Tandis que des millions de touristes se disputent les plages bretonnes, la Costa Verde des Asturies reste un secret jalousement gardé. À moins de 1 200 kilomètres de Paris, cette région espagnole offre un climat plus frais (24°C l’été), des falaises vertes spectaculaires, et une gastronomie incomparable qui éclipse largement celle de l’Atlantique français.
J’ai découvert cette côte espagnole par hasard et je ne retournerai plus jamais en Bretagne l’été

La Costa Verde, surnommée "Côte verte", s'étire sur 340 kilomètres au nord de l'Espagne. Voyager dans les Asturies, c'est explorer une région encore préservée du tourisme de masse : entre océan Atlantique, falaises sauvages et villages de pêcheurs, elle offre un dépaysement total, loin de la canicule et du surtourisme. Pendant que les uns se disputent les transats bretons, d'autres ont découvert qu'il existait, à moins de 1 200 kilomètres de Paris, une côte espagnole qui ressemble à la Bretagne en mieux, avec du cidre, du fromage de grotte et 24 °C l'après-midi. Ce sont les Asturies. Et ceux qui y sont allés une fois n'en parlent plus : ils y retournent.
À retenir
- Pourquoi des milliers de Français abandonnent la Bretagne pour une côte inconnue à seulement deux heures de vol
- Ce secret culinaire asturien que même les guidebooks français ignorent encore
- La plage la plus spectaculaire d'Espagne : comment y accéder sans foule
La coolcation espagnole que personne ne vous a conseillée
Avec les épisodes de chaleur qui s'intensifient, le "coolcation" s'impose comme l'une des grandes tendances du tourisme européen : îles balayées par les vents, montagnes d'altitude ou grands espaces nordiques attirent de plus en plus d'adeptes. Les recherches autour du mot "coolcation" ont bondi de +300 % en un an, d'après Skyscanner et Expedia. Tout le monde pense à la Bretagne, à la Normandie, à l'Écosse. Personne ne pense aux Asturies. C'est précisément pour cela qu'il faut y aller.
La Costa Verde, entre les Asturies et la Cantabrie, reste l'un des grands secrets de l'été espagnol. Les Asturies jouissent d'un climat maritime tempéré, avec des températures douces tout au long de l'année. Leur proximité avec l'Atlantique garantit des étés plus frais et des hivers plus cléments qu'ailleurs en Espagne. En juillet et août, le thermomètre oscille entre 20 et 24 °C sur la côte, parfois un peu moins la nuit, ce qui permet de dormir les fenêtres ouvertes sans climatisation. L'ensoleillement atteint 5,5 à 6 heures par jour en juillet et août dans des villes comme Avilés, Oviedo et Gijón. Pas les 10 heures du Languedoc, certes. Mais largement suffisant pour passer ses journées dehors sans suffoquer.
Un chiffre mérite d'être cité : 37 % des voyageurs français ont choisi une destination plus fraîche en 2026, et 52 % des adeptes de ce type de séjour déclarent être désormais plus enclins qu'auparavant à privilégier ces destinations. Ces Français cherchent la fraîcheur, ils se précipitent en Bretagne, et se retrouvent dans les embouteillages de Quimper. Les Asturies leur tendent les bras.
Une côte à falaises vertes, des plages qui se méritent
La côte asturienne, l'une des mieux préservées d'Espagne, dévoile plus de 200 plages, des criques secrètes et des villages de pêcheurs pittoresques comme Cudillero ou Llanes. On dénombre plus de 200 zones de baignade sur la côte asturienne, depuis les vastes plages de sable aux criques rocheuses. La plupart baignent dans un environnement naturel d'une beauté exceptionnelle, où la végétation arrive jusqu'au bord de la falaise ou du sable.
La plage du Silencio est l'une des plus belles des Asturies, d'Espagne et probablement de la planète. S'y rendre à pied depuis le sommet et descendre sur le sable est une expérience à ne pas manquer. Le nom n'est pas un argument marketing : aucune route n'y descend directement. On gare la voiture en haut de la falaise, on marche vingt minutes dans la verdure, et l'on arrive sur un amphithéâtre de roche noire et de sable blond que l'on garde pour soi, ou presque. Cudillero, village de pêcheurs aux maisons multicolores étagées en amphithéâtre, figure parmi les plus photogéniques d'Espagne. À quelques minutes, le belvédère de Cabo Vidio domine la mer de 100 mètres. Lorsque le vent souffle, les goélands planent à hauteur d'œil, au-dessus des falaises noires entaillées par le ressac.
La région abrite sept réserves de biosphère reconnues par l'UNESCO, témoignant de son engagement pour la préservation d'une nature exceptionnelle. Pour les amateurs de randonnée, le littoral cantabrique offre d'excellentes conditions pour le surf avec des spots reconnus, tandis que le kayak de mer permet d'explorer la côte, ses falaises et ses grottes marines. Le parc naturel de Somiedo, réserve de biosphère depuis 2000, abrite les derniers ours bruns cantabriques. Les lacs glaciaires de Saliencia scintillent au milieu des prairies d'altitude. De la plage sauvage au cirque de haute montagne, la transition prend à peine une heure de voiture.
La gastronomie, argument définitif contre la Bretagne
Voilà peut-être l'argument qui fait basculer l'hésitant : on mange mieux aux Asturies qu'en Bretagne. Ou plutôt, on mange différemment, avec la même générosité maritime, mais une cuisine de terre qui n'a pas d'équivalent sur le littoral atlantique français.
Si vous aimez les saveurs de la mer, fraîches et sans artifice, vous allez adorer les Asturies. Le merlu, la lotte, les couteaux et un nombre infini de fruits de mer arrivent sur la table avec toute la force de la mer Cantabrique. De grandes vaches donnent de grands fromages. Le Cabrales, puissant et bleu, mûrit dans les grottes des Pics d'Europe et peut être fabriqué avec du lait de vache, de brebis ou de chèvre. Sa saveur intense et son arôme puissant ont fait des adeptes dans le monde entier. Quatre appellations d'origine coexistent dans les Asturies : Cabrales, Gamonéu, Casín et Afuega'l pitu, ainsi qu'une indication géographique protégée, Beyos.
Le cidre, lui, mérite un paragraphe entier. Le cidre est un produit phare de la gastronomie asturienne. Avec plus de 70 pressoirs, les Asturies représentent 80 % de la production nationale, soit plus de 40 millions de bouteilles par an. Ici, le cidre n'est pas seulement une boisson, c'est presque une religion. Le servir est tout un art : on le verse de haut afin qu'il s'oxygène et régale le palais. Regarder un serveur asturien réaliser l'escanciado, bras levé, verre en bas, filet ambré qui tombe depuis un mètre de hauteur — vaut à lui seul le détour. Et puis il y a la fabada, plat emblématique de la région, composé de haricots blancs mijotés avec du chorizo, du boudin noir et du lard, qui réchauffe les corps après une journée de randonnée en montagne.
Comment y aller, combien de temps, et quelques vérités climatiques
L'est de la région séduit avec Llanes et ses plages insolites, tandis que le centre abrite Oviedo, la capitale culturelle, et Gijón, ville dynamique en bord de mer. L'ouest révèle des villages de pêcheurs pittoresques comme Cudillero. Un séjour d'une semaine suffit à en voir l'essentiel, à condition de ne pas tenter de tout voir, les Asturies se méritent lentement. Prévoyez environ trois nuits du côté de Cangas de Onís ou Arenas de Cabrales, deux nuits vers Oviedo ou Gijón, puis une à deux nuits sur la côte ouest.
Une honnêteté s'impose. Juillet et août sont les mois les plus chauds et les moins pluvieux, mais même en plein été, il faut prendre en compte un peu de pluie, quelques nuits fraîches sur la côte, et un peu froides dans les zones intérieures. L'abondance et la fréquence des pluies expliquent que le paysage soit vert. C'est précisément ce vert qui rend la côte si spectaculaire : des falaises couvertes de prairie, des prairies qui tombent à pic dans la mer. La pluie, ici, n'est pas un ennemi. C'est ce qui fait la couleur de la région.
Depuis Paris, l'aéroport d'Oviedo-Asturias se rejoint en moins de deux heures d'avion. En voiture depuis le Pays Basque français, comptez trois heures par l'autoroute côtière. Six monuments ont été déclarés au Patrimoine mondial de l'UNESCO à Oviedo et dans ses environs, dont des églises préromanes du IXe siècle que la plupart des visiteurs découvrent avec stupéfaction, on ne s'attend pas à trouver, dans une ville de 220 000 habitants, des édifices qui précèdent Charlemagne. C'est d'ailleurs à Tazones, petit port pittoresque aux maisons colorées et aux volets bleus, rouges ou verts, que Charles Quint mit pied à terre en 1517 avant de rejoindre Valladolid. L'histoire européenne est passée par là, discrètement, sans fanfare touristique. Ce qui, en soi, résume assez bien les Asturies.
Sources : francaisenespagne.com | turismoasturias.es
