Sa mère n’arrivait plus à faire tourner le lave-linge depuis novembre : le fournisseur n’avait pourtant rien coupé chez elle

Depuis novembre, le lave-linge de sa mère refuse de démarrer. Aucune coupure signalée, mais une réduction discrète de puissance appliquée pendant la trêve hivernale. Ce mécanisme peu connu transforme silencieusement le quotidien des foyers en impayés.

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Par L'équipe JDS

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Depuis le mois de novembre, le lave-linge de sa mère ne démarre plus correctement. Pas d'erreur affichée, pas de coupure générale : juste un cycle qui refuse de se lancer, comme si la machine "manquait de jus".

En appelant le fournisseur, la fille découvre que rien n'a été coupé chez sa mère. Aucune facture d'électricité en suspens ne justifie, en apparence, ce blocage mécanique.

Ce qui s'est joué chez cette septuagénaire est pourtant très documenté : une réduction de puissance électrique, discrète mais bien réelle, appliquée pendant la trêve hivernale.

À retenir

  • Un compteur peut être « bridé » sans être coupé : la puissance baisse drastiquement pendant l'hiver
  • Le lave-linge est souvent la première victime de cette réduction invisible de puissance
  • Le chèque énergie offre une protection totale, mais seulement si l'attestation a été transmise au fournisseur

Un compteur "bridé" plutôt que coupé

La loi protège les résidences principales contre les coupures d'énergie du 1er novembre au 31 mars. Pendant ces 5 mois, aucun fournisseur d'électricité, de gaz ou de chauffage urbain ne peut couper l'alimentation pour impayé, conformément à la loi Brottes du 15 avril 2013.

Mais cette protection a une limite que presque personne ne connaît. Une réduction de puissance à 1 kVA reste toutefois possible sur l'électricité, sauf pour les bénéficiaires du chèque énergie.

Concrètement, le fournisseur ne coupe rien : il abaisse la puissance souscrite via Enedis. Le fournisseur d'électricité peut réduire la puissance souscrite du compteur Linky : à 3 kVA si vous étiez à 6 kVA ou plus, à 2 kVA si vous étiez à 3 kVA.

Pourquoi le lave-linge est le premier à lâcher

Avec une puissance ramenée à ce niveau plancher, certains usages disparaissent en premier. Vous conservez l'éclairage, le frigo et un chauffage d'appoint, mais pas les gros usages simultanés.

Un lave-linge qui chauffe l'eau, associé à d'autres appareils déjà branchés, dépasse vite ce seuil. Le compteur disjoncte alors ponctuellement, sans que rien d'autre dans la maison ne semble anormal.

C'est là tout le piège pour un enfant qui gère les factures d'un parent à distance : on cherche une panne de machine, on ne pense jamais au compteur. 1 kVA, la puissance minimale autorisée pendant la trêve hivernale, permet une utilisation limitée de l'électricité, pour l'éclairage, internet et quelques appareils électroménagers.

Le chèque énergie change toute la donne

Si votre mère ou votre père touche le chèque énergie, cette réduction de puissance n'a même pas le droit d'exister. Pour les bénéficiaires du chèque énergie, la trêve hivernale interdit également la réduction de puissance : la fourniture reste pleine et entière pendant les 5 mois.

Encore faut-il que le fournisseur le sache. Cela ne concerne pas les bénéficiaires du chèque énergie, à condition d'avoir transmis l'attestation reçue avec le chèque au fournisseur.

Un détail administratif qui change tout : sans cette attestation transmise, le fournisseur applique la réduction par défaut, même si votre parent y aurait droit d'être exempté.

Ce qu'il faut vérifier chez elle, concrètement

Avant d'appeler un réparateur ou de racheter une machine, deux réflexes simples. D'abord, demander au fournisseur si une mesure de réduction de puissance a été appliquée sur le compteur, en citant la trêve hivernale.

Ensuite, vérifier si votre parent bénéficie du chèque énergie et si l'attestation a bien été envoyée au fournisseur. C'est souvent ce document, oublié dans une pile de courrier, qui fait toute la différence.

Si la réponse du fournisseur ne convient pas, un recours gratuit existe. Si rien ne bouge, saisissez le Médiateur national de l'énergie gratuitement.

Après le 31 mars, la trêve ne protège plus rien

Cette réduction de puissance n'efface aucune dette : elle la met en pause, tout en laissant la facturation continuer normalement. La fin de l'hiver marque un tournant net dans les droits du fournisseur.

Si la dette n'est pas réglée à la fin de la période hivernale, l'électricité ou le gaz peuvent être coupés dès le 1er avril. Un foyer resté sans régler ses factures depuis novembre se retrouve alors avec plusieurs mois cumulés d'impayés.

Les dossiers mis en attente depuis novembre reprennent exactement là où ils en étaient, avec cinq mois de factures supplémentaires dans la balance pour ceux qui n'ont pas payé depuis le début de l'hiver. Plus on attend le printemps pour régler la situation, plus la note à rattraper d'un coup devient lourde.

Un échéancier négocié dès le mois de mars, avant la fin de la trêve, reste la meilleure façon d'éviter que le lave-linge de votre mère ne soit, cette fois, réellement débranché.

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