Vous n’avez jamais regardé Slow Horses ? Voici pourquoi il est encore temps de rattraper cette excellente série sur Apple TV
Les espions les plus intéressants ne sont pas toujours les plus impeccables. À rebours des agents invincibles et des gadgets clinquants, Slow Horses s’intéresse à ceux que le MI5 a mis au placard après une erreur de parcours. Avec ses cinq saisons déjà disponibles sur Apple TV, la série britannique offre un rattrapage idéal avant l’arrivée de sa sixième salve, attendue le 16 septembre.
Portée par Gary Oldman, cette fiction nerveuse, drôle et volontiers désenchantée a installé un univers d’espionnage où l’humain compte davantage que la posture héroïque.
Slow Horses, l’anti-série d’espionnage qui mérite enfin votre attention
Le point de départ a quelque chose de savoureux : les agents relégués à Slough House ne sont pas les vedettes du renseignement britannique, mais les éclopés de l’institution. Erreurs professionnelles, carrières brisées, humiliations administratives : chacun a une bonne raison de se retrouver dans ce bureau de relégation. À leur tête, Jackson Lamb, interprété par Gary Oldman, est un chef bougon, provocateur et peu soucieux des conventions, mais aussi un stratège redoutablement lucide. La série tire sa force de ce contraste entre la médiocrité apparente de ses héros et leur aptitude à se révéler lorsque la situation dérape.
L’humour noir ne désamorce pas la tension : il l’accentue, en exposant les rancœurs, les hiérarchies et les manœuvres qui traversent le MI5. C’est un thriller d’espionnage moins lisse, plus mordant, où les personnages cabossés deviennent précisément la meilleure raison de s’attacher.
Cinq saisons à dévorer avant le retour explosif de Jackson Lamb
Rattraper Slow Horses, c’est entrer dans une série qui a pris le temps de construire sa troupe. Aux côtés de Lamb, River Cartwright, joué par Jack Lowden, incarne l’agent que l’on n’a pas forcément fini de sous-estimer. Saskia Reeves, Christopher Chung, Rosalind Eleazar et Aimee-Ffion Edwards contribuent à donner à Slough House l’allure d’une famille dysfonctionnelle, soudée par nécessité plus que par affection. Kristin Scott Thomas impose, elle, une Diana Taverner dont l’autorité pèse sur chaque rapport de force.
Cette continuité explique pourquoi les cinq premières saisons constituent un véritable parcours, plutôt qu’une simple succession d’enquêtes. Toutes ont obtenu le label Certified Fresh, dont deux avec un score critique parfait de 100 %. La cinquième saison a aussi reçu neuf nominations aux Primetime Emmy Awards, notamment pour la meilleure série dramatique, ainsi que pour Gary Oldman et Jack Lowden. Des signes qui confirment la solidité d’une série capable de faire évoluer ses personnages sans les transformer en héros de carton-pâte.
La saison 6 arrive le 16 septembre : une fuite, une vengeance et six semaines sous tension
La sixième saison marquera un tournant : pour la première fois, elle adaptera deux romans de Mick Herron, Joe Country et Slough House, en seulement six épisodes. Diana Taverner entraîne les agents dans un jeu mortel de vengeance et de représailles, contraignant Jackson Lamb et son équipe à fuir tout en collaborant pour survivre. Adam Randall reprend la réalisation, tandis que Gaby Chiappe assure l’adaptation pour See-Saw Films. La distribution habituelle retrouve Jonathan Pryce et Hugo Weaving, avec l’arrivée de Lenny Rush, récompensé d’un BAFTA. Surtout, Olivia Cooke fait son retour dans le rôle de Sid Baker, absente depuis la fin de la première saison. Un épisode sera mis en ligne chaque mercredi jusqu’au 21 octobre, de quoi prolonger la tension sans transformer la série en marathon indigeste.
Avec son espionnage sans glamour, ses personnages faillibles et son écriture qui préfère les conséquences aux démonstrations de force, Slow Horses demeure une excellente porte d’entrée pour qui cherche une série britannique adulte et accessible. Les cinq premières saisons permettent de rejoindre Slough House sans précipitation, tandis qu’une septième saison est déjà commandée. Le moment est donc particulièrement bien choisi pour découvrir pourquoi ces agents prétendument ratés sont devenus si indispensables.
Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !