Rouler serein sous une averse de fin d'été, ça commence par un geste tout simple : bien choisir les feux que l'on allume. En cette période où les orages éclatent brutalement après les fortes chaleurs, beaucoup de conducteurs actionnent par réflexe l'ensemble de leurs antibrouillards, persuadés de mieux se protéger. Or, ce geste anodin peut se transformer en véritable piège pour les automobilistes qui suivent, et se solder par une amende salée. Petit tour d'horizon pour rouler l'esprit tranquille lorsque le ciel s'assombrit.
L'erreur classique sous l'orage : les feux de brouillard arrière allumés à tort
C'est un réflexe que l'on observe dès que les premières trombes d'eau s'abattent sur l'autoroute : le conducteur cherche à se rendre plus visible et enclenche tous ses antibrouillards, avant comme arrière. L'intention est louable, la conséquence est désastreuse. Les feux de brouillard arrière ont une intensité lumineuse environ 2,5 fois supérieure à celle des feux stop. Résultat : sous la pluie, cette puissance vient littéralement « écraser » le signal de freinage de votre véhicule. Le conducteur qui vous suit se retrouve ébloui. Ce qui devait vous protéger devient alors un facteur d'accident.
Ce que dit vraiment le code de la route sur les antibrouillards
La réglementation est pourtant limpide, mais rarement bien connue. L'article R416-7 du Code de la route encadre l'usage de ces dispositifs et distingue deux cas de figure. À l'avant, les feux de brouillard peuvent remplacer ou compléter les feux de croisement en cas de brouillard, de chute de neige ou de forte pluie : leur usage est donc toléré lors d'une averse torrentielle, car l'eau ruisselant sur la chaussée crée des reflets qui gênent la perception, et cet éclairage additionnel aide à mieux découper la route. À l'arrière, en revanche, la règle est nettement plus stricte : brouillard et neige uniquement. Jamais sous la pluie. Contrevenir à cette réglementation expose à une contravention de quatrième classe, soit une amende forfaitaire de 135 euros. Et il faut garder en tête que l'allumage des antibrouillards avant reste une possibilité, jamais une obligation : c'est un confort de conduite, à activer avec discernement.
Les bons réflexes à adopter pour rouler en toute sécurité sous une forte pluie
La bonne attitude tient en quelques gestes simples. Dès que la visibilité descend sous le seuil des 150 à 200 mètres, la situation est considérée comme dangereuse : vous pouvez éventuellement utiliser vos antibrouillards avant si la pluie est vraiment torrentielle. Laissez les antibrouillards arrière strictement au repos tant qu'il ne s'agit pas de brouillard épais ou de neige. Et surtout, gardez à l'esprit ce réflexe trop souvent oublié : dès que les conditions s'améliorent, éteignez ces feux. C'est votre responsabilité, autant vis-à-vis de la loi que des autres usagers.
Les orages estivaux, souvent violents et fugaces, sont l'occasion parfaite de réviser ces bons réflexes. Bien utiliser ses feux, c'est protéger sa propre visibilité sans compromettre celle des autres, et éviter au passage une amende parfaitement évitable. La prochaine fois que le ciel se déchire au-dessus du pare-brise, la vraie question à se poser ne sera plus « quels feux allumer ? », mais bien « quels feux dois-je penser à éteindre dès que l'averse passe ? ».

