 2026, les dons manuels doivent en principe être déclarés en ligne sur impots.gouv.fr, même lorsqu'ils sont exonérés, hors présents d'usage. Les justificatifs, chèques, virements, actes notariés, attestations bancaires, doivent être conservés pendant 15 ans, afin de pouvoir prouver la date et la nature des dons en cas de contrôle de l'administration fiscale. L'exonération ne s'obtient pas sans rigueur administrative. La déclaration est simple, le formulaire Cerfa n°2735 suffit pour les dons manuels, mais elle est obligatoire. Un don non déclaré peut être requalifié au moment de la succession, avec les conséquences fiscales que l'on imagine.

Le dernier point que peu de conseillers mentionnent d'emblée : les donations que vous effectuez de votre vivant ne disparaissent pas aux yeux du fisc lors de votre succession. Elles sont prises en compte si elles ont été réalisées dans les 15 années précédant votre décès. Ce "rappel fiscal" des donations récentes est précisément pourquoi le délai de 15 ans entre deux donations est stratégique : une donation faite aujourd'hui, renouvelée dans quinze ans, sort définitivement du calcul de la succession au premier anniversaire de la seconde transmission. Commencer tôt, c'est multiplier le nombre de cycles exploitables, et réduire d'autant la part que l'État récupèrera le jour venu.

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