Le leasing social, c’est une voiture électrique neuve que vous louez trois ans sans rien avancer. L’État paie une grosse part de la facture au vendeur, qui la déduit de votre premier loyer et le ramène à zéro, si bien que vous repartez avec une voiture neuve sans avoir sorti un euro d’apport. Cette année, vous trouvez au plus bas une Citroën ë-C3 à 94 € par mois, soit à peu près le prix d’un plein. À ce tarif, vous prenez la plus petite batterie de la gamme, celle qui annonce 215 km. La charge rapide n’est pas dedans. Citroën la facture 500 € en option, ce qui réserve cette voiture aux trajets courts et à ceux qui ont une prise à la maison.
Moins de 100€ par mois : la voiture électrique pas cher existe mais elle n’est pas sans concession (ni conditions)

Les conditions pour bénéficier de l'offre
Votre âge et votre commune n'entrent pas en ligne de compte. Votre avis d'impôt, si. Vous devez travailler et faire tenir votre revenu fiscal de référence par part sous 16 880 €. Il faut aussi rouler pour aller travailler, et une seule de ces deux conditions suffit : habiter à plus de 10 km de son lieu de travail et s'y rendre en voiture, ou parcourir plus de 8 000 km par an pour des raisons professionnelles.
Ceux qui ont déjà profité d'une édition précédente sont écartés d'office. Vous payez l'assurance et l'électricité en plus, et l'entretien reste à votre charge, ce qui pèse davantage dans le budget mensuel que les quelques euros d'écart entre deux offres de loyer.
L'État ne verse pas la même somme à tout le monde. Il prend en charge 29 % du prix de la voiture dans la limite de 6 500 €, et ce plafond monte à 9 000 € quand l'auto et sa batterie sortent d'Europe. Vous touchez donc moins sur une petite voiture que sur une grande, et le catalogue de Renault le montre bien. La Twingo, la moins chère de la marque à 130 € par mois, ouvre droit à 5 652 € d'aide. La Mégane, beaucoup plus chère, en touche 9 500. Le coup de pouce le plus généreux ne va donc pas au modèle le plus accessible.
Du prix tu bénéficieras, de l'autonomie tu t'accommoderas
Citroën affichait onze versions jeudi matin. Vendredi, il n'en restait plus que dix : la ë-C3 Aircross COLLECTION, proposée à 193 € par mois, avait quitté la page en vingt-quatre heures. Vous choisissez aujourd'hui entre 94 € pour la ë-C3 la plus simple et 196 € pour le SUV le mieux équipé.
Vous payez cher l'écart entre les deux batteries. À finition égale, la ë-C3 passe de 94 à 151 € par mois dès que vous prenez les 44 kWh au lieu des 30. Cela fait 57 € de plus chaque mois, et 2 052 € sur les trois ans du contrat. En échange, vous gagnez 110 km d'autonomie annoncée.
Sur la version à 94 €, la charge rapide en courant continu n'est pas montée d'origine. Il faut la commander, et elle coûte 500 €. Sans elle, la voiture se recharge lentement, ce qui suppose une prise chez vous et une nuit entière. Si vous habitez en immeuble sans borne, c'est ce point qui tranche, bien avant le loyer.
Chez Renault, la version la moins chère de la Renault 5 est déjà partie. Elle portait la mention « offre épuisée » vendredi matin, et il ne reste plus que la même voiture en finition supérieure, à 170 € par mois au lieu de 139 €. Chaque marque a mis un nombre fini de voitures dans le dispositif, et la moins chère se vide toujours la première.
Ce que vous vérifiez avant de signer : attention l'ordre est aussi important
Commencez par votre avis d'imposition, pas par les annonces. Prenez la ligne « revenu fiscal de référence », divisez-la par votre nombre de parts, comparez au plafond. Un célibataire a droit à 16 880 €. Un couple avec deux enfants compte trois parts, donc 50 640 €, ce qui laisse passer beaucoup plus de foyers qu'on ne l'imagine.
Ne signez pas sur un nom de modèle, signez sur une version. Demandez la capacité de la batterie en kilowattheures et la puissance de charge acceptée, puis faites écrire noir sur blanc ce que le loyer ne comprend pas. Vous gardez quatorze jours pour vous rétracter une fois le contrat signé, et c'est le temps qu'il faut pour vérifier qu'une borne existe près de chez vous ou que votre copropriété acceptera une prise.
Trente mille voitures étaient commandées au 3 septembre sur les cinquante mille financées, et le quota de l'an dernier avait mis trois mois à se vider. Rien n'annonce de fermeture immédiate. Mais les versions les moins chères s'effacent une par une, comme celle qui a disparu du catalogue Citroën entre jeudi et vendredi, lors de la préparation de notre article.

