La Tesla Model 3 gagne 38 km d’autonomie WLTP et démontre que sur une électrique, les pneus peuvent tout changer

Avartar Jules
Par Jules V.

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Pour augmenter l’autonomie d’une voiture électrique, il n’est pas toujours nécessaire d’installer une batterie plus grosse. Tesla vient d’en apporter une démonstration assez spectaculaire : quatre nouveaux pneus suffisent à faire gagner 38 km WLTP à la Model 3 Propulsion.

38 km gagnés sans toucher à la batterie

La berline d’entrée de gamme passe ainsi de 534 à 572 km d’autonomie WLTP. Sa consommation officielle recule dans le même temps de 13 à 12,2 kWh/100 km, sans modification annoncée du moteur ou de la batterie. Les performances n'évoluent pas, avec un 0 à 100 km/h toujours réalisé en 6,2 secondes.

Un tour de magie ? Non. Le gain vient de nouveaux pneus à faible résistance au roulement fournis par Giti. Les "Control P10", montés en 235/45 R18, ont été développés et homologués spécifiquement pour la Model 3. L’objectif est simple : perdre moins d’énergie à chaque rotation de roue.

Un pneu se déforme en permanence lorsqu’il roule. Une partie de l’énergie utilisée pour l’écraser contre la chaussée puis lui faire retrouver sa forme est dissipée sous forme de chaleur. Réduire cette déformation permet donc de diminuer la consommation, kilomètre après kilomètre.

Les 38 km annoncés restent bien sûr un résultat d’homologation. Sur autoroute, en hiver ou avec une conduite soutenue, le gain réel pourra être différent. Monter ces mêmes pneus sur une ancienne Model 3 pourrait améliorer son efficience, mais ne lui garantira pas automatiquement 38 km supplémentaires.

Plus d’autonomie, mais moins de plaisir ?

L’intuition voudrait qu’un pneu conçu pour rouler avec le moins de résistance possible soit aussi moins convaincant lorsqu’on hausse le rythme. Après tout, les gommes sportives cherchent d’abord l’adhérence et la précision, quitte à consommer davantage d’énergie.

Sauf que le Giti choisi par Tesla semble éviter ce compromis caricatural. Dans un comparatif réalisé sur une Model 3, il a affiché la plus faible résistance au roulement face au Michelin e.Primacy et au Bridgestone Turanza T005 EV. Mais il s’est aussi montré le plus rapide sur le parcours de maniabilité à sec et le plus efficace au freinage sur sol mouillé.

Le Michelin conserve un petit avantage au freinage sur le sec, tandis que le Giti se révèle légèrement plus bruyant. Ce premier essai ne mesure ni l’usure ni le gain d’autonomie sur route ouverte. Il invite néanmoins à ne pas condamner trop vite ces pneus économes à une conduite sans saveur.

C’est justement toute la difficulté du pneumatique pour voiture électrique. Il doit limiter la consommation tout en supportant un véhicule lourd, transmettre un couple (très) généreux disponible instantanément et conserver une bonne tenue de route. Il doit aussi résister à l’usure et rester silencieux, puisqu’aucun moteur thermique ne vient masquer ses bruits de roulement.

Ces contraintes existaient déjà sur les voitures thermiques, mais l’électrique les rend plus visibles. Sa batterie augmente la masse, son moteur sollicite brutalement l’adhérence et chaque kilowattheure économisé se transforme directement en kilomètres supplémentaires.

Avec cette nouvelle monte pneumatiques sur sa Model 3, Tesla ne vient donc pas seulement de gagner 38 km sur une fiche technique. La marque rappelle que l’autonomie d’une électrique ne se joue pas uniquement dans la batterie. Elle se joue aussi sur les quelques centimètres carrés de gomme qui relient la voiture à la route.

Avartar Jules

Biberonné au son du Busso, je compose désormais avec le silence des électrons...

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