Un registre tenu par chaque mairie permet aux équipes municipales de contacter les personnes vulnérables dès l’activation d’un plan d’alerte canicule. Mais attention : l’inscription n’est pas automatique, sauf pour les bénéficiaires de l’APA ou la PCH depuis juillet 2026. Les autres doivent en faire la demande.
Ce registre tenu par la mairie déclenche les appels et les visites dès la vigilance orange : encore faut-il y être inscrit

Un appel de la mairie pendant la canicule ne tombe jamais du ciel. Il part d'une liste, tenue à jour par le CCAS, qui s'appelle le registre nominatif des personnes vulnérables. Sans figurer sur cette liste, aucun coup de fil, aucune visite ne sera déclenché, même si la France entière vire au rouge sur la carte Météo-France.
Ce 12 août 2026, 78 départements sont placés en vigilance canicule orange, avec une canicule marquée attendue sur plusieurs secteurs et les autorités qui recommandent la plus grande vigilance. Un chiffre qui donne le vertige, mais qui ne dit rien sur le nombre réel de personnes que les mairies parviennent à joindre.
À retenir
- Un dispositif existant depuis 2003, mais qui repose entièrement sur l'inscription volontaire
- Seuls les noms du registre déclenchent les appels et visites municipales en cas de canicule
- Un décret de juillet 2026 change la donne pour deux millions de Français, mais pas pour tous
Un dispositif né d'un drame, en 2003
Le registre existe depuis la canicule meurtrière de l'été 2003, celle qui avait fait près de 15 000 morts en France. La loi du 30 juin 2004 a imposé aux maires de tenir ce fichier, codifié à l'article L121-6-1 du Code de l'action sociale et des familles.
Concrètement, ce texte impose au maire d'instituer et de tenir à jour, tout au long de l'année, un registre nominatif des personnes âgées et des personnes handicapées vivant à domicile qui en font la demande. Une obligation légale, donc, mais qui ne produit aucun effet tant que personne ne s'est manifesté.
Qui peut y figurer, et qui décide de l'inscription
Trois profils sont concernés : les personnes âgées de 65 ans et plus résidant à leur domicile, les personnes âgées de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail résidant à leur domicile, ainsi que les adultes en situation de handicap bénéficiant de certains avantages (AAH, carte d'invalidité, pension d'invalidité).
La démarche n'est jamais automatique par défaut. L'inscription se fait sur la base du volontariat, et peut être faite par la personne elle-même ou par un tiers, proche, voisin, médecin, sauf opposition de l'intéressé. Un fils inquiet pour sa mère isolée, un médecin traitant, une aide à domicile : tous peuvent enclencher la demande, à condition que la personne concernée ne s'y oppose pas.
La commune, elle, n'a pas le droit d'inscrire ses habitants de sa propre initiative. La commune ne peut pas y inscrire ses habitants d'office. C'est là que le bât blesse depuis vingt ans : un dispositif utile, mais méconnu, qui repose entièrement sur l'initiative de chacun.
Ce que déclenche réellement une inscription
Une fois le nom couché sur le registre, la mécanique devient tangible dès que le plan d'alerte s'active. Les agents du CCAS prennent des nouvelles régulières par téléphone, s'assurent du bien-être des personnes isolées et peuvent organiser une visite si le silence persiste.
Certaines communes vont plus loin dans le suivi de terrain. Le recensement permet aux équipes municipales de prendre des nouvelles régulières par téléphone, de s'assurer du bien-être des personnes isolées et de déclencher une intervention ou d'apporter une aide concrète, portage d'eau ou conseils de fraîcheur, si nécessaire. À Paris, le dispositif porte même un nom, REFLEX, et l'inscription peut se faire via le 3975, en ligne ou par courrier, avec un contact particulier réservé aux inscrits en cas d'événement majeur.
Le décret qui change la donne pour deux millions de Français
Une nouveauté de taille est passée relativement inaperçue cet été. Un décret publié le 4 juillet 2026 introduit, pour la première fois, une forme d'inscription automatique.
Le décret n°2026-590 du 3 juillet 2026 prévoit que sont désormais inscrits au registre communal de plein droit, sauf opposition, les bénéficiaires de certaines prestations d'action sociale liées à la perte d'autonomie, le département ou la caisse de retraite transmettant chaque année ces informations au maire. les bénéficiaires de l'APA à domicile et de la PCH.
L'ampleur du changement est réelle. À peine une personne fragile sur dix figurait jusqu'ici sur ce registre, selon un rapport de l'association Conséquences cité par l'AFP, et le nouveau texte concerne environ deux millions de personnes supplémentaires. Mais attention : pour les personnes de 65 ans et plus qui ne perçoivent pas ces prestations, rien ne change, l'inscription doit toujours être demandée directement auprès de la mairie.
Comment s'inscrire concrètement, dès aujourd'hui
La démarche reste d'une simplicité déconcertante pour qui n'en bénéficie pas d'office. L'inscription est simple, gratuite et peut être réalisée auprès du CCAS de votre commune, généralement via un formulaire papier ou en ligne.
Un appel au service social de la mairie, quelques renseignements d'identité et d'adresse, suffisent à démarrer la procédure. Le maire accuse ensuite réception de cette demande, et informe la personne que cet accusé vaut confirmation de son accord pour figurer sur le registre, dont elle peut être radiée à tout moment sur sa simple demande.
Reste une zone grise que peu de familles anticipent : les personnes en EHPAD ou en résidence autonomie ne relèvent pas de ce registre communal, mais du plan bleu propre à leur établissement. Si un proche change de lieu de vie en cours d'année, mieux vaut vérifier auprès de la nouvelle structure plutôt que de supposer que la protection suit automatiquement.
Sources : franceinfo.fr | franceinfo.fr