« On passait tous nos septembres à Bali depuis vingt ans » : ils ont changé d’île et divisé l’addition par deux

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Par Oceane B

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Vingt septembres d'affilée à Bali, puis un été de bascule vers une île voisine, deux fois plus grande et presque vide de touristes. La facture des vacances a fondu de moitié, sans sacrifier ni les plages de sable blanc, ni les couchers de soleil sur les rizières. Cette histoire résume une tendance qui prend de l'ampleur chez les habitués de l'Indonésie, lassés des embouteillages de scooters et des beach clubs bondés.

À retenir
  • Sumba, deux fois plus grande que Bali, reste préservée du tourisme de masse avec ses plages désertes comme Nihiwatu et ses parcs nationaux.
  • Depuis l'été 2026, quatre compagnies aériennes desservent quotidiennement l'île, dont Wings Air et Nam Air en une heure depuis Denpasar.
  • Le festival Pasola, en février-mars, et les villages traditionnels comme Ratenggaro offrent une immersion culturelle unique autour du culte animiste marapu.

Vingt ans de rituel balinais : pourquoi ce couple a fini par tourner la page

Chaque année, le même schéma se répétait: réservation des billets dès le printemps, valises bouclées pour début septembre, direction Bali. Vingt ans de fidélité à cette île volcanique, ses temples, ses rizières en terrasses et son ambiance électrique. Mais au fil du temps, les rues de Canggu et d'Ubud se sont transformées. Les scooters s'entassent désormais sur des routes saturées, les beach clubs poussent comme des champignons et les prix grimpent, portés par un tourisme de masse qui a métamorphosé l'île.

Le charme d'autrefois s'est dilué dans une fréquentation record. Les hébergements autrefois abordables affichent des tarifs alignés sur ceux de destinations occidentales, et la tranquillité tant recherchée s'est envolée avec les hordes de vacanciers. Ce couple, comme beaucoup d'autres voyageurs réguliers, a fini par se poser la question fatidique: rester par habitude, ou explorer ailleurs ?

Sumba, la découverte qui change tout : plages désertes et addition allégée

La réponse s'est trouvée à l'est, dans l'archipel des Petites îles de la Sonde. Sumba, deux fois plus vaste que Bali, reste pourtant largement ignorée des circuits touristiques internationaux. Ses 800 000 habitants vivent au rythme d'une nature préservée, entre champs de maïs, collines verdoyantes et deux parcs nationaux créés en 1998 pour protéger les espèces menacées, celui de Laiwangi Wanggameti et celui de Manupeu Tanah Daru.

L'accès s'est nettement simplifié. Depuis l'été 2026, quatre compagnies aériennes assurent des vols quotidiens vers l'île, contre une desserte auparavant beaucoup plus limitée. Wings Air et Nam Air relient déjà Denpasar à Tambolaka en une heure de vol, plusieurs fois par jour. L'aéroport de Tambolaka a été agrandi et modernisé pour absorber cette nouvelle affluence, tandis qu'une extension du tarmac de Waingapu est jugée urgente par les autorités locales.

Sur place, le contraste avec Bali saute aux yeux. Pas de files de scooters, pas de bars branchés à touristes: la plage de Nihiwatu, autrefois élue plus belle plage du monde, s'étire quasiment déserte. Les villages traditionnels de Ratenggaro et Prai Ijing offrent un aperçu authentique d'une culture animiste, le marapu, qui continue de rythmer le quotidien des habitants. Le magazine Time Out Asia a d'ailleurs placé Sumba en tête de son classement des meilleures destinations d'Asie, saluant cet équilibre rare entre nature intacte et traditions vivaces.

Ce qu'il faut retenir avant de troquer Bali contre Sumba

Le calendrier mérite d'être étudié avec attention. Le festival Pasola, compétition traditionnelle de lancer de sagaies à cheval, se déroule en février et mars et attire les curieux venus assister à ce spectacle ancestral. Une fenêtre à privilégier pour qui souhaite associer découverte culturelle et immersion dans les traditions locales.

L'offre hôtelière commence à se structurer, avec des adresses haut de gamme comme Nihi Sumba ou Cap Karoso qui témoignent d'un tourisme naissant, mais encore loin de la densité balinaise. Cette montée en puissance reste mesurée: l'île garde son caractère sauvage, ses routes peu fréquentées et ses paysages sans artifice. Un atout de taille pour les voyageurs en quête d'authenticité, mais aussi un signal à surveiller pour ceux qui espèrent profiter de cette tranquillité avant qu'elle ne s'efface, comme cela s'est produit à Bali il y a quelques décennies.

Sumba n'a rien d'un simple effet de mode. L'île incarne une alternative concrète pour les habitués de l'Indonésie, fatigués de payer toujours plus cher pour toujours moins de calme. Entre vols facilités, plages préservées et prix nettement inférieurs, la destination coche des cases que Bali ne peut plus offrir. Reste à savoir combien de temps cet équilibre tiendra, à mesure que les compagnies aériennes multiplient les liaisons et que les hôtels de luxe s'y installent un à un.

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

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