Votre compte est saisi ? Une somme de 651,69 € reste intouchable depuis avril 2026. Cependant, les frais bancaires de traitement de la saisie peuvent venir grignoter cette protection, et les tarifs varient énormément selon que la saisie provient de l’État ou d’un créancier privé.
Le compte est saisi mais 651,69 € doivent y rester : voici la seule ligne qui vient quand même les entamer

Votre compte est saisi par le fisc, mais une somme reste intouchable : 651,69 €. C'est le montant du solde bancaire insaisissable (SBI) depuis le 1er avril 2026, indexé sur le RSA pour une personne seule. Pourtant, une ligne peut venir grignoter ce filet de sécurité : les frais bancaires de traitement de la saisie.
À retenir
- Un montant sanctuarisé existe vraiment, mais peu de gens connaissent son exact mécanisme
- Votre banque peut prélever des frais qui viennent réduire cette marge de sécurité
- Les saisies privées obéissent à des règles tarifaires bien plus floues que les saisies publiques
651,69 €, le chiffre qui protège votre quotidien
Le montant du solde bancaire insaisissable est égal au montant forfaitaire mensuel du RSA pour une personne seule, soit 651,69 € à compter du 01/04/2026, quelle que soit la situation familiale. Ce chiffre s'applique que vous soyez seul, en couple, avec ou sans enfants à charge.
Avant cette date, le montant était fixé à 646,52 € par mois. La revalorisation annuelle du RSA au 1er avril fait mécaniquement grimper ce plancher protecteur, année après année.
Une protection automatique, sans paperasse
Sans aucune démarche du titulaire du compte, l'établissement qui tient le compte bancaire doit laisser à sa disposition ce solde bancaire insaisissable. Pas besoin d'appeler votre conseiller ni de remplir un formulaire.
La banque informe obligatoirement le titulaire du compte de la somme laissée à sa libre disposition. Un message, un courrier, une notification dans l'application : la forme varie, l'obligation reste.
Petite subtilité à connaître : ce solde bancaire insaisissable est mis à disposition une seule fois dans le mois, même en cas de pluralité de saisies au cours de cette période. Une nouvelle protection ne s'active qu'au mois suivant, en cas de nouvelle saisie.
La ligne qui vient quand même entamer vos 651,69 €
Voici le point que peu de gens anticipent. Le SBI protège votre argent contre le créancier, mais pas contre votre propre banque.
Quand la saisie concerne une dette publique, c'est-à-dire une saisie administrative à tiers détenteur (SATD) lancée par le Trésor public, les frais s'élèvent à 10 % du montant saisi, dans la limite de 100 €. Cette ligne de frais est prélevée sur votre compte, potentiellement au détriment de la marge que vous pensiez sanctuarisée.
Concrètement, si l'administration fiscale réclame 800 €, la banque peut facturer jusqu'à 80 € de frais de traitement. Sur une créance plus élevée, le plafond de 100 € s'applique dès que le calcul dépasse ce seuil.
Les saisies privées, un far west tarifaire
Pour les saisies dites privées (un créancier ordinaire muni d'un titre exécutoire), aucun plafond légal n'encadre les frais bancaires. Une enquête de l'Unaf relevait des tarifs allant de 35 € à 133 € pour une même opération, sans aucun plafond légal pour les saisies privées.
Pire, ces frais sont dus même quand la saisie échoue. Des frais restent dus même en cas d'échec : près des trois quarts des saisies-attributions de 2025 se sont révélées infructueuses, mais restent facturées. votre compte peut être ponctionné pour une procédure qui, in fine, n'a rien récupéré pour le créancier.
L'ampleur du phénomène donne le vertige. Plus de 20 millions d'actes de saisies sur comptes bancaires de particuliers auraient été réalisés en 2025, selon l'évaluation de l'Unaf. Une mécanique qui touche un ménage sur plusieurs chaque année, bien plus qu'on ne l'imagine.
Vérifier que votre banque joue le jeu
Le tribunal judiciaire de Paris a déjà tranché sur ce terrain. Lorsqu'un établissement bancaire ne respecte pas l'obligation de laisser à disposition le solde bancaire insaisissable, il engage sa responsabilité, l'établissement étant tenu de garantir l'accès au SBI sans intervention du titulaire.
Si vos allocations (familiales, adulte handicapé, RSA) dépassent le montant du SBI, une autre option existe. Vous pouvez demander à la banque, dans les 15 jours suivant la notification de la saisie, que ces sommes vous soient rendues, en justifiant simplement leur origine.
Un réflexe simple : demandez systématiquement le détail écrit des frais facturés. Cette transparence est un droit du client, même si le montant lui-même n'est pas plafonné pour les saisies privées.
Un débat qui monte au niveau national
Face à la disparité des tarifs, les institutions commencent à s'emparer du sujet. La Banque de France a indiqué, le 25 juin 2026, que le sujet ferait l'objet d'échanges au sein de l'Observatoire de l'inclusion bancaire, sans qu'un plafonnement des frais de saisie-attribution ne soit à ce stade évoqué.
Rien n'est donc acté pour l'instant côté saisies privées. Seule la SATD fiscale reste strictement encadrée, avec ce plafond de 100 € qui, aussi contraignant soit-il, offre au moins une visibilité chiffrée que les créanciers privés n'imposent pas à leurs propres frais bancaires.
Sources : impots.gouv.fr | bourseinside.fr