Huit épisodes gratuits sur Arte dès demain : Vincent Elbaz envoie sa maîtresse infiltrer une université, et tout dérape

Par Lilian B

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

Trouver une fiction française qui parle intelligemment de politique sans sombrer dans la leçon d'histoire relève souvent du casse-tête, tant les scénaristes hésitent entre rigueur documentaire et pur divertissement.

Camarades, la nouvelle création d'Arte, tranche cette difficulté en misant sur un angle inattendu : une comédie d'espionnage plantée au cœur de l'université expérimentale de Vincennes, née dans le chaos de Mai 68. Huit épisodes de trente-cinq minutes seront disponibles gratuitement sur arte.tv dès demain, avant leur diffusion télévisée les 24 septembre et 1er octobre sur Arte. Une manière pour la chaîne de proposer, en cette rentrée, un rendez-vous qui mélange fresque historique et ton résolument décalé.

À retenir
  • Les huit épisodes de "Camarades" sont disponibles gratuitement sur arte.tv dès le 16 septembre, avant leur diffusion télévisée les 24 septembre et 1er octobre.
  • La série suit Claudine, une prostituée infiltrée par les Renseignements généraux à l'université de Vincennes, qui finit par adhérer aux idées qu'elle devait espionner, côtoyant des figures comme Foucault, Deleuze ou Bourdieu.
  • Écrite par Benjamin Charbit et Dominique Baumard (Le Bureau des légendes), la série mêle images d'archives et fiction, avec Manon Kneusé récompensée du prix de la meilleure actrice au Festival Séries Mania de Lille.

Claudine, l'espionne malgré elle chez Foucault et Deleuze

Le point de départ tient en une idée simple et savoureuse : Claudine, prostituée du Bois incarnée par Manon Kneusé, a vu sa clientèle bourgeoise déserter à cause des événements de Mai 68. Son compagnon policier, joué par Vincent Elbaz, lui propose alors une mission bien particulière pour le compte des Renseignements généraux, infiltrer ce qu'il perçoit comme un simple nid de gauchistes.

Sauf que l'université de Vincennes, créée par le pouvoir gaulliste pour désamorcer la contestation loin des pavés parisiens, s'avère bien plus complexe qu'un repaire de fauteurs de troubles. Claudine s'y retrouve mêlée à des figures intellectuelles de premier plan, de Foucault à Bourdieu, en passant par Cixous ou Wittig, dans un joyeux capharnaüm où la théorie côtoie l'improvisation politique.

Quand l'infiltrée bascule du côté des idées qu'elle devait espionner

Ce qui distingue Camarades d'un simple récit d'espionnage, c'est ce basculement progressif de son personnage principal. Claudine, censée surveiller ce microcosme pour mieux le neutraliser, se laisse peu à peu happer par l'effervescence intellectuelle qui règne à Vincennes, notamment autour des idées de Deleuze.

Autour d'elle, Grégory Gadebois campe un président communiste haut en couleur, tandis que Pierre-François Garel prête ses traits à un professeur de philosophie aussi lâche que bourgeois. Cette galerie de personnages, à la fois attachants et ridicules, permet à la série d'éviter l'écueil du pamphlet politique pour privilégier une observation plus fine, presque tendre, des contradictions humaines derrière les grands discours révolutionnaires.

Huit épisodes, un casting choc et une diffusion gratuite dès demain

Derrière la caméra, on retrouve Benjamin Charbit et Dominique Baumard, deux scénaristes rompus aux séries politiques françaises grâce à leur travail sur Sous contrôle et Le Bureau des légendes. Cette expérience se ressent dans la manière dont Camarades mêle fiction et documentaire, notamment via l'incrustation d'images d'archives au sein même du récit, un procédé qui ancre la comédie dans une réalité historique tangible.

Le casting réunit également Lulja Comar, Micha Lescot et Vincent Elbaz, pour une série déjà remarquée : Manon Kneusé a d'ailleurs reçu le prix de la meilleure actrice au Festival Séries Mania de Lille pour son interprétation de Claudine. De quoi installer Camarades parmi les propositions les plus attendues de cette rentrée sur Arte.

Avec son mélange de comédie politique et de reconstitution historique, Camarades propose une manière originale de revisiter un épisode méconnu de l'après Mai 68, celui d'une université pensée pour contenir une révolte et devenue malgré elle un foyer d'idées. Gratuite dès demain sur arte.tv, la série offre l'occasion de (re)découvrir cette page d'histoire française sous un angle résolument inattendu, entre satire et sincérité. Reste à savoir si le ton mordant de Camarades saura convaincre au-delà des amateurs d'histoire politique.

Mes deux passions n'ont pas grand-chose en commun, mais tant pis, c'est ainsi : l'horlogerie d'un côté, les séries TV de l'autre. Je vous parle des deux ici, en essayant de rendre ces thématiques accessibles au plus grand nombre !

Aucun commentaire à «Huit épisodes gratuits sur Arte dès demain : Vincent Elbaz envoie sa maîtresse infiltrer une université, et tout dérape»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires