Une voiture bloquait mon portail depuis 3 jours : à la police municipale, on m’a expliqué qui n’avait pas le droit de se garer là

Une voiture grise bloquait mon portail depuis trois jours. À la police municipale, j’ai appris une règle qui surprend : même le propriétaire du logement n’a pas le droit de se garer devant son propre portail sur la voie publique. Cette interdiction vise tout le monde, sans exception.

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Par L'équipe JDS

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Trois jours qu'une voiture grise stationnait pile devant mon portail, moteur froid, personne pour la déplacer. Impossible de sortir la mienne sans manœuvrer au millimètre, impossible aussi de savoir à qui appartenait ce véhicule apparu comme par magie un lundi matin. à la police municipale, on m'a expliqué qui n'avait pas le droit de se garer à cet endroit précis, et la réponse ne correspondait pas du tout à ce que j'imaginais.

J'étais persuadé que la règle protégeait uniquement le propriétaire du logement, moi en l'occurrence, contre les intrus mal garés. L'agent m'a détrompé en quelques phrases : l'interdiction ne vise pas "les autres", elle vise absolument tout le monde, y compris celui qui habite derrière ce portail. Un détail qui change complètement la façon de voir la scène du stationnement devant chez soi.

Même le propriétaire du logement n'échappe pas à la règle.

Ce point a été tranché depuis longtemps par les tribunaux, et pas hier. La jurisprudence a confirmé que le fait de garer son véhicule devant chez soi sur la voie publique contrevient au principe d'égalité de tous les citoyens devant la loi et équivaut à une privatisation de l'espace public, avec des décisions qui remontent au Tribunal de police de Lille en 1964, confirmées ensuite par la Cour de cassation. Se garer devant son propre portail sur la voie publique reste donc, en droit, une infraction comme une autre.

À retenir
  • L'article R417-10 du code de la route interdit le stationnement devant les entrées carrossables, quel que soit le propriétaire du véhicule ou du logement
  • La police municipale est seule habilitée à constater l'infraction et demander la mise en fourrière sur la voie publique
  • Des photos horodatées prises à plusieurs jours d'intervalle constituent la preuve essentielle pour établir qu'une voiture bloque l'accès

Ce que dit précisément la loi sur les entrées carrossables

Le texte de référence, c'est l'article R417-10 du code de la route. Dès lors que le stationnement se fait sur l'espace public, cet article interdit le stationnement devant les entrées carrossables des immeubles riverains afin de ne pas gêner l'accès des riverains et des secours. Une entrée carrossable, ce n'est pas n'importe quelle ouverture dans un mur.

Pour l'application de cet article, on entend par "entrées carrossables des immeubles riverains" les entrées qui sont accessibles aux voitures. Un simple portillon piéton ne compte donc pas, mais un portail de garage, une entrée de cour ou une allée carrossable, oui. La logique derrière ce texte n'a rien d'administratif : elle vise avant tout à garantir le passage des secours en cas d'urgence.

L'article R. 417-10 du code de la route dispose que le stationnement d'un véhicule devant les entrées carrossables des immeubles est considéré comme gênant la circulation publique, et ce stationnement est passible d'une contravention de la deuxième classe. Peu importe qui est au volant, peu importe la durée du stationnement, peu importe même l'intention. Le texte ne distingue pas le voisin mal intentionné du propriétaire pressé qui pense n'avoir rien à se reprocher.

La sanction tombe de la même façon, quel que soit le nom inscrit sur la carte grise.

Police municipale, gendarmerie : à qui s'adresser, et avec quoi

Sur la voie publique, c'est la police municipale qui reste l'interlocuteur naturel dans une commune qui en dispose. Elle est seule habilitée à constater l'infraction et à demander la mise en fourrière. Là où aucune police municipale n'existe, c'est la gendarmerie nationale qui prend le relais, avec les mêmes pouvoirs de constatation.

Un simple appel suffit pour lancer la démarche.

Ce que l'agent va vous demander est assez simple à préparer à l'avance : l'adresse exacte du portail concerné, la description du véhicule, sa plaque d'immatriculation si elle est lisible, et surtout des photos. Pas n'importe lesquelles. Les autorités se basent généralement sur des constats successifs à plusieurs jours d'intervalle et sur des photos datées montrant l'absence de déplacement, et il est recommandé aux riverains de documenter la situation avec des photos prises à différents moments, en notant les dates et heures.

Un cliché horodaté vaut souvent plus qu'un long récit au téléphone. Sortez le smartphone chaque matin, montrez la même plaque, le même angle de vue, la même absence de mouvement. C'est ce faisceau d'images qui permet à l'agent de bâtir un dossier solide, sans avoir à se fier uniquement à votre parole.

Ce qu'il ne faut jamais faire soi-même

La tentation existe, surtout après trois jours de portail bloqué : déplacer la voiture à la main, la pousser d'un mètre, voire la faire remorquer par ses propres moyens. C'est précisément le geste à ne pas commettre. Toucher au véhicule d'autrui, même mal garé, même gênant, expose à des poursuites bien plus lourdes que celles encourues par le conducteur fautif.

Rayer la carrosserie, laisser un mot menaçant sous l'essuie-glace ou coller une affichette accusatrice ne fait qu'aggraver la situation. Un simple constat photographique, transmis aux forces de l'ordre, reste la seule voie qui protège juridiquement le riverain gêné. La patience, ici, se double d'une stratégie : laisser l'institution compétente qualifier elle-même l'infraction.

Seul l'agent assermenté a le pouvoir de faire déplacer un véhicule.

Le cas du véhicule installé pour de bon

Un portail bloqué trois jours, c'est déjà agaçant. Mais certains véhicules s'installent bien plus longtemps, parfois des semaines, sans que personne ne semble s'en soucier. On parle alors de voiture ventouse, une catégorie à part dans le vocabulaire des forces de l'ordre.

La procédure suit un rythme précis, pensé pour éviter les erreurs. Un agent se déplace et matérialise la position du véhicule, souvent par un marquage discret sur un pneu ou un relevé de valve, puis revient ensuite vérifier que rien n'a bougé, et c'est cette double visite qui établit l'infraction, pas le témoignage du riverain. Rien n'est donc acté sur simple déclaration, tout repose sur un constat matériel répété.

Cette double vérification protège autant le riverain excédé que le propriétaire du véhicule, parfois hospitalisé ou simplement parti sans réfléchir aux conséquences. Le titulaire de la carte grise est ensuite identifié via le fichier des immatriculations, puis mis en demeure de faire disparaître le véhicule. À défaut de réaction de sa part, la fourrière prend le relais, aux frais du propriétaire.

Sans réponse, l'enlèvement finit par s'imposer.

Après le signalement, ce qui se joue concrètement

Dans mon cas, l'appel à la police municipale a suffi. Un agent est passé en fin de matinée, a relevé la plaque, pris ses propres photos, puis contacté le titulaire du véhicule par le fichier d'immatriculation. La voiture a disparu le lendemain, sans que j'aie eu à échanger un seul mot avec son propriétaire.

Cette semaine où les avis de taxe foncière atterrissent dans les boîtes aux lettres et où le thermomètre s'apprête à perdre sept degrés ce mercredi 16 avant un vrai coup de froid vers le 23, on a d'autres préoccupations en tête qu'un contentieux de portail. Mais le réflexe reste le même toute l'année : photographier, dater, signaler, et laisser l'institution compétente faire le reste. La règle ne change pas selon la saison, elle s'applique été comme hiver, dès qu'une entrée carrossable est bloquée.

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