Il faut changer un détecteur de fumée après dix ans, date au dos à l’appui

Chaque automne, on teste la sirène du détecteur de fumée en pensant assurer la sécurité. Mais ce geste ne contrôle que l’alarme, pas le capteur optique qui s’encrasse avec les années. La véritable information décisive se trouve inscrite au dos du boîtier : la date de fabrication et la durée de vie de dix ans maximum.

Par Cécile Ducommun

Il faut changer un détecteur de fumée après dix ans. La date de fabrication est inscrite au dos du boîtier, à comparer avec la durée de vie annoncée ; passé ce délai, le capteur optique n'est plus garanti, même si le bouton test répond.

Pourquoi le bouton test ne suffit-il pas ?

Le bouton test vérifie uniquement la sirène. Il ne certifie pas l'efficacité du capteur optique face aux fumées. L'alarme peut donc sonner parfaitement le jour du test et rester muette le jour où un vrai départ de feu se déclare dans la cuisine. Le test ne garantit pas non plus la capacité du capteur à détecter les particules fines après une décennie d'accumulation de poussière.

Au bout de combien d'années faut-il changer un détecteur de fumée ?

La durée de vie recommandée pour un détecteur de fumée est de dix ans. Passé ce cap, la fiabilité du capteur optique n'est plus garantie, même si l'appareil semble fonctionner. La généralisation du détecteur autonome avertisseur de fumée remonte à 2015 : le parc installé massivement à partir de cette date atteint désormais cette échéance.

La réglementation prévoit que le détecteur doit détecter les fumées émises dès le début d'un incendie et émettre immédiatement un signal sonore suffisant pour réveiller une personne endormie.

Où lire la date et la durée de vie ?

La date de fabrication est inscrite au dos du boîtier. Il faut la comparer à la durée de vie annoncée par le fabricant dans la notice. Si le compte atteint dix ans ou plus, le détecteur doit être changé, pas simplement testé.

  1. Retourner le détecteur.
  2. Lire la date de fabrication au dos du boîtier.
  3. Comparer cette date à la durée de vie annoncée dans la notice.
  4. Remplacer l'appareil si le délai de dix ans est atteint ou dépassé.

Que se passe-t-il après dix ans ?

Le détecteur repose sur une petite chambre optique qui repère les particules de fumée dans l'air. Poussière de rénovation, buée de cuisine, aérosols du quotidien finissent par s'y déposer. Ce phénomène est lent, presque invisible, mais réel. Après huit ou dix ans d'exposition continue, le capteur perd en sensibilité, même si le voyant clignote normalement et que le bouton test répond.

Cette usure progressive n'est pas une simple panne de pile. De nombreux détecteurs récents embarquent une pile au lithium scellée, présentée comme durant toute la vie de l'appareil. Ces modèles durent environ dix ans : la pile n'est pas remplaçable, et c'est tout l'appareil qui doit être changé, capteur compris. Impossible d'ouvrir le boîtier pour glisser une pile neuve et repartir pour dix ans.

Qui doit installer et entretenir le détecteur ?

Le code de la construction et de l'habitation répartit les rôles : l'installation du détecteur de fumée normalisé incombe au propriétaire, l'entretien incombe à l'occupant du logement. Cette règle, fixée par l'article R.129-12 et les articles suivants, s'applique dans l'immense majorité des logements loués à l'année.

L'article L.129-8 du même code, créé par la loi du 9 mars 2010 et modifié par la loi ALUR de 2014, encadre cette obligation. Le propriétaire installe au moins un détecteur normalisé et s'assure, si le logement est mis en location, de son bon fonctionnement lors de l'établissement de l'état des lieux.

Pour les logements à caractère saisonnier, les résidences hôtelières à vocation sociale et les locations meublées, les deux responsabilités incombent au propriétaire.

L'assureur peut-il demander une attestation ?

En cas d'incendie, l'assureur peut demander la preuve qu'un détecteur en état de marche équipait le logement. Le texte réglementaire prévoit la remise d'une attestation à l'assureur avec lequel un contrat garantissant les dommages d'incendie a été conclu. Sans cette attestation, ou face à un détecteur manifestement périmé, la discussion avec l'assureur peut être plus difficile.

Le bon geste n'est donc pas de tester une nouvelle fois la sirène. Il faut retourner le boîtier, lire la date de fabrication et la comparer à la durée de vie annoncée. Si le compte y est, dix ans ou plus, direction le magasin.

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Cheffe de rubrique Décoration, Art de vivre et Jardin paysager, j'aime les beaux objets, les parcours inspirants et les aménagements intérieurs comme extérieurs qui ont une âme. Outre ma passion pour l'aménagement intérieur et extérieur, je suis également Cheffe de rubrique Psychologie, domaine pour lequel je nourris une réelle appétence.

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