Depuis septembre 2024, la SNCF applique un barème d’amendes strict pour les bagages non étiquetés : jusqu’à 150 euros pour un bagage mal identifié. Une simple étiquette peut éviter une amende, mais aussi mobiliser les forces de l’ordre si votre bagage est oublié.
J’ai bouclé ma valise pour mon TGV sans rien coller dessus : au contrôle, on m’a annoncé ce qui figure au barème depuis le 15 septembre 2024

Vous bouclez votre valise, direction le TGV, sans un bout de papier collé dessus. Au contrôle, le sourire du contrôleur se fige légèrement : "Vous savez qu'il faut l'étiqueter ?" Cette phrase, des milliers de voyageurs l'entendent chaque semaine depuis l'automne 2024.
À retenir
- Une règle entrée en vigueur discrètement en deux phases depuis février 2024
- Le barème des amendes : ce que vous risquez réellement si votre valise n'a pas de nom dessus
- Pourquoi les contrôleurs gardent souvent la tolérance... pour l'instant
Une règle entrée en vigueur en deux temps
La réforme des bagages SNCF n'est pas née d'un coup. Depuis février 2024, les règles imposées par la SNCF limitent chaque voyageur à deux bagages de 70 x 90 x 50 cm maximum et un bagage à main de 40 x 30 x 15 cm, tous obligatoirement étiquetés.
Le volet sanctions, lui, a suivi quelques mois plus tard. Depuis le 16 septembre 2024, la SNCF applique des amendes en cas de non-respect de cette réglementation dans tous ses TGV.
La SNCF avait alors présenté cette mesure comme une clarification, pas une nouveauté. Les voyageurs devaient déjà pouvoir "porter eux-même et en une fois l'ensemble de leurs bagages", mais le groupe avait choisi de "clarifier la règle existante".
Ce qui figure vraiment au barème
Le montant que vous risquez dépend du motif. Tout contrevenant s'expose à une amende de 50 euros "par bagage non conforme ou excédentaire", précise la SNCF.
Ce chiffre grimpe vite si le bagage pose un vrai problème. L'amende peut monter à 150 euros "si le bagage est gênant ou dangereux".
Un cadre légal plus large est venu durcir le ton en 2025. La loi du 28 avril 2025 relative au renforcement de la sûreté dans les transports a revu le montant des amendes prévues en cas d'abandon de bagages.
Trois niveaux existent désormais selon les circonstances. Une amende de base de 72 euros, pouvant monter jusqu'à 450 euros, s'applique en cas d'abandon involontaire, tandis que l'absence d'étiquetage porte l'amende forfaitaire à 150 euros, jusqu'à 750 euros.
Pourquoi un simple nom change tout
Un sac oublié sans identification déclenche une chaîne d'événements disproportionnée. Sans propriétaire identifiable, un sac oublié peut être considéré comme un colis suspect, mobilise les forces de l'ordre, fait évacuer un quai et finit parfois détruit par les démineurs.
La SNCF elle-même chiffre l'écart entre les deux scénarios. L'étiquetage des bagages permet, en cas d'oubli, de retrouver le propriétaire en quelques minutes, alors qu'un bagage non étiqueté sera détruit, et entraînera plusieurs heures de retard pour des milliers de voyageurs.
Un nom griffonné au feutre évite donc bien plus qu'une amende. Il évite parfois qu'un TGV entier reste bloqué à quai pendant qu'on inspecte un sac à dos abandonné sous un siège.
Où trouver l'étiquette, sans se ruiner
Bonne nouvelle : personne ne vous demande d'acheter quoi que ce soit. La SNCF met à disposition des étiquettes à bagage que vous pouvez obtenir auprès de son personnel en gare et à bord.
Une version plus discrète existe pour les voyageurs soucieux de leur vie privée. Après une phase d'expérimentation conjointement menée par la SNCF et la RATP, cet étiquetage anonyme est devenu un service pérenne, disponible gratuitement en gare sous forme de QR code à compléter en ligne.
Ce QR code ne révèle rien à un voleur curieux qui passerait par là. Ces QR code ne sont lisibles que par les agents tant de la SNCF que de la RATP, qui après les avoir scannées obtiennent la lecture des données du propriétaire de l'objet, à savoir ses nom, prénom et numéro de téléphone.
Dans les faits, la tolérance domine encore
Voilà le paradoxe que vivent la plupart des voyageurs seniors habitués aux longs trajets. Malgré ce barème écrit noir sur blanc, les contrôleurs privilégient largement la pédagogie à la sanction.
Dans l'immense majorité des contrôles, l'agent tend simplement une étiquette vierge. Il vous invite à la remplir sur-le-champ, plutôt que de sortir son carnet à souche.
Cette tolérance a une limite claire : elle ne concerne que l'étiquetage. Le contrôle vise surtout les bagages volumineux et ceux laissés sans surveillance, deux situations où la patience des contrôleurs s'évapore beaucoup plus vite.
Un détail qui compte pour vos prochains trajets
Cette règle ne concerne pas que les grandes valises de vacances. L'obligation d'étiquetage prévue par le code des transports vaut dans tous les trains : OUIGO, TGV INOUI, INTERCITÉS et TER.
Un stylo indélébile et trente secondes suffisent avant de quitter la maison. Autant prendre cette habitude maintenant : le prochain contrôleur qui vous tendra une étiquette pourrait bien être moins patient que le précédent.
Sources : moneyvox.fr | jaidansmavalise.fr
