J’ai rapporté un olivier du Maroc dans ma valise : personne ne m’avait prévenu du papier qu’il fallait demander avant de partir

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Par Oceane B

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On imagine souvent qu'un petit olivier acheté sur un marché au Maroc, glissé entre deux babouches au fond d'une valise, n'a rien d'un problème. Pourtant, ramener un végétal d'un pays hors Union européenne obéit à des règles précises. Le petit arbuste rapporté d'un pays hors UE en fait pleinement partie. Voici ce qu'il faut savoir avant d'imaginer replanter un morceau du Sud chez soi.

Ce que vous allez découvrir

  • Pourquoi un simple plant d'olivier rapporté du Maroc peut être saisi et détruit à l'arrivée
  • Quel document précis obtenir avant le départ pour espérer passer la douane sans encombre
  • Les seuls végétaux qui échappent à toute formalité à l'entrée dans l'Union européenne

Un souvenir qui a failli finir à la poubelle de la douane

Un petit olivier peut être calé dans une valise avec précaution, dans l'idée de le faire pousser chez soi. Sauf qu'à l'arrivée, les règles applicables aux végétaux venus de pays tiers s'appliquent. Un plant d'olivier entre dans la catégorie des végétaux destinés à la plantation, soumise aux exigences les plus strictes. Sans document valable, l'arbuste peut être saisi et détruit. L'objectif de cette rigueur est d'éviter l'entrée d'organismes nuisibles capables de ravager les cultures européennes, comme la bactérie Xylella fastidiosa déjà présente en Corse, en Occitanie et en région PACA, ou encore le scarabée japonais et les capricornes asiatiques.

Le certificat phytosanitaire, ce sésame vert que personne ne mentionne à l'aéroport

Le document requis s'appelle le certificat phytosanitaire. Il doit être demandé avant le départ, dans le pays de provenance, auprès de l'autorité chargée de la protection des végétaux. Ce certificat est obligatoire dès le premier spécimen, quelle que soit la quantité. Pour un olivier, ce n'est même pas suffisant : comme il s'agit d'un végétal destiné à la plantation, il faut aussi le présenter à un poste de contrôle frontalier à l'arrivée dans l'Union européenne, pour une inspection. Les inspecteurs délivrent alors un second document, le DSCE-PP (document sanitaire commun d'entrée pour les produits de plantes), à présenter en douane avec le certificat. Sans les deux documents, la plante peut être saisie et détruite. À noter que seuls la banane, la noix de coco, le durian, la datte et l'ananas échappent à toute formalité. La terre, les plants de vigne, les agrumes et les pommes de terre destinées à la plantation, eux, sont formellement interdits.

Ce qu'il faudra faire différemment pour ramener une plante sans stress

La prochaine fois, la démarche commencera bien avant l'embarquement. Il faut identifier l'autorité phytosanitaire du pays visité, prendre contact pour obtenir le certificat, et prévoir un passage au poste de contrôle frontalier une fois en Europe. Pour un végétal destiné à la plantation, ces démarches permettent de respecter les exigences applicables. Autre option : renoncer à ramener la plante. Pour toute question sur les documents à obtenir, mieux vaut consulter le site des douanes françaises ou celui du ministère chargé de l'Agriculture avant le départ, plutôt que de se fier à l'avis du vendeur au marché.

Rapporter un bout de vacances dans sa valise fait partie des plaisirs du voyage, mais un olivier est un être vivant qui peut transporter avec lui des maladies invisibles. Le règlement européen est entré en application le 14 décembre 2019. Reste une question à se poser avant de craquer devant un joli plant sur un marché lointain : est-ce vraiment la plante qu'on souhaite ramener, ou simplement le souvenir du moment passé à la choisir ?

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

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