Pendant que le littoral suffoque à 40°C, ces lacs d’Auvergne plafonnent à 22°C en juillet et restent quasi déserts

Tandis que le littoral méditerranéen suffoque sous 40°C, les lacs volcaniques du Puy-de-Dôme maintiennent des eaux à 22°C grâce à leur altitude et leur géologie. Situés à seulement 3 heures de Paris en train, ces joyaux auvergnats restent pourtant quasi déserts, offrant un refuge paisible loin de la foule des plages surpeuplées.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png
Par L'équipe JDS

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

L'été 2025 a posé la question avec une brutalité inédite. Des températures dépassant 40°C ont été mesurées près de la Méditerranée fin juin et début juillet, tandis que le seuil des 35°C a été franchi à de très nombreuses reprises partout dans le Sud. À des centaines de kilomètres de là, dans les cratères volcaniques du Puy-de-Dôme, les lacs d'Auvergne maintenaient des eaux à 20-22°C. Même logique thermique que votre cave : l'altitude et l'origine géologique font office de climatiseur naturel, sans consommer un seul watt.

À retenir

  • Quand le littoral atteint 40°C, l'Auvergne reste blottie à 22°C : une question d'altitude et de géologie
  • Trois lacs volcaniques d'exception, deux labellisés Pavillon Bleu, à 25-35 minutes de Clermont-Ferrand
  • La menace silencieuse des algues bleues frappe aussi l'Auvergne, mais avec une arme secrète : le lac Pavin

Un été 2025 qui a changé la donne

L'été 2025 s'est classé comme le 3e été le plus chaud depuis 1900, avec une température moyenne supérieure de 1,9°C par rapport à la normale. La France a connu quatre épisodes de canicule, dont deux remarquables : du 19 juin au 6 juillet, puis du 8 au 19 août. Pour les 55-75 ans qui redoutent, à juste titre, l'effet cocktail chaleur-humidité du bord de mer, ces chiffres ne sont pas anecdotiques.

Plus de 24 000 recours aux soins d'urgence ont été enregistrés pendant l'été pour des hyperthermies, déshydratations et troubles liés à la chaleur. Toutes les classes d'âges étaient concernées, mais les personnes de 75 ans et plus ont représenté 53% des passages aux urgences. Le littoral méditerranéen, où la température nocturne de la mer avoisinait 24°C en moyenne, aggravait encore la situation : les zones côtières voient les conditions nocturnes devenir de plus en plus éprouvantes, les températures ne baissant presque plus même une fois le soleil couché.

Face à cela, l'Auvergne n'a pas fait les gros titres. Elle aurait dû.

Ces lacs qui n'ont pas eu chaud

Situé dans le Puy-de-Dôme, le lac d'Aydat est le plus grand lac naturel de la région. Ce lac volcanique a été formé par une coulée de lave du Puy de la Vache et du Puy de Lassolas. Niché à 850 mètres d'altitude, il s'étend sur 65 hectares pour une profondeur maximale de 15 mètres. L'altitude seule explique une bonne partie de l'écart thermique : en montée, les physiciens comptent environ 0,6°C de moins par 100 mètres gagnés. À 850 mètres, on perd donc au passage près de 5°C sur la température de l'air ambiant, et l'eau suit, avec un certain décalage.

Le lac Chambon joue dans le même registre. Lac volcanique d'une beauté saisissante, il est niché à 877 mètres d'altitude et s'étend sur environ 60 hectares, offrant une vue imprenable sur le Massif du Sancy. Lac naturel de barrage volcanique, parsemé d'îlots et peu profond, le lac Chambon offre une température de baignade très agréable. Il compte deux plages aménagées, labellisées Pavillon Bleu, avec jeux pour enfants, pataugeoire et baignade surveillée en juillet et août. Deux plages Pavillon Bleu, ce label exigeant sur la qualité des eaux, dans un écrin de volcans. Difficile de faire mieux.

Puis il y a le lac Pavin, à part dans tous les sens du terme. Niché à 1 197 mètres d'altitude dans le Puy-de-Dôme, le lac Pavin est le plus profond d'Auvergne avec ses 92 mètres de profondeur maximale. Ce lac de cratère a été formé il y a environ 6 900 ans. Son nom vient du latin pavens, "qui terrifie", les légendes locales racontent que quiconque y jetait une pierre déclenchait une tempête. La baignade y est aujourd'hui interdite (les 92 mètres de profondeur, une stratification des eaux particulièrement complexe et des eaux froides à quelques mètres des berges seulement rendent la nage périlleuse), mais le lac attire environ 200 000 visiteurs par an, qui viennent admirer ses eaux changeantes dans ce paysage exceptionnel. Le tour du lac se fait à pied en 45 minutes, sur un sentier plat au cœur d'une hêtraie. Idéal par 28°C à l'ombre.

La vraie menace : les algues bleues

L'Auvergne n'est pas immunisée contre les effets du changement climatique pour autant. C'est le revers du tableau, et il mérite d'être dit clairement. Trois sites du Puy-de-Dôme ont été interdits à la baignade et aux activités nautiques en juillet 2025, dont le lac Chambon, à cause de l'arrivée des cyanobactéries, les fameuses "algues bleues".

Les cyanobactéries s'apparentent à des algues mais ce sont des organismes microscopiques particulièrement à l'aise entre 25 et 30 degrés dans les lacs, les étangs et les cours d'eau qui stagnent. Quand l'eau se réchauffe au-delà de 20°C sur plusieurs semaines, elles prolifèrent. Ces lacs sont occasionnellement interdits à la baignade à cause des températures de plus en plus caniculaires l'été et la prolifération d'algues. La bonne nouvelle dans l'histoire du lac Chambon : l'interdiction a été levée après une semaine, permettant à la baignade et aux activités nautiques de reprendre. La vigilance reste de mise : avant de partir, un coup d'œil sur le site de l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes suffit pour vérifier le statut du plan d'eau choisi.

Le lac Pavin, lui, échappe à ce risque grâce à sa structure unique. Lac de cratère volcanique de type méromictique, sa couche profonde, de 60 à 93 mètres, reste stagnante d'une année sur l'autre, le mélange des eaux ne s'effectuant que sur les 60 premiers mètres. Cette stratification permanente maintient les eaux de surface dans une relative stabilité thermique, les rendant peu propices aux proliférations bactériennes.

Trois heures et quelques depuis Paris, et presque personne

La vraie surprise, c'est l'accessibilité. Depuis Paris, les trains les plus rapides rejoignent Clermont-Ferrand en à peine 3 heures 16 minutes. De Clermont-Ferrand, les lacs d'Aydat ou Chambon se trouvent à 25-35 minutes en voiture, au cœur du Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne. Compter une demi-journée de trajet total depuis la capitale, dans un Intercités confortable, avec réduction senior à la clé.

Malgré cette proximité, la fréquentation reste sans commune mesure avec celle du littoral. L'endroit est idéal pour ceux qui cherchent un lieu paisible, loin de la foule, pour respirer l'air pur de la montagne. Les Clermontois connaissent bien ces lacs, mais les vacanciers parisiens restent rares, préférant l'autoroute du Soleil et ses bouchons à hauteur de Lyon. Un paradoxe géographique dont il serait dommage de ne pas profiter.

Côté infrastructures, le confort est réel. La plage du lac d'Aydat dispose d'une aire de jeux pour enfants, d'une aire de pique-nique, d'un terrain de volley, de toilettes et de douches ouvertes en période estivale. Dans le Sancy, on peut faire le tour ou traverser un lac en paddle, dériveur, kayak, planche à voile, optimiste, canoë, canotage ou pédaleau. Tout cela à des tarifs très raisonnables, dans un cadre où le stationnement est souvent gratuit. Le contraste avec une plage méditerranéenne bondée à 15€ de parking la journée n'échappe à personne.

Une dernière donnée qui mérite attention : avec le changement climatique et l'intensification des épisodes extrêmes, les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et intenses. On recense 52 vagues de chaleur en France depuis 1947, avec les deux tiers d'entre elles survenues depuis le début du XXIe siècle. Ce que l'été 2025 a démontré concrètement, c'est que les territoires d'altitude comme l'Auvergne ne subissent pas les mêmes pics que les façades atlantique et méditerranéenne, et que cet écart de quelques centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer peut faire une différence de 8 à 12°C sur la température ressentie en pleine journée.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png

Toute l'équipe de rédaction Journal des Seniors vous guide à travers ce sujet qui nous concerne tous : la retraite. Comment l'anticiper, la préparer, et comprendre tous les rouages et informations pratiques pour une retraite paisible.

Aucun commentaire à «Pendant que le littoral suffoque à 40°C, ces lacs d’Auvergne plafonnent à 22°C en juillet et restent quasi déserts»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires